Kristopher Letang envoie un message clair à Montréal

Kristopher Letang envoie un message clair à Montréal

Par André Soueidan le 2026-04-16
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Un Québécois qui parle avec fierté de joueurs québécois… mais pas à Montréal. Juste ça, déjà, ça frappe.

Parce que pendant que le Canadien cherche encore son identité, ailleurs dans la LNH, certains ont compris quelque chose depuis longtemps. Et Kristopher Letang vient de le rappeler, sans même lever le ton.

En entrevue à l’émission JiC sur TVA Sports avec Jean-Charles Lajoie, le vétéran des Penguins a parlé avec une fierté assumée de la place des Québécois à Pittsburgh. Pas une phrase lancée au hasard. Pas un cliché. Une réalité bien installée dans cette organisation.

Et au cœur de cette discussion… un nom revient.

Anthony Mantha.

Un joueur que plusieurs avaient abandonné. Un joueur catalogué instable, blessé, incapable de maintenir un niveau constant. Et pourtant, cette saison, tout a changé. 64 points. Une présence physique. Une confiance retrouvée. Le genre de joueur qui devient dangereux au moment exact où ça compte.

Letang ne s’est pas gêné pour le dire.

« Anthony, tout le monde sait à quel point il a du talent… il a vraiment parié sur lui-même. Quand tu as de la pression comme ça, tu vois les bons joueurs. »

Des mots simples… mais lourds de sens.

Parce que derrière cette déclaration, il y a une vérité qui dérange. À Pittsburgh, on a donné une chance à Mantha. On a vécu avec les hauts et les bas. On a accepté le risque. Et aujourd’hui, on récolte.

À Montréal… combien de fois a-t-on abandonné trop vite?

Ce n’est pas seulement Mantha. Ce n’est pas seulement une histoire individuelle. C’est une philosophie. Une façon de voir les joueurs québécois. Une patience… ou un manque de patience.

Et Letang, lui, en parle comme quelque chose de normal.

Il parle aussi de Samuel Girard, arrivé en cours de saison, immédiatement intégré à ses côtés. Une chimie construite rapidement. Une confiance installée sans hésitation. Encore une fois… un Québécois, placé dans un rôle important, sans peur de lui donner des responsabilités.

« Sam, c’est un joueur très spécial… avec la confiance, il va nous montrer de belles choses. »

Le mot est là. Confiance.

Pas attente. Pas doute. Confiance.

Et pendant ce temps, les Penguins sont de retour en séries. Pas par accident. Pas par miracle. Mais avec une identité claire. Une équipe relancée par des joueurs qui avaient quelque chose à prouver. Des gars qu’on n’avait pas nécessairement placés au centre du projet… mais qui ont répondu.

Mantha en tête.

Ce qui rend le tout encore plus fascinant, c’est le contraste.

À Montréal, on parle souvent de reconstruire, de développer, de bâtir sur le long terme. Mais en parallèle, la marge d’erreur reste mince. Les étiquettes collent vite. Les décisions tombent rapidement. Et certains profils ne trouvent jamais vraiment leur place.

Pendant ce temps, ailleurs, ces mêmes profils deviennent des pièces importantes.

Et là, les Penguins vont affronter les Flyers. Une rivalité historique. Une série qui s’annonce physique, intense, chargée d’émotion. Le genre de confrontation où les joueurs comme Mantha peuvent faire la différence.

Letang le sait.

« Ça ne sera pas dur de se lever le matin pour être motivés. »

Et dans cette phrase-là, il y a tout. L’expérience. La fierté. L’identité.

Mais surtout… une stabilité que Montréal cherche encore.

Ce que Letang a dit n’était pas une attaque. Ce n’était pas une critique directe. C’était pire que ça.

C’était un exemple.

Un exemple de ce qui peut arriver quand une organisation décide vraiment de croire en ses joueurs. De vivre avec leurs imperfections. De leur donner le temps.

Et pendant que Pittsburgh avance, Montréal regarde… et se pose des questions.

Parce que parfois, les messages les plus forts sont ceux qui ne sont jamais adressés directement.

Ouch…