Ivan Demidov réuni avec Alex Ovechkin : quand deux mondes se rencontrent

Ivan Demidov réuni avec Alex Ovechkin : quand deux mondes se rencontrent

Par William Petit Lemay le 2026-02-07

Deux trajectoires que tout oppose, deux générations séparées par le temps, mais une même ligne imaginaire qui les relie soudainement. Ivan Demidov et Alex Ovechkin réunis dans une même vision, ça sonne comme de la fiction… et pourtant, c’est exactement ce que vient de suggérer Igor Larionov dans l’exercice hypothétique publié par Pierre LeBrun.

Tout part d’un contexte bien précis.

La LNH est de retour aux Jeux olympiques, mais sans la Russie, toujours bannie en raison de la situation géopolitique.

Devant ce grand absent, The Athletic s’est permis un jeu intellectuel : à quoi ressemblerait l’équipe russe si elle était autorisée à participer à Milan? Et surtout, quels joueurs seraient jugés assez dominants pour porter le poids d’un tel tournoi?

Dans cette formation fictive, un nom a immédiatement retenu l’attention des partisans du Canadien : Ivan Demidov.

Pas comme joueur de profondeur.

Pas comme jeune à protéger.

Comme pièce offensive capable d’évoluer… aux côtés d’Alex Ovechkin.

La symbolique est énorme.

À Montréal, Demidov n’est plus un simple espoir. Cette saison, le jeune attaquant du Canadien est en train de s’imposer comme la recrue à battre dans toute la LNH. Douze buts, 34 passes, 46 points en 57 matchs. Un sommet chez les rookies, devant Beckett Sennecke (44 points) et Matthew Schaefer (39 points), sans oublier Oliver Kapanen qui s’accroche à la course (31 points).

Le trophée Calder n’est plus une idée abstraite. C’est une cible réelle.

Et pendant que la pause olympique s’installe, Demidov se retrouve dans une situation paradoxale. Au sommet des recrues de la LNH, mais privé de Jeux olympiques.

Non pas par choix.

Par contexte mondial.

Une absence forcée qui prive le hockey international d’un talent en pleine explosion.

C’est précisément là que l’exercice de Pierre LeBrun prend tout son sens.

Dans la vision de Larionov, Demidov aurait non seulement fait partie de l’équipe russe, mais aurait été placé dans un rôle de premier plan. Mieux encore : jumelé à Ovechkin. Un choix qui ne doit rien au hasard. Larionov parle d’éthique de travail exceptionnelle, de vitesse, de créativité et surtout de hockey IQ.

Des qualités qui, selon lui, permettent à Demidov de jouer avec n’importe qui, même une légende vivante.

Le contraste est savoureux quand on replonge dans le passé récent.

Lors des séries éliminatoires l’an dernier, alors que Demidov vivait ses premiers vrais moments sous pression, une déclaration avait fait sourciller. Questionné sur son idole d’enfance, le jeune attaquant avait répondu sans détour : son joueur préféré n’était pas Ovechkin, mais Evgeni Malkin.

Une flèche involontaire, peut-être. Un simple choix personnel, sûrement.

La suite, on la connaît.

Les Capitals de Washington avaient expédié le Canadien sans trop de difficulté.

Série courte.

Leçon brutale.

Baptême du feu.

Et voilà que, quelques mois plus tard, le même Demidov est projeté symboliquement aux côtés d’Ovechkin dans une équipe nationale fictive. Comme si le hockey, avec son ironie habituelle, se chargeait lui-même de rapprocher les contraires.

Ce n’est pas une promesse.

Ce n’est pas une rumeur de transaction.

Ce n’est même pas un plan concret.

C’est une reconnaissance.

Reconnaissance qu’Ivan Demidov n’est plus perçu comme un jeune joueur en apprentissage, mais comme un attaquant capable de s’intégrer à l’élite mondiale. Reconnaissance qu’un entraîneur de la trempe de Larionov le juge déjà digne de partager la glace avec l’un des plus grands marqueurs de l’histoire.

Deux mondes qui se rencontrent, oui.

Le monde d’Ovechkin, bâti sur la puissance, la constance et la domination.

Le monde de Demidov, façonné par le mouvement, l’intelligence et la créativité.

La géopolitique empêche ce duo d’exister pour vrai, du moins pour l’instant. Mais sur le plan hockey, le message est clair : Ivan Demidov est déjà rendu là où les légendes commencent à le regarder autrement.

Et pour les partisans du Canadien, c’est peut-être ça, le plus beau des scénarios.