Les Canadiens de Montréal avancent.
Quatre victoires à leurs cinq derniers matchs, un classement qui se stabilise, une avance qui commence à devenir confortable dans la course aux séries, et surtout, un groupe qui donne enfin l’impression de contrôler son destin à l’approche d’un voyage de cinq matchs qui pourrait pratiquement sceller leur place.
On ne parle plus de reconstruction. On parle de hockey de printemps.
Et c’est exactement là que le vrai test commence.
Parce que derrière l’élan collectif, une inquiétude bien précise commence à prendre de l’ampleur : Ivan Demidov.
Sur papier, il est une pièce maîtresse. Un joueur capable de faire basculer un match en une séquence. Un talent brut autour duquel l’attaque peut s’articuler. Mais dès que le jeu devient plus lourd, plus physique, plus sale… le doute s’installe.
On l’a vu l’an dernier contre les Capitals de Washington. Encore tout frais dans la ligue, il s’était fait brasser solide. Coup d’épaule après coup d’épaule, présence constante dans son espace, et tranquillement, il avait disparu du match. Invisible. Effacé.
Et ce scénario-là a refait surface.
Contre les Blue Jackets de Columbus, le message était clair dès les premières minutes : frapper Demidov, le frapper encore, et ne jamais lui laisser une seconde de répit. Chaque entrée de zone était contestée physiquement. Chaque bataille le long des rampes devenait un combat. Et encore une fois, il a reculé.
Même chose pour Lane Hutson qui s'est fait rudoyer toute la soirée:
The beautiful game pic.twitter.com/90ag16qa6d
— Matt Drake (@DrakeMT) March 27, 2026
Pas nécessairement par manque de courage. Mais par manque de réponses.
Quand le jeu s’est transformé en match d’hommes, Demidov a perdu son impact. Tout le contraire de Zachary Bolduc qui frappait tout ce qui bougeait:
Damon Severson had to leave the game after some contact with Zachary Bolduc. pic.twitter.com/MkHC8vMaDf
— Montreal Hockey Now (@MTLhockeynow) March 27, 2026
Et c’est là que la question devient sérieuse.
Parce que les séries éliminatoires, ce n’est pas une version plus rapide du hockey de saison régulière. C’est une version plus lourde. Plus brutale. Plus ciblée. Les équipes vont isoler les faiblesses. Elles vont identifier les joueurs à neutraliser. Et un joueur comme Demidov, avec son talent, va devenir une cible prioritaire.
Chaque présence sera contestée. Chaque décision sera pressée. Chaque erreur sera punie physiquement.
Peut-il survivre à ça?
Peut-il produire dans ça?
C’est le point d’interrogation.
Et il ne vient pas de nulle part. Au repêchage, certains recruteurs évoquaient déjà cette possibilité : un joueur élite offensivement, mais qui peut devenir plus effacé quand le jeu se durcit. Ce n’était pas une condamnation. C’était une projection.
Aujourd’hui, elle refait surface au pire moment.
Et il n’est pas seul.
Lane Hutson attire aussi ce type de questions. Contre Washington, lui aussi s’est fait brasser. Le petit défenseur, si brillant avec la rondelle, a eu de la difficulté à imposer son rythme quand la pression physique a augmenté. Moins de temps, moins d’espace, plus de contacts. Résultat : moins d’impact.
Deux jeunes piliers. Deux profils similaires. Talent élite, mais gabarit et style qui soulèvent des doutes en contexte de séries.
Et ça amène une question encore plus large : les Canadiens de Montréal sont-ils trop “soft” pour le hockey de printemps?
Parce que oui, ils ont du talent. Oui, ils ont de la vitesse. Oui, ils ont une structure qui s’améliore. Mais en séries, ça ne suffit pas. Il faut gagner des batailles. Encaisser des coups. Continuer de jouer même quand ça fait mal.
C’est là que des joueurs comme Bolduc deviennent essentiels. Pas pour leur production, mais pour leur capacité à survivre dans la tempête. À imposer un rythme physique. À déranger.
Si Demidov devient neutre quand ça brasse, l’attaque perd une dimension complète. Si Hutson est limité physiquement, la relance devient plus compliquée. Et soudainement, une équipe excitante en saison régulière devient vulnérable en séries.
C’est dur, mais c’est la réalité de la LNH.
Les Canadiens sont en train de prouver qu’ils peuvent gagner des matchs.
Maintenant, ils doivent prouver qu’ils peuvent gagner des matchs… quand ça fait mal.
Et pour Ivan Demidov, le message est simple : le talent va t’amener en séries.
Mais c’est ta capacité à encaisser et à répondre qui va décider si tu peux y survivre.
