Jonathan Drouin s’effondre à New York: une chute qui brise le coeur

Jonathan Drouin s’effondre à New York: une chute qui brise le coeur

Par David Garel le 2025-12-31

Au début de la saison, beaucoup parlaient de Jonathan Drouin comme d’une histoire d’Hollywood en devenir.

On avait décrit ce séjour à Long Island comme une renaissance, un film de rédemption où l’enfant prodige rejeté, brisé, humilié, rejeté et trahi renaîtrait de ses cendres sous l’égide d’un mentor légendaire : Patrick Roy.

Tout semblait aligné: le contrat de deux ans à 4 millions par saison, la promesse d’un rôle majeur, le premier trio, la première unité de powerplay.

On disait que Roy et Drouin allaient « shock the world ». On voyait Drouin courir librement, respirer, produire à la hauteur de son talent, enfin débarrassé du poison médiatique de Montréal et de la pression écrasante qu’il avait vécue là-bas.

Et puis… la réalité a frappé.

Aujourd’hui, ce qui devait être une ascension spectaculaire est devenu une chute libre. Un cauchemar silencieux qui avale lentement le joueur, morceau par morceau, point par point, match par match.

Au début de la saison, Drouin avait trouvé du succès. On parlait de ses points, de sa chimie avec Horvat, de l’énergie qu’il apportait, de sa créativité dans la zone offensive. Pour la première fois depuis longtemps, il semblait vraiment Enjoyer le jeu :

« Au Colorado, ils m'ont aidé à retrouver mon jeu… J’ai retrouvé ma passion et mon enthousiasme pour le jeu. Je continue sur ma lancée à New York.»

On voyait Drouin redécouvrir le plaisir même de jouer au hockey, et c’était beau à voir. Après tout ce qu’il avait traversé, la dépression à Montréal, l’anxiété dans la bulle, le poids des attentes, le besoin de se reconstruire, le fait même qu’il soit encore là, encore debout, était une victoire.

Et puis il y avait la confiance que Patrick Roy avait placée en lui. Pas juste une ligne dans un communiqué de contrat. Une vraie confiance, affichée publiquement. Le genre de confiance qu’on n’accorde pas à n’importe qui. Le genre qui dit : je vois quelque chose que les autres n’ont pas vu.

Alors quand Roy l’a mis sur le premier trio, les yeux se sont tournés vers Long Island.

Les médias… et la chute

Sauf que maintenant, tout a changé. Totalement.

Ce que les journalistes de Long Island constatent aujourd’hui, c’est une perte de vitesse, un manque de visibilité, une absence sur la glace. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

16 points en 34 matchs

3 maigres buts

13 maigres passes

Blanchi à ses 6 derniers matchs.

2 passes à ses 17 derniers matchs.

On parle d’un joueur qui n’avance plus, qui ne paie plus le prix, qui semble être spectateur plutôt qu’acteur de son propre jeu.

Les médias de Long Island ne se gênent pas. Ils décrivent Drouin comme étant extrêmement lent, comme n’ayant plus la vitesse, ni l’explosivité, ni l’impact offensif qu’on attendait de lui. Et tout cela devient, dans leurs reportages, la conséquence logique d’une saison qui ne décolle pas.

Certains commentateurs vont même plus loin. Ils affirment que Drouin est maintenu dans les situations offensives simplement parce qu’il est le chouchou de Patrick Roy, pas parce qu’il le mérite en ce moment.

Ce n’est pas juste un commentaire technique. C’est une accusation de favoritisme, une façon de dire que Drouin n’est plus choisi pour ses mérites, mais pour ce qu’il représente dans l’histoire québécoise de Roy.

Et puis, il y a cette réalité qui fait mal : Jonathan Drouin a perdu sa place sur le premier trio.

Là où il était supposé briller avec Horvat et Heinema. Là où Patrick Roy l’avait placée pour prouver au monde entier qu’il n’était plus ce joueur fragile, timide, lent, effacé.

Aujourd’hui, il est sur le deuxième trio, aux côtés de Jean-Gabriel Pageau et Anders Lee, une unité qui ne produit rien.

Ce n’est pas que ces coéquipiers ne sont pas compétents. Pageau est un guerrier, mais un plombier.

