L’été devait lui appartenir. Quelques jours plus tard, Claude Giroux regarde plutôt le marché se refermer sous ses yeux… pendant que les équipes qui avaient réellement besoin d’un vétéran ont déjà trouvé d’autres solutions.
À 38 ans, Giroux croyait manifestement qu’il pouvait provoquer une véritable guerre d’enchères en refusant l’offre que les Sénateurs d’Ottawa lui avaient déposée avant même l’ouverture du marché des joueurs autonomes.
Steve Staios avait pourtant été clair.
Ottawa voulait le garder. Une offre était sur la table depuis des mois. Le directeur général n’a jamais caché qu’il souhaitait voir son vétéran terminer ce qu’il avait commencé avec les Sénateurs.
Mais Giroux voulait connaître sa valeur.
Aujourd’hui, cette décision ressemble de plus en plus à un pari raté.
Les informations qui circulent partout dans la LNH racontent toutes la même histoire.
Les Oilers d’Edmonton ont finalement abandonné le dossier.
Les Flyers de Philadelphie demeurent dans le portrait. Les Maple Leafs de Toronto ont discuté avec son clan et gardent un intérêt sérieux.
Ottawa, de son côté, attend toujours une réponse, au point où Staios a admis publiquement qu’il retarde certains mouvements afin de conserver une place à Giroux dans son alignement.
Une situation bien différente de celle qu’on imaginait au début du mois de juillet.
Pendant des semaines, plusieurs partisans du Canadien rêvaient de voir Claude Giroux débarquer à Montréal.
Son nom revenait constamment dans les discussions, surtout après avoir récolté 49 points en 82 matchs la saison dernière tout en dominant encore le cercle des mises en jeu avec un impressionnant taux de réussite de plus de 63 %.

Mais ce rêve n’a jamais réellement existé.
Kent Hughes n’a jamais démontré le moindre intérêt sérieux envers le vétéran québécois.
Le message transmis par plusieurs informateurs était limpide.
Le Canadien cherche un joueur qui pourra accompagner son jeune noyau pendant plusieurs saisons, pas un semi centre-ailier droit de 38 ans qui approche tranquillement de la fin de sa carrière, même si son niveau de jeu demeure très respectable.
Voilà pourquoi Montréal n’a jamais participé à cette course.
Pendant que Giroux attendait un appel du Canadien qui n’est jamais venu, les portes se refermaient tranquillement ailleurs.
Même Philadelphie, qui représente le scénario sentimental parfait après quinze saisons passées avec l’organisation, ne nage pas dans l’espace salarial.
Les Flyers doivent toujours gérer plusieurs dossiers importants et composer avec une masse salariale serrée.
Toronto demeure une possibilité logique sur le plan hockey.
Les Maple Leafs recherchent un vétéran capable de stabiliser leur groupe d’attaquants, d’apporter du soutien offensif secondaire et d’offrir une présence rassurante dans les moments importants. Giroux coche encore plusieurs de ces cases.
Reste maintenant une question beaucoup moins agréable pour le principal intéressé.
Était-il vraiment nécessaire de tester le marché?
Lorsqu’un directeur général est prêt à conserver ton casier, qu’il te présente une offre des mois avant l’ouverture du marché et qu’il affirme publiquement attendre toujours ton retour… difficile d’obtenir une plus belle marque de confiance.
Giroux croyait manifestement que quelqu’un allait lui offrir davantage. Plus d’argent. Un meilleur rôle. Une meilleure occasion.
Pour le moment, rien n’indique que ce scénario se concrétise.
Selon ce qui circule présentement, son prochain contrat pourrait encore être une entente d’un an avec des bonis, une formule semblable à celle qu’il venait tout juste d’accepter avec Ottawa.
Une réalité bien différente d’une grande victoire sur le marché des joueurs autonomes.
La situation devient d’autant plus particulière que chaque journée qui passe réduit les possibilités.
Les postes disparaissent.
Les budgets fondent.
Les équipes ajustent leurs priorités.
Et Giroux demeure toujours sans contrat.
Personne ne remet en question sa carrière exceptionnelle. Plus de 1 300 matchs dans la LNH. Plus de 1 100 points. Un leader respecté partout où il est passé. Son héritage est déjà assuré.
Mais l’été 2026 rappelle une vérité que tous les vétérans finissent un jour par découvrir.
Le marché ne récompense pas toujours la réputation.
Il récompense surtout le bon timing.
Aujourd’hui, Claude Giroux donne l’impression de repartir… la queue entre les jambes… pendant que le téléphone sonne beaucoup moins souvent qu’il l’avait imaginé.
Ouch…
