Il y a à deux ans et demi, Jonathan Marchessault était porté aux nues. Meilleur joueur des séries, récipiendaire du trophée Conn Smythe, pilier des Golden Knights, l’attaquant québécois croyait avoir frappé le gros lot avec Vegas.
Mais le DG Kelly McCrimmon l'a rejeté comme un moins que rien à l'été 2024.
Marchessault est allé pleurnicher aux médias que Vegais faisait l'erreur de sa vie en le laissant partir et qu'il allait faire payer McCrimmon.
Le directeur général Kelly McCrimmon a répliqué que Vegas n’était simplement pas à l’aise avec un contrat de quatre ou cinq ans pour un joueur de cet âge, même s’il avait été un élément clé de l’équipe, tandis que Marchessault a répondu qu’il se sentait comme si on lui avait craché dessus.
Il est devenu agent libre et a rapidement signé un contrat de cinq ans d’une valeur de 27,5 M$ avec les Predators de Nashville, rejetant une offre de deux ans de la part du Canadien de Montréal.
Lorsque le Québécois a expliqué pourquoi il avait refusé Montréal, ce ne sont pas des arguments hockey qui ont frappé l’imaginaire, mais bien sa vision du Québec et de ses propres partisans.
Il a parlé d’un marché « trop émotif », d’un endroit où « les joueurs n’ont pas le droit à l’erreur », et surtout d’un environnement qu’il jugeait carrément malsain pour sa famille.
« À Montréal, si tu ne marques pas pendant six ou sept matchs, tu es immédiatement dans des rumeurs d’échange. La pression est immense. Je devais aussi penser à mes enfants et à leur bien‑être », a‑t‑il déclaré, comme si cette pression était une honte plutôt qu’un privilège.
Il est allé encore plus loin en affirmant :
« À Nashville, il y a une passion pour le hockey, mais ce n’est rien comparé à Montréal. Ici, mes enfants peuvent mener une vie normale. À Montréal, on les aurait écoeurés. »
Ce mot‑là, écoeurés, a marqué l’imaginaire. Parce qu’il ne parlait plus seulement de hockey, il parlait de l’école, de la rue, du quotidien, comme si le Québec était un environnement hostile pour des enfants de joueurs.
Marchessault a aussi décrit Montréal comme un piège médiatique permanent :
« Jouer à Montréal, c’est comme jouer avec un poids sur les épaules à chaque présence. T’as une mauvaise semaine et on parle déjà de t’échanger », ajoutant que « t’as huit caméras dans la face quand tu marques deux buts, mais t’en as vingt quand tu passes cinq matchs sans marquer ».
Ces propos ont été reçus comme une forme de mépris, surtout venant d’un Québécois qui savait exactement dans quoi il mettait les pieds.
Au lieu de dire simplement qu’il ne voulait pas de cette pression, il a projeté le problème sur la ville, sur les médias, sur les partisans, et même indirectement sur le système dans lequel ses enfants auraient grandi.
Puis, il a affirmé qu'il ne voulait rien savoir de travailler plus de la moitié du temps pour le gouvernement (impôts et taxes). En voulant se justifier, Marchessault a surtout brisée la relation émotionnelle avec une base partisane qui, jusque‑là, rêvait encore de l’accueillir en héros.
Aujourd’hui, alors que la majorité des vétérans sont l’objet de discussions sur le marché des transactions, Marchessault n’est dans aucune conversation. Et ce n’est pas une hypothèse : Elliotte Friedman a affirmé que personne ne parle de lui, que son nom ne circule dans aucune rumeur. Les directeurs généraux cherchent du renfort, de l’expérience, du leadership… mais pas lui.
« On commence à dresser les listes des joueurs disponibles, et je n’entends jamais le nom de Marchessault. Tant qu’il ne reviendra pas de sa blessure, il ne semble même pas dans le portrait », a déclaré Friedman.
Jonathan Marchessault n’est plus un joueur désirable.
Montréal ne veut rien savoir
C’est un revirement cruel pour un joueur qui, il n’y a pas si longtemps, croyait encore possible de revenir au Québec. Après avoir craché sur le CH et ses fans, Monsieur voulait revenir par la petite porte arrière.
Mais Kent Hughes a fermé cette porte à double-tour.
Pourquoi ? Parce que Nashville offrait plus d’argent et moins de pression. Parce qu’il disait vouloir protéger sa famille, ses enfants, de l’environnement montréalais. Parce qu’il affirmait que jouer à Montréal, ce n’était pas un cadeau.
« Ce serait difficile pour mes enfants de vivre ici. Il y a trop de tension, trop de rumeurs, trop de bruit », avait-il confié à des journalistes.
Aujourd’hui, cette déclaration revient le hanter.
Selon nos informations, le CH n’a aucune intention de relancer le dossier Marchessault. On ne veut pas d’un ailier de 34 ans, blessé, au contrat trop lourd (5,5 M$ jusqu’en 2029), qui a déjà rejeté l’organisation une fois.
Plus encore, on trouve qu’il a ralenti. Qu’il est devenu prévisible. Qu’il ne cadre plus dans la nouvelle identité du club. Et pour être franc, on n’a pas oublié ses propos mal avisés.
À l’interne, on est catégorique : le Canadien ne veut pas revivre le dossier Drouin.
Et voilà que Nashville se retrouve avec un contrat que personne ne veut. Même si les Prédateurs devaient retenir du salaire, aucune équipe ne lève la main.
Même une rumeur évoquant une transaction avec Montréal (en envoyant Marchessault contre Laine, par exemple) a été rapidement balayée. Le Canadien est content que Marchessault ait refusé leur offre. Un dirigeant aurait même confié, sous couvert d’anonymat :
« Ce n’est plus le même joueur. On ne va pas reprendre quelqu’un qui a eu peur de l’uniforme. »
Le plus ironique ? Marchessault croyait sécuriser son avenir. En signant cinq ans à Nashville, il disait protéger sa famille, sa tranquillité, son futur. Il voulait la paix.
Mais aujourd’hui, il vit l’oubli. Une paix tellement parfaite que plus personne ne le dérange. Ni pour une transaction. Ni pour un rôle. Ni même pour une simple mention.
Et surtout : il voit fondre sa valeur. L’argent est toujours là, oui, mais le prestige, le respect, l’image… tout s’effondre.
Pour un Québécois comme lui, qui a tout bâti à force de courage, se faire ignorer par le Canadien, c’est un uppercut. Se faire rejeter par la LNH, c’est une gifle.
La karma parle parfois... en québécois...
