La défaite des Islanders à Calgary. Pas seulement à cause du pointage (4-2), pas seulement à cause de l’adversaire qui est au fond du trou, mais à cause de ce que cette soirée a révélé : une équipe qui glisse, un entraîneur au bord de l’explosion… et un joueur qui n’est plus là. Jonathan Drouin n’a pas été mauvais. Il a été invisible. Ce qui est pire.
Derrière le banc, Patrick Roy était rouge comme une tomate. Pas rouge d’émotion contrôlée. Rouge de frustration brute, contenue à peine, ce genre de rouge qui annonce que quelque chose est sur le point de casser.
Roy n’est pas du genre à masquer ses émotions, et samedi après-midi au Saddledome, tout le monde l’a vu. Les bras croisés, la mâchoire serrée, le regard dur, il observait une équipe incapable de suivre le rythme, incapable de répondre physiquement, incapable surtout de montrer le moindre sentiment d’urgence.
Les Islanders ont perdu 4-2 contre une équipe de Calgary qui n’est même pas supposée être là. Une équipe horrible, loin d’être dominante.
Et pourtant, New York a été dominé, étouffé, dépassé dans l’engagement. Après un premier but concédé à Sharangovich, tout s’est effondré en deuxième période avec trois buts encaissés en moins de dix minutes. Le match était terminé avant même d’avoir commencé.
Jonathan Drouin n'était pas effacé… il était absent...
Pas parce qu’il a commis une énorme erreur. Pas parce qu’il a coûté un but. Mais parce qu’il n’a absolument rien fait. Rien qui ressemble à un joueur de top 6. Rien qui justifie son salaire. Rien qui explique pourquoi il est encore protégé.
Drouin a flotté. Il n’a pas gagné de batailles. Il n’a pas provoqué. Il n’a pas ralenti le jeu adverse. Il n’a pas créé la moindre étincelle. Et surtout, il a donné cette impression insupportable : celle d’un joueur qui a abandonné intérieurement. Comme à Montréal. Exactement comme à Montréal.
Les fans des Islanders ne s’y trompent pas. Dans les commentaires, le mot « passenger » revient sans cesse. Drouin est maintenant associé à ceux qui sont là, mais qui ne pèsent rien. Ceux qui traversent les matchs sans laisser de trace. Ceux dont on oublie la présence avant même la sirène finale.
Matthew Schaefer, pourtant auteur de deux passes dans la défaite, a été pointé du doigt pour son repli défensif inexistant sur le 3e but des Flames.
THE FLAMES ARE BUZZING 🚨 #HockeyDay pic.twitter.com/8phGYzRSwT
— Sportsnet (@Sportsnet) January 17, 2026
Oui, il a abandonné sur cette séquence. Oui, ça ne passe pas. Mais Schaefer produit. Il est impliqué. Il tente quelque chose. Il va gagner le Calder. Il est encore dans le match.
Jonathan Drouin, lui, n’était nulle part. Pas dans les séquences clés. Pas dans les batailles. Pas dans les replis. Pas dans l’émotion. Et quand un joueur de 4 millions disparaît comme ça, ce n’est plus une mauvaise soirée. C’est un signal d’alarme.
D’autant plus que ce n’est pas un cas isolé. Drouin n’a pas marqué depuis deux mois. Le début de saison prometteur est déjà un lointain souvenir. On parlait de renaissance. On parle maintenant de chute libre.
Roy le protégeait… mais à voir sa face rouge derrière le banc, l'élastique a cassé.
Jonathan Drouin a été retiré du powerplay. Retiré des situations offensives importantes. Et les médias new-yorkais commencent à poser la question que personne n’osait formuler au début : Drouin a-t-il encore le niveau pour jouer dans la LNH?
Patrick Roy continuait de parler de processus, de confiance, de jeu intelligent. Il explique que Drouin doit se concentrer sur ce qu’il peut contrôler. Mais sur la glace, le résultat est donne mal au coeur: aucun impact.
Et aujourd'hui, Roy a fait comprendre à Drouin que le traitement de chouchou était terminé.
Les partisans ne sont pas cruels par plaisir. Ils sont lucides. Ils voient un joueur hors de forme, lent, incapable de suivre le rythme de la LNH actuelle. Ils voient un contrat qui devient lourd. Très lourd. Et certains commencent à évoquer l’impensable il y a quelques mois à peine : un rachat de contrat.
C’est là que la situation devient dangereuse. Pas seulement pour Drouin. Pour Roy. Pour Darche. Pour toute l’organisation. Quand un entraîneur aussi intense que Patrick Roy commence à perdre patience, la situation va finir par exploser.
L’élastique était tendu. Très tendu. Et ce genre d’élastique, quand ça casse, ça ne fait pas un petit bruit discret. Ça claque. Fort. Et ça laisse des marques.
Jonathan Drouin était supposé être une histoire de rédemption. Il est en train de devenir une histoire de malaise. Une histoire de pitié sportive. Une histoire où tout le monde marche sur des œufs, exactement comme à Montréal. Et quand on en arrive là, c’est que le problème est plus profond qu’une simple disette offensive.
Triste, vraiment triste
Ce qui rend tout ça encore plus dur à regarder, c’est qu’on voulait y croire. On voulait que Long Island soit différent. On voulait que Patrick Roy soit le sauveur. On voulait que Drouin trouve enfin la paix et la constance.
Mais samedi à Calgary, ce n’était pas un joueur en confiance qu’on a vu. C’était un joueur vidé. Déconnecté. Absent. Et dans une ligue aussi cruelle que la LNH, l’invisibilité est la pire des fautes.
Le rêve s’effondre. Le cauchemar prend forme. Et pendant que Patrick Roy fulmine derrière le banc, Jonathan Drouin s’efface… encore une fois.
Roy n’est pas un homme qui abandonne vite, mais il n’est pas non plus un homme qui accepte l’abandon sur la glace.
La fin entre lui et le pauvre Joe n’est plus une hypothèse : elle est confirmée ce soir...
