L’ambiance était irréelle à Brossard.
Deux jours après une défaite extrêmement difficile à avaler contre le Lightning de Tampa Bay, avec une série maintenant égale 1-1, le Canadiens de Montréal a tenu… un entraînement d’à peine une vingtaine de minutes.
Pardon?
En pleine série éliminatoire.
Avec un premier trio qui se fait complètement museler à cinq contre cinq.
Avec Anthony Cirelli, Brandon Hagel et Jake Guentzel qui contrôlent pratiquement chaque présence contre la ligne de Nick Suzuki.
Avec tous les trios du CH au fond du trou. Même TVA Sports est outré: " TOUS les trios du CH sont dominés à cinq contre cinq et qu’il n’y a que cinq joueurs, dont quatre issus du bas de l’alignement, qui ont noirci la feuille de pointage à forces égales après deux matchs. "

Avec un match numéro trois crucial qui arrive vendredi soir au Centre Bell, l’entraînement a ressemblé à une joke.
Phil Danault et Jake Evans ont même échangé leurs bâtons, comme si on était dans une pratique pour rire:

Pendant ce temps-là, du côté de Tampa Bay, on voit encore une machine de guerre dirigée par Jon Cooper, une équipe reconnue depuis des années pour son obsession du détail, de la vidéo, des ajustements, de la structure.
Et à Montréal?
On dirait que tout le monde agit comme si la victoire était dans la poche.
C’est ça qui commence à déranger énormément de gens autour de l’équipe.
Est-ce que c’est de la confiance?
Est-ce que c’est de l’arrogance?
Ou est-ce que le groupe est simplement tellement amoché physiquement qu’il n’est plus capable de pousser davantage?
Parce qu’il y a quand même un détail important : Josh Anderson et Mike Matheson étaient absents de l’entraînement.
Et honnêtement, après ce qu’ils ont subi dans les deux premiers matchs, ça inquiète énormément.
Anderson frappe tout ce qui bouge depuis le début de la série. Deux buts en deux matchs. Des batailles après les sifflets. Des coups douteux de Scott Sabourin. Une guerre constante contre Tampa Bay.
Matheson, lui, joue près de 26 minutes par rencontre.
Seulement Lane Hutson joue davantage avec une moyenne complètement folle de 30 minutes 30 secondes par match.
Clairement, les corps commencent à souffrir.
Mais malgré tout ça, une image frappe encore plus fort que le reste.
Kirby Dach qui est l’un des premiers joueurs à quitter la glace après ce minuscule entraînement.

Et là, plusieurs partisans ont explosé.
Parce qu’après ce qui s’est passé mardi soir, après le dégagement refusé en prolongation, après sa couverture ratée sur le but gagnant de J. J. Moser, plusieurs s’attendaient presque à voir Dach rester sur la glace pendant une heure.
Travailler.
Patiner.
Reprendre confiance.
Retravailler les détails.
Quelque chose.
Au lieu de ça, il quitte rapidement après une pratique de pauvre honteuse, qui laisse les fans du CH en furie.
On peut comprendre qu'il soit affecté par tous les messages de haine qu'il a reçus, au point de fermer ses réseaux sociaux.
On peut comprendre qu'il soit mentalement détruit, surtout que sa blonde a aussi été visée de manière horrible, au point de fermer ses comptes elles aussi.
Mais Kirby Dach ne s'aide pas en étant aussi nonchalant.
Et on va le dire comme on le pense: Martin St-Louis aussi est nonchalant...
Parce qu’au-delà des erreurs individuelles, ce qui inquiète aussi, c’est l’absence de réponse tactique.
Le premier trio produit presque uniquement en avantage numérique.
Cole Caufield disparaît complètement à cinq contre cinq.
Suzuki est neutralisé physiquement.
Juraj Slafkovský jouait comme un joueur commotionné tellement il était affecté par son K-O subi aux mains de Brandon Hagel.
Et malgré ça, rien ne bouge.
Pas de nouvelles combinaisons.
Pas de longues séquences de travail.
Pas l’impression d’une équipe qui cherche désespérément des solutions.
Un 20 minutes de party.
Un 20 minutes... de lâche...
