Jason Robertson veut jouer à Montréal: le vestiaire du CH ne le veut pas

Jason Robertson veut jouer à Montréal: le vestiaire du CH ne le veut pas

David Garel
Le 2026-08-02

Jason Robertson à Montréal? Le plus gros obstacle ne s’appelle pas Dallas… il s’appelle le vestiaire.

La vedette sera joueur autonome sans compensation l'été prochain.

Et plus les semaines passent, plus il devient évident que le divorce avec les Stars de Dallas n’est plus qu’une question de temps.

Oui, les deux parties ont évité l’arbitrage en s’entendant sur un contrat d’un an et 12 millions de dollars.

Oui, Jim Nill a multiplié les compliments en affirmant qu’il était heureux de conserver son joueur.

Mais derrière les sourires de circonstance, les dégâts sont bien réels.

Robertson a refusé deux transactions (l'une à Seattle contre le 7e choix au total et l'autre à St-Louis pour trois choix de 1re ronde).

Il a même refusé un contrat de 8 ans et 15 M$ par année du Kraken.

Ouch. Non seulement Robertson s'est senti trahi d'avoir été transigé, mais là, il va demander encore plus cher.

Selon ce qui circule à Dallas, les négociations ont été extrêmement difficiles et la relation entre Robertson et les Stars est sortie profondément ébranlée. Le contrat d’un an n’a fait que repousser le problème.

En janvier prochain, les discussions reprendront.

Et si elles tournent encore au vinaigre, Dallas pourrait très bien être tenté de l’échanger avant la date limite des transactions plutôt que de risquer de le perdre gratuitement le 1er juillet 2027.

Le pouvoir appartient maintenant complètement à Robertson.

Il possède une année pour faire exploser sa valeur… puis choisir lui-même sa destination.

Et c’est justement là que le Canadien de Montréal continue d’alimenter les conversations.

Selon François Gagnon, Robertson serait ouvert à l’idée de jouer à Montréal.

C’est énorme.

On parle d’un attaquant américain qui évolue dans un État sans impôt, au sein d’une puissance de la LNH… et qui serait malgré tout prêt à accepter la pression du marché montréalais.

Robertson ne cherche pas seulement le plus gros chèque.

Il veut aussi choisir l’endroit où il poursuivra sa carrière.

Mais il existe un obstacle immense.

Et ce n’est pas Dallas.

C’est le vestiaire du Canadien.

Depuis deux ans, Kent Hughes a bâti toute sa reconstruction sur un principe très simple.

Les vedettes acceptent de laisser de l’argent sur la table.

Cole Caufield.

Juraj Slafkovsky.

Lane Hutson.

Ivan Demidov.

Tous ont accepté des contrats qui vontrapidement devenir des aubaines monumentales avec l’explosion du plafond salarial.

Selon l’agent Allain Roy, c''est la pire nouvelle possible.

Selon lui, la hausse spectaculaire du plafond créera inévitablement deux catégories de joueurs.

Ceux qui ont signé trop tôt… …et ceux qui profiteront pleinement de la nouvelle réalité économique.

« Il y aura ceux qui ont eu le malheur de signer avant cette explosion salariale et ceux qui pourront en profiter pleinement. »

« Malheureusement, pour Caufield, Demidov et Slafkovsky, ils sont dans la première catégorie. Ces gars-là vont voir des joueurs de calibre inférieur toucher beaucoup plus qu’eux, et ça va les hanter pendant des années. »

Roy va même beaucoup plus loin.

« C’est une situation intenable pour ces joueurs. Ils voient leurs collègues s’enrichir avec des contrats colossaux pendant qu’eux sont bloqués avec des ententes qui, dans quelques années, paraîtront ridicules. »

« C’est une question de perspective, mais il faut comprendre la psychologie des joueurs" ajoute Allain Roy.

Ils ne jouent pas seulement pour l’amour du hockey, ils jouent aussi pour ce qu’ils valent sur le marché. Et aujourd’hui, ils réalisent qu’ils valent bien plus que ce qu’ils ont accepté. »

« Si le plafond grimpe trop vite et que les revenus ne suivent pas immédiatement, on pourrait voir l’escrow refaire surface. Et là, les joueurs déjà sous contrat se feront doublerment avoir »,

Voilà pourquoi le dossier Robertson devient explosif.

Parce que son prochain contrat pourrait facilement atteindre…

15…

16 millions de dollars par saison.

Et c’est là que tout le modèle de Kent Hughes risque d’être testé.

Comment expliquer à Cole Caufield qu’il vaut 7,85 millions…

À Juraj Slafkovsky qu’il vaut 7,6 millions…

À Lane Hutson (8,85 M$) qu’il a laissé plus de 100 millions de dollars sur la table selon certaines projections pu à Ivan Demidov qui va faire 9,15 maigres millions oar année…si Jason Robertson débarque quelques mois plus tard avec un contrat deux fois plus élevé?

Même Allain Roy prévient que cette nouvelle réalité risque de créer énormément de frustrations.

« Ces gars-là vont voir des joueurs de calibre inférieur toucher beaucoup plus qu’eux, et ça va les hanter pendant des années. »

Le problème dépasse largement la simple question du plafond salarial.

Il touche directement la chimie d’une équipe.

Depuis le début de la reconstruction, tout le monde accepte les sacrifices parce qu’on promet une chose.

Gagner ensemble.

Mais si un joueur arrive de l’extérieur sans avoir participé à ces sacrifices et devient instantanément le joueur le mieux payé de l’organisation…

…comment le vestiaire réagira-t-il?

C’est probablement la plus grande question que Kent Hughes devra se poser.

Parce que, contrairement à ce que certains peuvent croire, la hiérarchie salariale existe bel et bien dans une chambre de hockey.

Les joueurs savent exactement qui gagne quoi.

Ils savent aussi qui a accepté un rabais.

Et ils savent reconnaître lorsqu’un nouveau venu reçoit un traitement complètement différent.

C’est pourquoi le scénario idéal n’est peut-être pas celui que plusieurs imaginent.

Si Jason Robertson veut réellement jouer à Montréal, il devra peut-être, lui aussi, accepter une certaine forme de compromis.

Pas nécessairement un rabais spectaculaire.

Mais suffisamment pour démontrer qu’il adhère à la culture que Kent Hughes tente d’installer depuis son arrivée.

Sinon…

Le Canadien risque de se retrouver exactement dans la situation que plusieurs agents, dont Allain Roy, annoncent depuis des mois.

Une équipe remplie de joueurs convaincus d’avoir laissé des millions sur la table qui verraient soudainement un nouveau venu contourner toutes les règles implicites qui ont permis de bâtir cette structure salariale.

Jason Robertson représente peut-être le joueur parfait sur la glace.

Mais avant même de parler de hockey, Kent Hughes devra répondre à une autre question.

Le vestiaire est-il prêt à accepter un joueur payé 15 ou 16 millions de dollars… alors que plusieurs de ses propres vedettes ont accepté beaucoup moins pour bâtir ce projet?

L'art de se peinturer dans le ooin.