Un détail qui revient chaque printemps… et qui finit toujours par déranger un peu plus que la fois d’avant.
Une phrase de Pierre LeBrun est venue mettre des mots là-dessus, sans détour inutile.
« Je pense que c’est inévitable qu’à un certain point, peut-être après le départ de Gary Bettman, la formule des séries éliminatoires va changer. »
Pierre LeBrun: I think it's inevitable at some point, perhaps after [Gary Bettman] steps down as Commissioner, that the playoff format will change - SC with Jay Onrait (4/15)
— NHL Rumour Report (@NHLRumourReport) April 18, 2026
Ce n’est pas une sortie improvisée. C’est une lecture de ce qui se passe actuellement… et surtout de ce que tout le monde voit sans nécessairement le dire trop fort.
Le portrait des séries cette année le démontre encore. Le Canadien se retrouve plongé dans un affrontement extrêmement exigeant dès le départ, alors que d’autres équipes, avec des saisons comparables, héritent d’un chemin beaucoup plus accessible.
Ce genre de déséquilibre ne choque plus seulement les partisans… il commence à fatiguer tout le monde.
Et pour comprendre pourquoi on en est là… il faut revenir à la base.
Le format actuel n’est pas arrivé par hasard. Ce n’est pas une erreur de calcul. C’est un choix.
Sous Gary Bettman, la ligue a décidé de structurer les séries autour des divisions et des fameux “wild cards” pour deux raisons bien précises.
D’abord, réduire les déplacements. Moins de voyages à travers le continent… moins de coûts… un calendrier plus facile à gérer pour les équipes et pour la ligue.
Ensuite, créer des rivalités.
Des séries où les mêmes équipes se retrouvent rapidement. Des affrontements intenses, répétitifs, qui sont supposés générer de l’émotion, de la haine sportive, du spectacle.
Sur papier… ça se défend.
Dans la réalité… ça commence à s’essouffler.
Parce qu’à force de voir les mêmes confrontations revenir année après année, le facteur surprise disparaît. Les affrontements deviennent prévisibles. Et surtout, la logique sportive prend un coup.
Une équipe peut dominer sa saison… puis se faire éliminer dès la première ronde simplement parce qu’elle tombe dans une division plus forte. Une autre peut avancer plus loin avec un parcours plus clément… sans nécessairement être meilleure.
Et c’est là que le problème devient difficile à ignorer.
Parce qu’une saison de 82 matchs, ce n’est pas un détail. C’est long, exigeant, construit pour créer un classement qui a du sens. Mais avec ce système-là… ce classement perd de sa valeur au moment le plus important.
Le sentiment qui s’installe, tranquillement, c’est que la saison sert à se qualifier… mais pas nécessairement à être récompensé.
Et ça, c’est dur à vendre.
Fire Bettman and change the playoff format and have the last 10 games of the season against division and conference opponents
— Johnny B Goode (@Stonesfan1963) April 15, 2026
Le retour à une formule 1 contre 8 revient constamment dans les discussions. Une structure plus simple, plus directe, où chaque position compte réellement. Une équipe qui termine première affronte la huitième… point final. Pas de gymnastique de division… pas de raccourci.
Ce n’est pas une idée révolutionnaire. C’est même ce que la ligue faisait avant.
Mais ça impliquerait un changement de philosophie.
Accepter plus de voyagements. Accepter de perdre certaines rivalités automatiques. Et surtout… accepter de briser un modèle installé depuis des années.
Et c’est exactement pour ça que rien n’a bougé jusqu’à maintenant.
Bettman a toujours favorisé la stabilité. Un système qui fonctionne économiquement, qui ne crée pas trop de friction interne, qui garde les propriétaires confortables. Même si, sur le plan sportif, certaines incohérences deviennent évidentes.
Et au milieu de tout ça… il y a ce bruit de fond qui ne disparaît pas complètement.
Les rumeurs entourant sa santé continuent de circuler, sans jamais être confirmées… mais assez présentes pour alimenter les discussions. Ça ne change pas les faits… mais ça ajoute à cette impression que le cycle arrive tranquillement à sa fin.
Mais ce que LeBrun avance… ça laisse entendre que cette logique-là arrive à sa limite.
Parce qu’à un moment donné, quand trop de monde commence à poser les mêmes questions… la pression finit par s’accumuler.
Et là, on n’est plus dans une simple critique de partisans frustrés.
On est dans une réflexion plus large sur le produit lui-même.
Sur la valeur de la saison.
Sur la crédibilité du parcours vers la Coupe Stanley.
Pendant ce temps, Bettman est toujours en poste. Rien n’a été annoncé.
Mais les discussions, elles, ont changé de ton.
On ne débat plus seulement du format actuel.
On parle déjà de celui qui va le remplacer.
Et si la première grande décision de l’après-Bettman touche les séries éliminatoires…
Alors ça veut dire que le changement est déjà en marche.
Misère…
