L’avenir de Florian Xhekaj à Montréal est-il aussi louche que celui de son frère Arber?
Pour les partisans qui espéraient enfin voir le jeune attaquant obtenir une véritable chance avec le Canadien, la situation commence sérieusement à ressembler à un cauchemar, car Martin St-Louis n'aurait pas une grande estime du cadet Xhekaj.
Sommes-nous étonnés? Il méprise Arber. Il méprise autant, sinon plus Florian.
Le scénario est particulièrement inquiétant parce que le Canadien n’a pratiquement pas changé depuis la fin de la dernière saison. Brendan Gallagher et Joe Veleno ont quitté le navire, mais pour le reste, Kent Hughes n’a pas réussi à ajouter le fameux morceau offensif que tout le monde attendait.
On parlait d’un grand coup. On parlait d’améliorer le top-6. On parlait de donner davantage de profondeur à une formation qui venait pourtant de franchir une étape importante.
Le grand coup n’est jamais arrivé.
Résultat : la bataille pour le poste de 13e attaquant pourrait devenir l’un des seuls véritables enjeux du camp.
Jared Davidson, Owen Beck et Florian Xhekaj auront faim. Ils voudront tous démontrer qu’ils méritent de commencer la saison dans la LNH. Mais selon l'ancien recruteur du CH, Grant McCagg, il existe un autre candidat capable de surprendre : Lucas Condotta.
Et si Condotta réussit réellement à passer devant Florian Xhekaj dans la hiérarchie de Martin St-Louis, les partisans des Xhekaj auront de quoi se poser de sérieuses questions.
Condetta est un gars qui travaille fort. Il est fiable. Il connaît son rôle. Il a déjà été utilisé par le Canadien et sait exactement ce qu’on attend de lui. Pour un poste de 13e attaquant, il représente même une option assez logique. Martin St-Louis préfère voir un vétéran occuper cette chaise plutôt que de précipiter un jeune qui n’est pas prêt.
Mais Florian Xhekaj est justement censé être l’un de ces jeunes qui poussent.
Pendant que le Canadien se faisait brasser physiquement par les Hurricanes de la Caroline en finale de l’Association de l’Est, un nom revenait constamment dans les discussions des partisans : Florian Xhekaj.
À chaque bataille perdue le long des rampes, à chaque séquence où Montréal semblait manquer de mordant, à chaque moment où l’équipe avait besoin d’une présence physique capable de déranger l’adversaire, la même question revenait : pourquoi Florian Xhekaj regarde-t-il tout ça de l’extérieur?
Le jeune attaquant était pourtant disponible. Il était avec l’équipe comme Black Ace. Il était dans l’environnement du Canadien. Il attendait son occasion.
Cette occasion n’est jamais arrivée.
Et maintenant, même au moment où le poste de 13e attaquant est pratiquement à prendre, Lucas Condotta pourrait passer devant lui.
C’est difficile à avaler pour les partisans qui voient en Florian Xhekaj une solution potentielle à un problème que le Canadien traîne depuis longtemps.
Car Florian a bâti sa réputation sur ce qui le rend différent. Il dérange l’adversaire. Il frappe. Il provoque. Il va dans les endroits difficiles. Il marque des buts sales. Il impose une présence physique.
C’est précisément ce profil qui lui a permis de se rapprocher de la LNH.
Mais c’est aussi ce profil qui semble de moins en moins correspondre à la philosophie de Martin St-Louis.
Les commentaires de l’entraîneur au cours des derniers mois ont souvent envoyé le même message : le Canadien ne veut pas devenir une équipe qui gagne simplement grâce à sa force physique. St-Louis veut de la vitesse, de l’exécution, de l’intelligence de jeu et une capacité à arriver rapidement sur les rondelles.
Et selon l'ancien attaquant du CH, Maxim Lapierre, Florian Xhekaj n’est tout simplement pas assez rapide pour la LNH.
Voilà donc le cauchemar qui se dessine.
Florian Xhekaj pourrait avoir le profil que les partisans réclament, mais pas celui que son entraîneur recherche.
Pendant ce temps, le Canadien doit éventuellement améliorer son groupe d’attaquants. D’autres jeunes vont pousser. Les arrivées de Michael Hage et Alexander Zharovsky vont éventuellement ajouter encore plus de pression sur les postes du bas de l’alignement. Des joueurs comme Alex Newhook pourraient eux-mêmes se retrouver davantage dans le bottom-6.
La question devient alors franchement inconfortable : où est-ce que Florian Xhekaj peut trouver sa place dans une équipe dont le style recherché semble de moins en moins compatible avec ce qu’il apporte?
Le problème est que le même scénario s’est déjà produit avec son frère.
Arber Xhekaj a lui aussi vu son rôle diminuer. Lui aussi a été laissé de côté dans des moments importants. Lui aussi a donné l’impression de ne plus être indispensable aux yeux de l’organisation.
Et maintenant, les deux frères pourraient se retrouve dans une situation où leur avenir à Montréal est loin d’être assuré.
Arber ne s'est toujours pas entendu avec le CH.
Florian, lui, pourrait continuer à attendre.
Jusqu’à devenir agent libre avec restriction l’été prochain.
C’est là que le cauchemar des fans Xhekaj devient beaucoup plus sérieux.
Un joueur peut accepter de patienter lorsqu’il voit une porte s’ouvrir devant lui.
Il devient beaucoup plus difficile de patienter lorsqu’il voit cette porte se refermer chaque fois qu’une occasion se présente.
Le Canadien aura besoin de plus de robustesse. Florian possède précisément ce profil. Pourtant, son entraîneur pourrait préférer un joueur plus fiable dans le système, plus expérimenté ou simplement plus compatible avec sa vision.
Au final, St-Louis méprise les deux frères.
C’est le véritable problème.
Si Arber part cet été ou dans un an, Florian partira-t-il l’été prochain?
Et si les deux frères quittent finalement Montréal sans avoir obtenu une véritable occasion de démontrer tout ce qu’ils peuvent apporter, les partisans seront hantés à jamais tellement ils sont en amour avec les deux frères.
Martin St-Louis pourra toujours parler de finesse, de vitesse et de « softness ».
Le Québec ne lui pardonnera jamais... son mépris...
