Ivan Demidov incapable de cacher sa frustration : la face du désespoir

Ivan Demidov incapable de cacher sa frustration : la face du désespoir

Par André Soueidan le 2025-03-28

Patience à bout, frustration à fleur de peau, Ivan Demidov a décidé de briser son masque.

Fini le jeune prodige souriant et reconnaissant qu'on avait vu en entrevue, les larmes aux yeux, après avoir été repêché par le Canadien de Montréal au repêchage de 2024.

Le Demidov version printemps 2025 est un jeune homme transformé, presque méconnaissable. Et le monde entier l’a vu aujourd’hui, dans une courte entrevue devenue virale, où il répond froidement, bêtement, à une journaliste russe, sans aucune émotion, le regard vide.

@bardown Ivan Demidov is one of a kind 😂  (H/T Uggg_uggg/X) #hockey #montreal ♬ original sound - BarDown

L’interview, à la veille du premier match des séries de la KHL, aurait dû être une formalité. Une occasion pour Demidov de dire qu’il était prêt, motivé, emballé par le challenge.

Mais au lieu de cela, il a lancé un regard noir à la caméra, répondu en monosyllabes, refusé toute élaboration. Il était ailleurs. Comme s’il criait silencieusement à l’aide.

Comme si cette question était la goutte de trop.

Selon plusieurs observateurs russes, Ivan Demidov vit très mal la fin de son aventure avec le SKA Saint-Pétersbourg.

Un club qui l’a freiné, même étouffé à certains moments cette saison.

Il a battu des records de productivité, mais a été mis sur le banc dans des moments-clés. Son temps de jeu a fondu comme neige au soleil.

Et là, à la veille des séries, c’est un Demidov à bout de souffle, à bout d’options, qui répond aux questions. Il n'a qu'un désir: sortir de ce cercle vicieux et rejoindre enfin le CH.

D’après les dernières rumeurs provenant de la Russie, l’organisation du SKA aurait délibérément ralenti le processus de libération du contrat de Demidov, refusant de le laisser aller facilement en Amérique du Nord.

Un bras de fer discret mais brutal. Et c’est sans doute ce qui explique cette énergie sombre qu’on a vu dans ses yeux.

« Est-ce que tu es prêt pour demain? » lui demande la journaliste.

« Oui. » répond-il.

« Un mot sur l’adversaire? » « Forts. »

« Qu’est-ce qui va être clé? » « De gagner. »

C’est glaçant.

Et ce qui choque le plus, c’est de voir la différence énorme entre ce Demidov là et celui que les fans de Montréal avaient vu au repêchage.

Un jeune homme rieur, visiblement honoré, qui s’émerveillait d’avoir été choisi par le CH. Qui parlait avec des étoiles dans les yeux de Nick Suzuki, Cole Caufield, de sa hâte de rejoindre Montréal.

Ce n’est plus le même. Quelque chose a cassé en chemin. Et c’est à la fois troublant, et terriblement humain.

Certains se demandent s’il s’agit d’un message passif-agressif envers son organisation actuelle. D’autres pensent qu’il visait directement la journaliste. D’autres encore y voient un appel à l’aide. Une chose est certaine : il est à bout.

Il faut dire que Demidov a été ménagé, manipulé et régulièrement ignoré par son propre coach au SKA. Selon des sources locales, le staff ne voulait pas en faire une vedette.

Une forme de jalousie, même, envers le fait qu’il soit déjà vu comme la prochaine supervedette de la LNH. Ce climat a érodé sa confiance.

À 19 ans, on n’a pas les armes mentales pour gérer autant de contradictions. Et maintenant, on le voit s’éteindre à petit feu.

Ce qui inquiète aussi, c’est le passé très protégé de Demidov. Un joueur généreux, mais qui, selon plusieurs rapports, a toujours été tenu à l’écart des critiques.

Et maintenant qu’il est livré à lui-même, dans un environnement hostile, il flanche. Mais peut-on lui en vouloir?

La réalité, c’est que Demidov n’a qu’un objectif : s’envoler vers Montréal. Rejoindre une équipe, un projet, une ville où il pourra s’épanouir.

Recommencer à 0. Montrer qui il est vraiment. Pas ce robot qui récite trois mots dans un micro avec les yeux vides.

Et pour les partisans du CH, ce message est clair : il veut venir. Il veut être ici. Et ce coup de sang médiatique?

C’est peut-être, justement, la dernière étape avant sa libération. Une façon de forcer la main à ses dirigeants.

Montrer que non, il ne veut plus attendre.

Reste à voir si le CH saura gérer ce volcan.

Car oui, le talent est immense. Mais le défi, aussi. On est loin de la première vedette russe incomprise.

Mais peut-être, avec le bon encadrement, Montréal saura tirer le meilleur de lui.

Et là, cette entrevue glaciale de mars 2025 ne sera qu’un lointain souvenir, qu’on ressortira avec un sourire en coin pour dire : « Vous vous souvenez du jour où Demidov a perdu patience? Regardez-le aujourd’hui. »