Depuis quelques jours, deux récits complètement différents s’affrontent.
D’un côté, des informations de RG Média provenant de l’entourage de Kirill Marchenko donnent l’impression qu’une transaction est très avancée, qu’il ne resterait pratiquement qu’à régler les paramètres d’une prolongation de contrat et que Montréal figure parmi les équipes les plus sérieusement impliquées.
De l’autre, Aaron Portzline, qui couvre les Blue Jackets de Columbus quotidiennement depuis des années, affirme qu’il n’y a rien de nouveau et que, selon ses informations, Columbus n’a pas reçu d’appels concernant Marchenko depuis le début de l’été.

Comment expliquer un tel écart?
On commence à avoir la réponse.
Le DG Don Waddell jugerait tout simplement que les offres déposées jusqu’à présent ne sont pas dignes de la valeur de Kirill Marchenko.
Voilà pourquoi il aurait coulé l'information au journaliste comme quoi il n'avait reçu aucun appel. Car il aurait été insulté par les offres de Montréal.
Ouch.
Les Blue Jackets ne sont pas dans une position où ils doivent absolument échanger leur attaquant vedette.
Marchenko est sous contrat jusqu'à l'été prochain.
Il ne deviendra que joueur autonome avec compensation.
Columbus ne reconstruit pas.
L’organisation cherche à gagner.
Dans ces conditions, pourquoi accepter une offre qui ne répond pas à ses exigences?
Surtout, pourquoi avouer qu'i y a des négociations en cours s'il ne veut rien savoir de ce que le CH lui propose.
Selon ce qui circule sur le marché des transactions, Kent Hughes tente de bâtir un ensemble composé de Kirby Dach et/ou Zachary Bolduc, de plusieurs choix de première ronde et de quelques espoirs secondaires afin d’éviter de toucher à Michael Hage, David Reinbacher ou Alexander Zharovsky.
On se demande ce qu'en pense Kirby Dach.
Depuis qu’il s’est entendu avec le Canadien sur un contrat d’un an de 3,6 millions de dollars, le silence est cinglant.
Habituellement, lorsqu’un joueur important signe une nouvelle entente, l’organisation diffuse rapidement une entrevue, quelques citations ou une réaction officielle du principal intéressé. Cette fois, rien. Pas de conférence de presse. Pas de déclaration publique. Pas même quelques mots de Dach sur son enthousiasme de revenir avec le Canadien.
Dans le contexte actuel des rumeurs Montréal-Columbus, il nourrit inévitablement les spéculations.
Car Kirby Dach demeure, sur papier, l’un des actifs les plus logiques si Kent Hughes souhaite construire une offre capable d’intéresser Columbus sans sacrifier Michael Hage, David Reinbacher ou Alexander Zharovsky.
Ancien troisième choix au total, encore jeune, désormais sous contrat à un salaire raisonnable, Dach représente exactement le genre de joueur établi qui pourrait aider une équipe voulant demeurer compétitive immédiatement.
Si les Blue Jackets privilégient des joueurs capables de contribuer dès maintenant plutôt qu’une banque d’espoirs et de choix au repêchage, son profil devient naturellement intéressant... aux yeux de Kent Hughes.
Mais la vérité est que Waddell ne veut rien savoir d'un joueur-porcelaine qui casse toujours, qui est nonchalant et paresseux comme jamais.
Waddell aurait tout simplement été insulté par l'offre. Hughes pense-t-il vraiment que Kirby Dach est la clé pour aller chercher Kirill Marchenko?
Voilà pourquoi Don Waddell n’a pas l’impression qu’une véritable négociation est en cours.
À ses yeux, tant que l’offre ne contient pas le type d’actifs qu’il recherche, il n’y a peut-être tout simplement… rien à négocier.
Cela expliquerait pourquoi Aaron Portzline décrit un dossier pratiquement au point mort, alors que d’autres sources parlent d’un échange imminent.
Les deux versions pourraient coexister.
Du côté du Canadien, on multiplie les scénarios pour éviter de sacrifier les joyaux de l’organisation.
Du côté des Blue Jackets, on attend simplement qu’une offre corresponde enfin au prix demandé.
C’est aussi ce qui rend le commentaire de Dan Milstein encore plus intrigant.
Lorsqu’il parle, à la blague, de « lourds tarifs » pour exporter un talent d’élite vers le Canada, plusieurs y voient une façon de rappeler publiquement que le prix exigé est immense.

Ce n’est pas seulement une plaisanterie.
C’est aussi un rappel que, pour arracher Kirill Marchenko aux Blue Jackets, il faudra accepter de payer le prix fixé par Columbus.
Et de payer l'attaquant au moins 11 M$ par année.
Au bout du compte, c’est peut-être là que se trouve toute la vérité.
Le Canadien veut conserver ses meilleurs espoirs.
Les Blue Jackets veulent recevoir des actifs qu’ils considèrent comme des pièces majeures de leur avenir immédiat.
Tant que ces deux visions ne se rejoindront pas, chacune des nouvelles rumeurs risque de se heurter au même mur.
On connaît maintenant la raison qui explique pourquoi le journaliste le mieux branché à Columbus continue d’affirmer qu’il ne se passe… absolument rien.