Lee un vétéran proche de la fin. Drouin n’y trouve plus sa place naturelle. Il n’y est plus celui qui mène, qui crée l’offensive, qui dicte le tempo. Il est là, et on sent que quelque chose s’est brisé.

Et même s’il est encore sur la première unité de powerplay, cela donne mal au coeur.. Les critiques le qualifient maintenant de "powerplay pad", c’est-à-dire un joueur qui reste là parce que c’est son rôle contractuel ou parce qu’on veut croire en lui, mais pas parce qu’il produit réellement des résultats.

C’est cela la tragédie de Jonathan Drouin cette saison : un conte de fées transformé en chute progressive.

Et maintenant?

On voit un joueur qui cherche des solutions, qui cherche sa vitesse, qui cherche son impact. On voit un homme qui lutte encore, psychologiquement autant que physiquement, parce que lorsqu’on a vécu ce que Drouin a vécu, une blessure n’est jamais qu’un muscle. Une dépression n’est jamais qu’un mot. Et une baisse de production n’est jamais qu’un chiffre.

Les blessures ont marqué sa carrière. Mais c’est la pression interne qui a laissé des cicatrices invisibles. Montréal a détruit un joueur. Le hockey moderne a ralenti un prodige. Et aujourd’hui, même dans un environnement plus accueillant, plus humain, plus compréhensif… Drouin se retrouve face à ses vieux démons.

Et maintenant?

Ce que les médias soulignent, ce ne sont plus les passes magiques ou les jeux créatifs. Ce sont les matchs sans point, les ralentis montrant un manque de vitesse, les analyses qui parlent de “paresse”, de “fatigue”, de “peur de s’engager”.

Des choses que l’on n’aurait jamais cru possibles sur un joueur qui, il n’y a pas si longtemps, produisait à 0,83 point par match sur deux saisons combinées à Denver.

C’est la réalité cruel d’un joueur qui avait tout pour réussir… mais qui est aujourd’hui en train de se perdre de nouveau dans les mêmes travers.

Et pourtant, derrière ce paysage glacé de statistiques décevantes, il y a un homme. Pas un numéro. Pas un contrat. Pas un favori d’entraîneur. Un homme.

Un homme qui a parlé de son anxiété à Montréal, qui a reconnu combien la pression pouvait être destructrice :

« La pression à Montréal, surtout pour un Québécois, c’est énorme. Vous ne pouvez pas vous préparer à ça… tant que vous n’y êtes pas dedans, c’est impossible de s’y préparer. »

Un homme qui a décrit ses combats personnels dans la bulle de Toronto :

« Les règles au Canada pendant la pandémie ont clairement joué sur mon mental… on ne pouvait pas sortir. Je sortais mon chien minimum six fois par jour juste pour pouvoir respirer. »

Un homme qui a expliqué que l’anxiété n’est pas une faiblesse mais une réalité humaine :

« À chaque jour, on disait à Drouin qu’il n’avait pas à se plaindre, qu’il était millionnaire, qu’il n’avait pas le droit d’être déprimé. Mais quand ça commence à mal aller, l’argent n’a aucun rapport sur la santé mentale. »

Ces mots ne sont pas ceux d’un numéro de fiche de pointage. Ce sont des mots d’un cœur. D’un être humain. D’un homme qui a amèrement appris que l’amour du jeu ne suffit pas toujours à guérir les blessures invisibles.

Alors qu’est-ce qui cloche aujourd’hui?

La chute de Jonathan Drouin cette saison n’est pas seulement une question de chiffres. Elle est une question d’âme.

Parce que ce n’est pas juste un joueur qui a marqué peu de points. C’est un homme qui se débat avec les mêmes doutes qui l’avaient rongé à Montréal. La différence cette fois, c’est qu’il y a un contexte différent, des gens de son côté, de l’humanité autour de lui… mais cela ne guérit pas les vieilles blessures d’un coup.

C’est l’histoire d’un prodige qui sait encore trop bien ce que pression, attente, peur, et désillusion signifient.

Un être humain qui a déjà été au bord du gouffre, qui a déjà perdu son amour du jeu… et qui, aujourd’hui, doit se battre une fois de plus.

Nos pensées sont avec lui et sa famille. Si fragile mentalement... Joe nous inquiète à nouveai...