Kent Hughes flaire l’aubaine : Tyler Myers pourrait tomber du ciel à Montréal

Kent Hughes flaire l’aubaine : Tyler Myers pourrait tomber du ciel à Montréal

Par André Soueidan le 2025-11-28

Quand Elliotte Friedman prononce le nom de Tyler Myers en parlant de défenseurs disponibles, les oreilles de Kent Hughes doivent siffler solide.

On ne parle pas d’un espoir qui patine encore avec ses valises, mais d’un monstre de 6’8, 229 lb, droitier, qui a joué plus de 1000 matchs dans la Ligue nationale et qui coûte… 3 millions par année.

Pour une équipe qui cherche désespérément à arrêter de brûler Arber Xhekaj et Jayden Struble dans un rôle qui les dépasse, c’est ce qu’on appelle une aubaine potentielle.

La nuance clé dans ce que Friedman a dit, c’est là que tout se joue :

« Les grands défenseurs droitiers, physiques, avec un impact salarial raisonnable, sont très en demande… mais je ne suis pas convaincu qu’il accepterait de lever sa clause en cours de saison. »

Si Kent Hughes veut même avoir une chance de faire venir Myers à Montréal, ça commence par là : le convaincre de lever sa clause pour un trade en pleine saison.

Et c’est exactement là que l’extension entre en jeu.

Tu ne fais pas juste dire à un vétéran de 35 ans : « Viens finir ton contrat à Montréal, merci bonsoir. »

Tu dois lui vendre un projet, un rôle… et une sécurité.

Traduction : tu l’appelles, tu lui expliques qu’il ne vient pas ici comme figurant sur une troisième paire, tu le places dans une chaise claire – 5e ou 6e défenseur droitier, pilier du désavantage numérique, tuteur pour les Hutson, Reinbacher & cie – et tu ajoutes :

« Si tu acceptes de lever ta clause, on est prêts à te prolonger. »

Friedman le sous-entend très bien : Myers ne lèvera probablement pas sa clause pour n’importe quoi en cours de saison.

Mais si une équipe comme Montréal arrive avec une promesse concrète ... rôle clair, minutes stables, extension raisonnable, ça devient soudainement plus intéressant que de couler tranquillement avec une formation qui patauge sous les .500.

Regarde le contexte. À Vancouver, les Canucks jouent du hockey moyen, en dehors du portrait des séries après 24 matchs, autour de 10 victoires et 12 défaites.

Rien de catastrophique, mais rien qui donne envie à un vétéran de 35 ans d’user ses dernières bonnes années dans un purgatoire gris.

C’est là que Myers devient intéressant.

Pas pour jouer 26 minutes par soir comme à Buffalo en 2010.

Pas pour sauver une saison à lui seul.

Mais pour stabiliser un top 6 qui vit continuellement sur le fil du rasoir.

Présentement, Mike Matheson et Noah Dobson mangent des minutes ingérables.

Lane Hutson brille avec la rondelle, mais il faut le protéger des pires match-ups.

Xhekaj et Struble se retrouvent trop souvent dans des situations qui exposent leurs limites au lieu de mettre de l’avant leurs forces.

Ajoute un gars comme Myers et tout le monde respire un peu mieux.

Tu peux réduire les minutes les plus lourdes de tes jeunes, l’utiliser contre les gros trios adverses, le mettre devant le filet en fin de match, lui demander de manger des mises en jeu défensives, de nettoyer le trafic.

Tu n’as pas besoin qu’il produise 40 points : tu as besoin qu’il fasse mal à l’autre équipe et qu’il rende les soirées longues pour les gros boys en face.

Et côté contrat, c’est là que Kent Hughes peut flairer l’aubaine.

Myers gagne 3 M$ cette saison. Il ne restera qu’un an à son deal après cette campagne.

Dans un monde où Hughes vient d’allonger un chèque de 6 M$ par année pendant 5 ans à Mike Matheson, un vétéran droitier à 3 M$, c’est presque indécent comme rapport qualité-prix.

Bien sûr, si tu veux qu’il lève sa clause pour venir à Montréal, il faudra probablement lui promettre quelque chose du genre : une petite extension de deux ans, avec une légère augmentation, histoire de reconnaître ses services et sa loyauté.

Évidemment, tout ça n’existe pas dans le vide.

Vancouver aura d’autres options que Montréal.

Des équipes déjà installées en séries, avec une chance réelle de gagner maintenant, vont lever la main.

Un vétéran avec une clause de non-échange écoute toujours plus attentivement quand la destination rime avec « vraie chance de Coupe Stanley ».

C’est là que l’argument montréalais doit être différent : pas « viens gagner tout de suite », mais « viens être une pièce maîtresse d’un projet qui est en train de devenir réel ».

Parce que c’est ça, la réalité 2025 du Canadien.

L’équipe marque, l’équipe progresse, l’équipe attire enfin des regards sérieux.

Mais derrière tout ça se cache la même question que pose Friedman en filigrane : est-ce que l’organisation va oser payer le prix pour ajouter un gros pilier droitier maintenant, ou attendre que la fenêtre soit officiellement ouverte?

Tyler Myers ne tombera pas du ciel tout seul.

Il faudra payer un prix raisonnable, lui vendre Montréal, et surtout lui offrir une vraie place dans ce puzzle défensif.

Par contre, si Kent Hughes réussit ce triplé ... convaincre Vancouver, convaincre Myers, l’intégrer dans une structure où il stabilise plus qu’il ne dérange ... là, oui, on pourra parler d’aubaine.

Pas parce que c’est un « gros nom », mais parce que c’est exactement ce qui manque à ce Canadien-là pour commencer à ressembler à une équipe de séries… pour de vrai.

À suivre...