Jacob Fowler s'effondre à Calgary: un expert des espoirs l'envoie sous l'autobus

Jacob Fowler s'effondre à Calgary: un expert des espoirs l'envoie sous l'autobus

Par David Garel le 2026-01-27

L’effondrement de Jacob Fowler à Calgary n’a rien d’un accident isolé : c’est un rappel brutal que le Canadien marche sur une ligne mince entre le rêve et la réalité.

Oui, Fowler a eu des matchs brillants. Oui, il est l’avenir… en théorie. Mais hier, dans cette défaite de 6-3 contre le club-école des Flames, il a encaissé 5 buts sur 25 tirs, pour un misérable .800 d’efficacité, son pire match chez les pros depuis qu’il porte un chandail du Rocket.

Voici l'effondrement en vidéo:

Et quand on regarde les chiffres au complet depuis son retour à Laval, on constate que la tendance n’est pas exactement celle d’un gardien prêt à sauver le grand club : 13 buts sur 117 tirs, un taux de .888 en 4 matchs, et 3 buts ou plus accordés dans chacun de ses 3 derniers départs.

Ce sont des chiffres qui parlent. Et ils ne racontent pas l’histoire d’un gardien prêt pour la LNH demain matin.

C’est exactement ce que le Canadien essaie d’éviter depuis une semaine : se précipiter, paniquer, rappeler Fowler trop tôt, le brûler, répéter la tragédie de Cayden Primeau.

On comprend maintenant mieux pourquoi Kent Hughes ne veut pas le remonter, même si les performances catastrophiques de Montembeault et l’instabilité constante de Dobeš poussent les fans à hurler son nom.

Parce qu’au-delà des émotions, il y a aussi le verdict froid des dépisteurs professionnels. Et celui qui fait le plus mal, c’est celui de l’un des analystes les plus respectés au monde, Corey Pronman.

Voici sa lecture complète du dossier, que trop peu de gens à Montréal veulent entendre :

« Fowler a dominé le niveau universitaire et a été très bon dans la LAH après avoir signé. Il est athlétique, il possède une excellente technique et une excellente lecture du jeu. Il peut faire des arrêts difficiles et il le fait efficacement, avec des lectures de haut niveau et une capacité à bien se placer.

Il peut aussi effectuer les déplacements latéraux compliqués, et il a une combativité exceptionnelle, il n’abandonne jamais un jeu. Mais il n’a qu’une taille moyenne, au mieux, et il n’a pas l’athlétisme d’élite requis pour la LNH.

Il a été exceptionnel chez les amateurs, mais il y a des questions, même mineures, sur la façon dont son jeu va se traduire chez les pros. Je le projette comme un gardien auxiliaire. »

Un auxiliaire.

Pas un numéro un.

Pas un sauveur.

Et ce n’est pas Pierre, Paul ou Jacques qui dit ça : c’est l’un des hommes qui a le plus d’impact sur l’évaluation du talent dans la LNH.

Mais attention. Ce même Pronman parlait de Lane Hutson comme d'un défenseur de bas-étage trop petit pour la LNH.

Ça ne veut pas dire que Fowler ne deviendra pas meilleur. Ça ne veut pas dire qu’il est condamné. Ça veut simplement dire que l’organisation, elle, est consciente qu’il n’existe aucune certitude derrière ses performances.

Son gabarit, 6’1 en réalité , et non 6'2 comme le liste le CH, revient constamment dans les discussions. Même à Montréal, plusieurs analystes soulignent qu’il « paraît petit dans son filet », que ses épaules ne couvrent pas l’espace comme un géant moderne, que sa marge d’erreur est plus mince que celle d’un Jesper Wallstedt ou d’un Yaroslav Askarov.

Et hier soir, tout cela s’est vu.

Dans chacun des buts.

Dans chacune des séquences où il était trop profond, trop bas, trop tard.

Il est jeune. Il est prometteur. Il va rebondir.

Mais hier a aussi rappelé que son développement n’est pas terminé, et que le Canadien le sait très bien.

C’est exactement pour ça que Fowler n’est pas rappelé, même avec un Montembeault en chute libre et un Dobeš suspendu à un fil. Ce n’est pas lâcheté. Ce n’est pas entêtement. C’est la peur de le brûler avant qu’il soit prêt.

Cela dit, ce qui inquiète réellement l’organisation, ce n’est pas seulement le match d’hier. Quand ton meilleur espoir devant le filet affiche .888, qu’il accorde 3 buts ou plus dans 3 matchs consécutifs, et que les experts les plus sévères soulignent ton manque d’élite physique, il faut être prudent.

L’idée que Fowler devienne demain matin un numéro un solide… relève davantage du rêve que de la logique?

Ou Pronman est un "hater" de première classe.

Le talent est là.

La technique est là.

Mais la réalité aussi.

Pour l’instant, Fowler reste un projet. Un projet excitant, mais un projet. Et c’est pour cela que le Canadien n’ose plus le jeter dans la gueule de la LNH, même si Samuel Montembeault s’effondre et que Jakub Dobeš ressemble à un funambule qui joue avec le vent.

Et dans ce contexte, plus on avance, plus une vérité dérangeante se dessine : le Canadien n’a pas de gardien numéro un pour les prochaines années.

Et tout pourrait revenir à l’essentiel : qui, dans cette organisation, peut réellement porter l’avenir dans son filet?

Fowler? Peut-être.

Mais certainement pas aujourd’hui.