Chez le Canadien de Montréal, une vérité s’installe lentement, silencieusement, puis, finit par s’imposer avec une force irréversible. Depuis trois semaines, une vérité s’est transformée en évidence : Jakub Dobeš n’a plus sa place dans le ménage à trois.
Et à la lumière des révélations de La Presse, de l’utilisation réelle des gardiens par Martin St-Louis, des statistiques sans appel et du momentum irrésistible de Jacob Fowler, l’heure n’est plus au débat : l’exode de Dobeš vers Laval n’est plus un scénario, c’est un dossier classé.
Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la chute du jeune Tchèque.
Ce qui frappe, c’est la manière dont le Canadien est en train de broyer son développement, comme si on avait voulu tester jusqu’où un gardien peut être étouffé avant de s’effondrer.
La question qui tue : qui est le numéro un du Canadien ?
Simon-Olivier Lorange l’a lancé froidement : « Qui, diable, est le numéro un du Canadien ? »
Et Kent Hughes, avec son calme calculé, a répondu :
« Le gardien qui joue le mieux jouera le plus. »
Si on applique cette logique, le dossier n’est pas difficile à trancher : le numéro un se nomme Jacob Fowler.
Depuis son arrivée le 9 décembre, Fowler a amorcé 9 matchs, contre 4 pour Dobeš et 3 pour Montembeault.
Il a joué les matchs les plus difficiles : Boston, Tampa Bay, Detroit.
Il a obtenu le premier départ après Noël.
Il a obtenu le premier départ après le long voyage des Fêtes.
Il affiche une attitude glaciale, une maturité renversante, un contrôle technique qui détonne pour un gardien de 21 ans.
Et pendant ce temps… qu’a-t-on fait avec Dobeš ?
On l’a laissé moisir au banc.
On lui a donné un seul départ en huit matchs depuis le 27 décembre.
On lui a offert trois départs… en 23 jours.
Trois départs où il n’a jamais su quoi faire de son rôle : numéro 1 provisoire ? numéro 2 ? troisième roue du carrosse ?
Résultat : il n’a plus de rythme.
Plus de structure.
Plus de constance.
Et ce que La Presse décrit sans détour, c’est un gardien en train de perdre ses fondations devant nos yeux.
Si l’on veut comprendre pourquoi le Canadien n’a plus le luxe d’attendre, les chiffres parlent avec une violence insoutenable pour lui.
Le taux d’efficacité du Tchèque est en chute libre complète.
Mi-novembre : sous la barre des .900.
Fin novembre : sous les .895.
Aujourd’hui : sous les .890.
En 2026, aucun gardien ne peut survivre longtemps avec ces chiffres, encore moins un espoir qui doit convaincre une organisation de lui faire confiance.
Oui, Dobeš gagnait encore des matchs.
Mais son style non orthodoxe (spectaculaire quand ça marche, chaotique quand ça déraille) devenait un handicap dès qu’un premier but entrait.
En Caroline, il a gagné… en accordant 5 buts sur 25 lancers.
Et même cette victoire, en interne, n’a convaincu personne.
Le faux ménage à trois : deux ménages à deux, et un sacrifié
Ce que La Presse explique de manière chirurgicale, c’est qu’il n’y a jamais vraiment eu un ménage à trois.
Du 10 au 26 décembre :
Montembeault ne joue plus.
Fowler obtient 5 départs.
Dobeš en obtient 3
C’était un ménage Fowler–Dobeš.
Montembeault était en quarantaine psychologique.
Depuis le 27 décembre :
Fowler : 4 départs
Montembeault : 3 départs
Dobeš : 1 départ
C’est devenu un ménage Fowler–Montembeault.
Et Dobeš est passé d’adjoint… à fantôme.
Un gardien en développement ne peut pas survivre avec un départ toutes les deux semaines.
C’est une condamnation technique, mentale et physique.
Et c’est exactement ce qui arrive.
Il y a dans la situation un angle que La Presse ne dit pas, mais qui saute aux yeux de tous ceux qui suivent l’évolution des gardiens :
Le Canadien est en train de déprogrammer Dobeš.
On lui demande d’être prêt sans jouer, d’être constant sans répétition, d’être confiant alors qu'il est rejeté.
On lui demande de rester sharp… sans toucher à la glace.
Aucun gardien, même un vétéran établi, ne pourrait performer dans ce contexte.
Alors imagine un jeune de 22 ans.
S’il joue lundi, ce sera seulement son troisième départ en 23 jours. Ça veut tout dire. Laval l'attend les bras ouverts...
