Il rêve de Montréal.
Mais il a choisi Nashville.
Et aujourd’hui, Jonathan Marchessault compte les jours.
Ce n’est pas qu’une façon de parler. En entrevue avec The Hockey News, Marchessault a avoué ce que tout le monde savait déjà : cette saison est un enfer mental.
Le décès brutal de sa mère, l’été chaotique, le rejet de son ancien DG à Vegas, la saison désastreuse à Nashville, les critiques de Steven Stamkos, son différentiel qui explose dans le rouge…
Et au fond de tout ça : un homme brisé qui sait qu’il a raté sa chance de rentrer chez lui.
Tout a commencé avec une trahison. Du moins, c’est comme ça que Marchessault l’a vécue.
Après avoir remporté la Coupe Stanley et reçu le trophée Conn-Smythe, le Québécois s’attendait à être récompensé pour ses années de loyauté avec les Golden Knights.
Mais Kelly McCrimmon a dit non.
« J’aurais aimé obtenir une reconnaissance pour ce que j’ai fait. Je ne comprends pas comment on peut laisser partir un joueur après tout ce qu’il a accompli pour l’organisation. »
Marchessault l’a mal pris. Très mal. Il l’a pris personnel, il l’a pris en pleine face.
Et pourtant, McCrimmon savait quelque chose que Marchessault refusait de voir : le déclin avait commencé. Et signer Marchessault à 5,5 M$ par année pour cinq saisons aurait été un cadeau empoisonné.
Marchessault croyait que Nashville serait sa revanche. Qu’il allait montrer à Vegas qu’ils avaient fait une erreur.
Mais ce fut exactement le contraire.
Dès le départ, la pression, le chaos, les changements de trio quotidiens, la perte de repères, et surtout, la perte de sa mère Lesly, ont fragilisé un joueur déjà écorché.
« La santé mentale a été un défi cette année… Je vais rebondir. »
Il veut y croire. Mais tout indique qu’il n’est plus le même joueur.
À Nashville, il a récolté 49 points en 72 matchs, un rendement correct mais loin de ses standards passés. Et surtout : un différentiel de -16, reflet brutal de son impact sur la glace.
Et comme si ce n’était pas assez, Steven Stamkos l’a publiquement humilié, en le pointant du doigt dans une déclaration sur l’effort et l’engagement.
« Si tu ne marques pas, que fais-tu d’autre pour aider ton équipe? »
Marchessault n’avait plus de réponse. Juste de la frustration. Et un sentiment de solitude.
Mais c’est là que le nœud du drame se resserre.
Car Marchessault était à deux doigts de signer à Montréal. Le CH, Kent Hughes, Jeff Gorton… tout le monde y croyait.
Lui aussi.
« Ils étaient deuxièmes, mais proches. J’y ai vraiment pensé longtemps. Il y avait des bonnes discussions avec Montréal. »
Mais Kent Hughes ne voulait pas lui donner plus que deux ans. Il lui offrait un gros salaire, mais pas la durée.
Marchessault, lui, a choisi la sécurité de quatre ans à Nashville.
Et il a payé le prix.
Pire encore, il a osé viser les partisans du CH, accusant la pression médiatique, l’intensité des fans, la peur que ses enfants soient écorchés à l’école.
« Je venais une fois par année et je me disais que c’était correct. »
« Soit t’es un roi, soit t’es un zéro. »
Il a insulté la passion qui l’avait vu grandir à Québec. Et depuis, le Québec l’a laissé tomber.
La vérité crue : il regrettera Montréal toute sa vie.
Car aujourd’hui, Marchessault rêve de revenir à Montréal. Il le cache à peine.
Il sait que son cœur est ici. Sa famille. Ses souvenirs. Son respect. Mais le train est passé.
Le Canadien n’a pas besoin d’un petit ailier de 34 ans à 5,5 M$ par année pour 4 ans. Ce que le CH a besoin, c’est d’un deuxième centre. Un vrai. Pas un ailier en perte de vitesse qui traîne une saison de regrets.
Même s’il suppliait Barry Trotz de l’envoyer à Montréal, Kent Hughes ne mordra pas à l’hameçon. Ce contrat est une erreur monumentale pour Nashville, et un avertissement pour toutes les autres équipes.
Marchessault croyait qu’il était plus grand que le Canadien.
Qu’il pouvait dicter les termes. Qu’il valait plus que deux ans de contrat.
Aujourd’hui, il sait qu’il s’est trompé. Profondément. Il regrettera Montréal toute sa vie.
Et pendant ce temps, le CH trace sa route, sans lui. Parce que l’avenir n’attend pas les joueurs qui vivent dans le passé.
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Et pendant ce temps, le CH trace sa route, sans lui.
Parce que l’avenir n’attend pas les joueurs qui vivent dans le passé.
À Nashville, Marchessault regarde les matchs défiler, les défaites s’accumuler, l’isolement se creuser. Son entraîneur,
Andrew Brunette, a beau saluer son courage et sa présence au quotidien, l’impact réel sur la glace s’effrite. Et quand ton équipe est déjà éliminée avant même d’atteindre le mois d’avril, les gestes perdent leur sens.
« Il n’a pas vraiment pris de pause. Il est entré dans l’action immédiatement. Je crois qu’en ce moment, il doit avoir hâte que la fin arrive pour relaxer. » – Andrew Brunette
À 34 ans, il n’est plus la solution. Il est devenu une figure tragique, un exemple parfait de ce qui arrive quand on choisit la stabilité d’un chèque plutôt que l’appel du cœur.
Et ce n’est pas seulement la situation contractuelle qui l’écrase. C’est tout le contexte. Marchessault n’a jamais réellement trouvé ses marques à Nashville.
Il a confié que le changement d’équipe l’avait vidé, que l’été avait été écrasant, qu’il n’avait pas eu le temps de respirer. Et surtout, il a perdu le pilier de sa vie : sa mère Lesly.
Et dans les médias du Québec? On demeure très dur envers le Québécois.
Lui qui était jadis un héros régional, un modèle pour les jeunes joueurs de la région de Québec, est aujourd’hui écarté des conversations.
Même Dany Dubé, généralement mesuré dans ses critiques, n’a pas eu de pitié.
« Il y a des joueurs qui étaient dans un environnement extraordinaire, qui ont changé d’environnement et pour qui ça ne marche pas. Je t’en donne deux : Stamkos et Marchessault. »
On insinue que Marchessault a surfé sur les talents de Mark Stone et Jack Eichel. Et qu’en réalité, sans ces vedettes, il est un joueur moyen.
Cette perception, Marchessault l’a créée lui-même.
En quittant Vegas fâché.
En snobant Montréal avec des excuses qui ont été perçues comme de la lâcheté.
En pointant les fans, les médias, la pression… au lieu d’assumer.
Aujourd’hui, même si Barry Trotz voulait l’échanger, même si Marchessault suppliait en coulisses pour un retour au Québec, il est trop tard.
Il a refusé d’être une pièce du casse-tête.
Il a préféré être la vedette isolée d’un film qui fait flop.
Le hockey est cruel.
Et parfois, la seule chose plus lourde qu’un mauvais contrat… c’est le poids d’un regret mal digéré.
Jonathan Marchessault ne vit pas seulement une mauvaise saison.
Il vit la conséquence directe d’un mauvais choix de carrière.
Et chaque match joué dans l’anonymat de Nashville ne fait que renforcer ce sentiment d’occasion ratée.
Pendant ce temps, à Montréal, les gradins restent pleins, la passion est intacte, et l’avenir continue de se construire… sans lui.