Kent Hughes bafouille devant les journalistes: malaise dans la salle de presse

Kent Hughes bafouille devant les journalistes: malaise dans la salle de presse

Par David Garel le 2026-01-06

Pauvre Kent Hughes qui bafouille devant les journalistes.

Il y a des conférences de presse où l’on rassure. Et il y a celles où, sans le vouloir, on expose une fragilité.

Le bilan de mi-saison de Kent Hughes appartient clairement à la deuxième catégorie lorsqu’on s’attarde au cas de Kirby Dach.

Pas à cause d’une mauvaise intention, mais à cause d’un malaise palpable, persistant, presque gênant, qui a traversé chacune des réponses du DG dès que le nom de Dach a été prononcé.

Le 16 novembre dernier, le Canadien annonçait que Dach allait rater quatre à six semaines en raison d’une fracture au pied.

Une absence sérieuse, mais encadrée. Gérable. Nous sommes maintenant le 6 janvier. Près de huit semaines plus tard. Et pourtant, Dach n’a toujours pas reçu le feu vert.

Il ne s’entraîne pas avec l’équipe. Il ne patine pas en vue d’un retour imminent. Sa réhabilitation, sans être officiellement qualifiée de problématique, s’étire, et surtout, manque de clarté.

Et c’est exactement là que le malaise s’est installé.

Hughes a répété que l’organisation voulait être prudente. Qu’on ne voulait pas « lancer Kirby dans la gueule du loup ».

Qu’on souhaitait le revoir à 100 %. Qu’il y avait un historique de blessures. Qu’il fallait tenir compte du fait que la fracture est survenue sur la même jambe que son ancienne blessure au genou. Tout ça, pris séparément, est logique. Responsable. Défendable.

Mais tout s’est fissuré au moment précis où un journaliste lui a parlé du retard par rapport au calendrier initial.

« Ce n’était pas six à huit semaines d’absence pour Kirby? », a lancé Hughes, visiblement hésitant.

Le pauvre. Le voir tout perdu faisait pitié:

Parce que quand le directeur général lui-même semble mêlé dans le dossier médical et le timeline de son propre joueur, on sort du cadre rassurant.

On entre dans l’inconfort. Dans l’impression que le plan n’est plus aussi clair qu’on voudrait le faire croire. Hughes a voulu corriger, nuancer, expliquer que « ce n’est pas long », que la prudence est de mise compte tenu du contexte global de blessures… mais le doute était déjà semé.

Et ce doute, il est lourd.

Il l’est d’autant plus qu’il arrive dans un contexte extrêmement délicat. Selon TVA Sports, le Canadien était engagé dans des discussions avancées avec les Flames de Calgary avant que Dach ne se blesse. Pas des appels exploratoires. Pas un simple « on se reparle ». Des négociations sérieuses. Structurées. Un dossier qui avançait.

La blessure est venue tout figer.

Et là, en conférence de presse, Hughes tente de faire deux choses à la fois : rassurer sur l’état de santé de Dach, sans jamais pouvoir dire quand il reviendra, tout en évitant de raviver l’idée qu’il s’agit d’un actif fragilisé, incertain, difficile à projeter. Mais plus il parle, plus une impression s’impose : le Canadien lui-même ne sait plus exactement où il en est avec Kirby Dach.

Est-ce qu’il y a des éléments qu’on ne sait pas?

Est-ce que la réhabilitation prévue était plus longue que ce qui a été annoncé publiquement?

Est-ce qu’on a volontairement parlé de « quatre à six semaines » pour protéger le joueur… ou pour calmer le marché?

On n’a pas les réponses. Et c’est précisément ça, le problème.

Parce que pendant que Hughes hésite, le reste de l’alignement avance. Tous les joueurs qui sont sur la glace jouent de la bonne façon. Le groupe fonctionne. La chimie est là.

Et même Hughes l’a reconnu : lorsqu’un joueur revient de blessure, ce sera à Martin St-Louis de lui faire une place. Ce n’est pas un simple détail comme phrase. Ce n’est pas un « on l’attend les bras ouverts ». C’est un « on verra ».

Ajoutez à ça le fait que Dach deviendra agent libre avec compensation cet été. Il a peu de temps pour s’imposer comme une pièce incontournable.

Et quand on additionne les blessures répétées, l’absence prolongée, les hésitations publiques du DG et une valeur marchande qui a fondu depuis novembre, on ne parle plus d’un simple contretemps.

On parle d’un signal inquiétant.

Rien n’indique que le Canadien a abandonné Kirby Dach. Mais rien, absolument rien dans cette conférence de presse, ne suggère non plus qu’il fait encore pleinement partie d’un plan clair et structuré.

Le malaise était là. Et parfois, dans la LNH, ce sont ces moments-là, plus que les transactions ou les communiqués, qui en disent le plus long sur l’avenir d’un joueur.