Kaiden Guhle est revenu de l’enfer: une histoire qui donne froid dans le dos

Kaiden Guhle est revenu de l’enfer: une histoire qui donne froid dans le dos

Par David Garel le 2026-01-06

La vie va vite dans la LNH. Trop vite. Et parfois, elle frappe sans prévenir, de tous les côtés en même temps. Kaiden Guhle l'a appris de la manière la plus brutale qui soit, dans un marché qui n’a jamais été tendre avec la fragilité humaine quand elle se glisse derrière un chandail bleu-blanc-rouge.

Parce que ce que Guhle traverse depuis des mois dépasse largement le cadre du hockey. Ce n’est plus seulement une histoire de retour de blessure, de paires défensives ou de temps de jeu. C’est un enchaînement d’épreuves qui, mises bout à bout, ressemblent à une véritable descente aux enfers… suivie, aujourd’hui, d'un retour... au paradis...

Sur le plan strictement sportif, la saison de Guhle a été sabotée avant même d’avoir commencé pour de vrai. Une blessure sérieuse à l’adducteur, une opération, puis des semaines interminables à regarder les matchs depuis l’infirmerie pendant que ses coéquipiers s’installaient, prenaient confiance, gagnaient des matchs.

Quand tu es un jeune défenseur qui tente de s’imposer dans une hiérarchie déjà congestionnée, il n’y a rien de plus cruel que de voir la vie continuer sans toi.

Pendant son absence, les Canadiens de Montréal ont trouvé des solutions. Lane Hutson a explosé. Jayden Struble Mike Matheson a continué d’assumer un rôle majeur. Noah Dobson est devenu le défenseur droitier qu'on attendait. Adam Engström a pris du galon en attendant qu'Arber Xhekaj ou Jayden Struble soit échangé.

Parlons justement de Xhekaj et Struble qui n'ont pas réussi à convaincre Martin St-Louis de leur donner plus de 10 minutes par match.

Le retour de Guhle se fait donc sur un tapis rouge, alors que tout le monde sait qu'il reprend sa place de défenseur top 4 dans l'équipe, que Carrier redeviendra 5e défenseur et que Xhekaj et Struble vont se battre pour le dernier poste restant.

Le simple fait de le voir s’entraîner de nouveau avec un chandail régulier à Brossard représente déjà une énorme victoire personnelle. Parce que revenir physiquement d’une telle blessure, ce n’est jamais garanti. Beaucoup n’y arrivent jamais vraiment.

Comme si la blessure ne suffisait pas, le nom de Guhle s’est mis à circuler avec insistance dans les rumeurs de transaction.

Direction possible : les Blues de Saint-Louis, dans un dossier impliquant Jordan Kyrou. Peu importe que ces scénarios aient été refroidis, nuancés ou même démentis en coulisses : le mal était fait.

Quand tu es blessé, vulnérable, incapable de répondre sur la glace, entendre ton nom associé à des discussions de marché agit comme un poison lent.

Tu ne contrôles plus le récit. Tu deviens une pièce. Un chiffre. Un contrat. Et ton engagement passé, ton “A” sur le chandail, tout ça devient secondaire.

Mais le coup le plus dur, le plus injuste, n’est même pas venu du hockey. Il est venu de l’extérieur. De la sphère intime. D’une rupture amoureuse qui aurait dû rester privée, humaine, douloureuse comme toutes les autres… et qui s’est transformée en spectacle public.

Voir sa vie personnelle disséquée, capturée, commentée, analysée sur les réseaux sociaux alors que tu es déjà blessé, isolé et silencieux, c’est violent.

À ce moment-là, Guhle n’était plus un défenseur de la LNH : il était un jeune homme de 23 ans dont la vulnérabilité était livrée en pâture à l’algorithme des réseaux sociaux.

Dans un marché comme Montréal, le silence est souvent interprété comme une faute. Mais chez Guhle, ce silence n’a jamais été de l’arrogance. C’était de la survie.

Et pourtant, malgré tout cette tempête, la blessure, les rumeurs, l’exposition médiatique, la pression, Guhle est là. Debout. De retour sur la glace. Pas encore prêt à jouer immédiatement (pas mercredi, possiblement jeudi), mais présent. Engagé. Encore là.

C’est ça, revenir de l’enfer. Ce n’est pas revenir en héros sous les applaudissements. C’est revenir dans le doute. Dans l’inconfort. Dans l'ouragan social et sportif.

On peut débattre de son rôle, de sa fragilité, de son fit à long terme. C’est légitime. Mais une chose doit être claire : Kaiden Guhle n’a rien fait pour mériter ce déluge à propos de sa rupture amoureuse ou des fausses rumeurs de transaction.

Il n’a jamais triché sur la glace. Il n’a jamais fui ses responsabilités. Il n’a jamais cherché la lumière.

Un Guhle en santé n’est pas un problème : c’est une solution. Un défenseur capable d’encaisser, de jouer dur, de stabiliser une brigade qui en aura besoin quand le jeu se resserrera.

Aujourd’hui, son retour n’est pas seulement celui d’un défenseur. C’est celui d’un gars qui revient de loin, qui tente de reprendre le contrôle de sa carrière et de sa vie, une présence à la fois.

Et dans une ligue aussi impitoyable que la LNH, parfois, simplement revenir… c’est déjà une victoire.