Ivan Demidov voit rouge : frustration visible envers Martin St-Louis

Ivan Demidov voit rouge : frustration visible envers Martin St-Louis

Par William Petit Lemay le 2026-04-23

Quelque chose bouillonne autour d’Ivan Demidov… et ça commence à se voir.

Lors de la pratique matinale, une séance pourtant légère d’à peine une vingtaine de minutes, le jeune attaquant n’avait rien d’un joueur en mode routine. Chaque présence était intense. Chaque tir semblait chargé d’un message. Il marquait à répétition, avec urgence, avec colère presque. Un détail qui ne trompe pas.

Ce n’était pas un simple bon entraînement.

C’était un signal envers Martin St-Louis.

Depuis le début de cette série, Ivan Demidov est au cœur de toutes les attentes. À chaque fois qu’il touche à la rondelle, il crée quelque chose. Une passe improbable, une feinte qui ouvre l’espace, une lecture que peu de joueurs sont capables de faire à ce niveau. Le talent est évident. L’impact aussi.

Mais autour de lui, ça ne suit pas.

Aligné avec Alex Newhook et Alexandre Texier, Demidov se retrouve à porter un trio presque à lui seul. Et en séries éliminatoires, ce genre de charge devient rapidement trop lourd, même pour un joueur d’exception.

Le problème ne vient pas d’un manque de volonté.

Il vient du profil.

Texier joue en périphérie, évite les zones de trafic, hésite à s’impliquer physiquement. Son talent est réel, mais dans un contexte aussi intense, ça ne suffit plus. Le jeu devient sale, rapide, exigeant. Chaque présence est une bataille. Et dans ce type de hockey, certains profils disparaissent.

Newhook, de son côté, apporte de la vitesse. Il peut transporter la rondelle, créer en transition. Mais défensivement, les doutes sont bien présents. Les lectures sont inconstantes, les décisions parfois risquées. Contre une machine comme Tampa, ça devient une cible facile.

Résultat : Demidov se retrouve isolé.

Et ça paraît.

À cinq contre cinq, le deuxième trio ne génère pas assez. Pire encore, il donne l’impression de subir le rythme plutôt que de l’imposer. Une situation qui met encore plus de pression sur un joueur déjà surveillé de près par l’adversaire.

Dans ce contexte, une question devient inévitable : pourquoi ne pas ajuster?

Le nom de Zachary Bolduc revient de plus en plus. Un joueur capable de frapper, de suivre le rythme physique, mais aussi de marquer. Un profil différent, plus adapté à une série où chaque espace se gagne à coups d’épaule.

Ce n’est pas une solution miracle.

Mais c’est une option logique.

Donner à Demidov un coéquipier capable de créer de l’espace, de gagner des batailles, de relâcher la pression. Quelqu’un qui peut compléter le trio, pas simplement l’accompagner.

Pour l’instant, Martin St-Louis semble maintenir le cap. Les trios restent les mêmes. Le message est clair : confiance au groupe actuel. Une approche compréhensible… mais qui commence à être questionnée.

Le langage corporel de Demidov, lui, ne ment pas.

On ne parle pas d’un joueur qui abandonne. On parle d’un joueur qui veut plus. Qui sent qu’il peut faire la différence, mais qui manque de soutien pour le faire pleinement. La frustration ne vient pas d’un manque d’effort. Elle vient d’un sentiment d’être limité par le contexte.

Et en séries, ce genre de détail peut tout changer.

Le Canadien montre de belles choses depuis le début de l’affrontement. L’équipe se tient debout, répond physiquement, refuse de reculer. Mais pour aller plus loin, il faudra plus que de la résistance.

Il faudra optimiser chaque trio.

Demidov n’a pas besoin d’en faire plus.

Il a besoin d’aide.

Et si rien ne bouge, cette frustration qu’on commence à voir pourrait rapidement devenir un vrai enjeu dans cette série.