Jayden Struble est dans la vitrine : quand la décision ne vient pas du banc.
À force de tourner autour du pot, le marché montréalais finit toujours par retomber sur la même conclusion. Et cette fois-ci, elle est presque unanime.
Il n’y avait absolument aucune raison hockey valable pour laisser Arber Xhekaj dans les gradins contre les Sabres de Buffalo. Aucune.
Ni le style de l’adversaire.
Ni la vitesse.
Ni l’exécution récente.
Ni la gestion des paires.
Rien.
Quand une décision est aussi illogique sur le plan sportif, il faut arrêter de chercher des explications tactiques et commencer à regarder plus haut que le banc.
Martin St-Louis n’est pas fou.
C’est là que le débat change de niveau.
Martin St-Louis peut être critiqué pour bien des choses, mais il n’est pas naïf au point de ne pas comprendre ce qu’impliquait l’absence de Xhekaj contre Buffalo. I
l savait exactement que le match allait brasser. Il savait que son équipe allait se faire tester physiquement. Il savait aussi que laisser son shérif de côté exposait le reste du groupe.
Et pourtant, il l’a fait quand même.
Pourquoi?
Parce que cette décision ne servait pas le match.
Elle servait le marché.
Jayden Struble n’était pas là pour gagner le match
Il était là pour être vu
De plus en plus de voix crédibles convergent vers la même lecture :
Jayden Struble a été mis dans la vitrine.
Et quand un joueur est mis dans la vitrine, ce n’est jamais pour rien.
Ce n’est jamais gratuit.
Et ce n’est jamais innocent.
Martin Lemay l’a dit clairement à son micro :
Cette décision-là ne sert personne à part le Canadien de Montréal sur le marché des transactions.
C’est exactement ça.
Struble n’était pas là parce qu’il était supérieur à Xhekaj.
Il était là parce que le Canadien voulait montrer Struble, pas protéger son vestiaire.
Le profil Struble attire… mais il plafonne à Montréal.
Jayden Struble est un défenseur gaucher mobile, capable de jouer des minutes honnêtes dans une brigade en quête de profondeur. Dans la bonne chaise, sur la bonne équipe, il peut être utile.
Mais à Montréal, la hiérarchie est claire : Struble sera bientôt le 8e défenseur parce que Adam Engström lui est de loin supérieur.
Struble est coincé.
Et le Canadien le sait.
Oui, les Penguins de Pittsburgh aiment le profil de Struble.
Ce n’est pas nouveau.
Ça circule depuis un moment.
Pittsburgh cherche de la profondeur défensive, surtout à gauche. Ils croient encore aux séries. Ils veulent stabiliser leur groupe sans exploser leur banque d’espoirs. Struble cadre dans ce type de réflexion.
Dans l'est, les Penguins ne sont pas seuls.
Les Flyers de Philadelphie, par exemple, ne diraient jamais non à un défenseur gaucher capable de tenir son bout sur une troisième paire.
Les Bruins de Boston seraient aussi intéressés.
D’autres équipes en lutte pour les séries cherchent exactement ce type de joueur pour leur profondeur.
Dans l'ouest, ses Blues de St-Louis et les Flames de Calgary sont aussi associés au défenseur gaucher.
Et c’est là que tout s’explique.
Le package deal, pas le joueur vedette
Struble n’est pas la pièce maîtresse.
Il est la pièce d’équilibre.
Le genre de joueur que tu ajoutes pour finaliser une transaction plus large.
Le genre de nom qui facilite une discussion.
Le genre de profil qu’on veut voir jouer juste assez pour rappeler aux autres DG qu’il est encore utilisable.
Et pour faire ça, il fallait qu’il joue.
Même si ça ne faisait aucun sens pour le match.
Xhekaj a payé le prix du marché
Arber Xhekaj n’a pas été laissé de côté parce qu’il jouait mal.
Il n’a pas été laissé de côté parce qu’il n’était pas utile.
Il a été laissé de côté parce que ce n’était pas lui qu’on voulait exposer.
C’est aussi simple que ça.
Dans un monde purement hockey, Xhekaj joue ce match-là.
Dans un monde de gestion d’actifs, Struble doit être vu.
Une décision froide… mais calculée.
Cette décision a choqué les partisans.
Elle a créé de l’incompréhension.
Elle a même forcé Kirby Dach à jouer au policier par défaut.
Mais du point de vue du front office, elle était cohérente.
Le Canadien prépare quelque chose.
Ce soir-là, au Centre Bell, Martin St-Louis n’a pas coaché pour battre Buffalo.
Il a coaché pour le tableau des transactions.
