Inquiétude autour de Martin St-Louis: tempête à venir

Inquiétude autour de Martin St-Louis: tempête à venir

Par David Garel le 2026-03-08

Le voyage en Californie devait permettre aux Canadiens de Montréal de consolider leur place dans la course aux séries. Au lieu de ça, il a laissé un drôle de sentiment à l’intérieur du vestiaire… et beaucoup d’inquiétude autour de l’équipe.

Oui, Montréal a sauvé les meubles avec une victoire de 4-3 contre les Kings de Los Angeles. Mais personne dans l’entourage du club n’avait vraiment envie de célébrer.

Parce que les joueurs savent très bien que ce voyage aurait pu rapporter beaucoup plus.

Au final, le Canadien rentre à Montréal avec trois points sur une possibilité de six après des matchs contre les Sharks de San Jose, les Ducks d’Anaheim et les Kings. Sur papier, ce n’est pas catastrophique. Mais quand on regarde comment ces points ont été obtenus, le portrait devient beaucoup plus inquiétant.

Le capitaine Nick Suzuki ne s’est pas caché après la victoire.

Il a reconnu que l’équipe joue avec le feu.

« On sait qu’on est capables de marquer des buts, mais on est parfois trop désinvoltes défensivement contre des équipes qui peuvent marquer. On ne pourra pas continuer comme ça pour le reste de la saison. »

C’est exactement ce qui s’est passé pendant ce voyage.

À San Jose, le Canadien a remonté un déficit de trois buts… avant de perdre en fin de match après une pénalité coûteuse pour avoir eu trop d’hommes sur la glace.

À Anaheim, l’histoire s’est répétée. Une autre remontée, puis une avance gaspillée dans les dernières secondes avant de finalement s’incliner en tirs de barrage.

Et à Los Angeles, Montréal a encore une fois dû revenir de l’arrière avant que Juraj Slafkovský et Suzuki ne renversent la rencontre.

Le problème, c’est que dans ces trois matchs, le Canadien s’est lui-même compliqué la vie.

Les chiffres sont révélateurs. À Los Angeles, les Kings ont dominé 39-23 au chapitre des tirs, et Montréal n’a réussi qu’un seul tir en première période, une statistique presque inimaginable dans la LNH moderne.

Les chances de marquer racontent la même histoire : les Kings ont contrôlé le jeu pendant de longues séquences.

Même dans la victoire.

L’attaquant Phillip Danault a reconnu que ce match représentait un soulagement pour le Canadien, mais aussi un avertissement.

Selon lui, l’équipe savait très bien qu’elle avait laissé filer des points lors des deux matchs précédents.

Et dans une course aux séries aussi serrée, ces points perdus peuvent coûter très cher.

Parce que Montréal est toujours dans le portrait… mais rien n’est garanti.

Derrière eux, les équipes poursuivantes se rapprochent rapidement. Une séquence difficile peut tout changer en quelques jours.

Et c’est exactement ce qui inquiète à l’intérieur du vestiaire.

Slafkovský l’a résumé avec lucidité : l’équipe doit apprendre de ces matchs où les petits détails échappent et finissent par coûter cher.

« Il faut apprendre de ces situations pour que les petits détails qui nous échappent et qui mènent à des défaites ne reviennent pas nous hanter plus tard. »

Le Canadien a encore une vingtaine de matchs pour corriger ces problèmes.

Mais ce voyage en Californie a montré une réalité difficile à ignorer.

Cette équipe peut marquer.

Elle peut revenir de l’arrière.

Elle peut gagner des matchs spectaculaires.

Mais si elle continue de donner autant d’occasions et de se mettre elle-même dans le trouble, la course aux séries pourrait rapidement devenir beaucoup plus stressante que prévu à Montréal.

Et c’est là que la situation devient beaucoup plus lourde qu’un simple mauvais voyage.

Parce que si les Canadiens de Montréal échappent les séries après avoir passé une bonne partie de la saison dans le portrait, la conversation va changer radicalement à Montréal.

Et cette conversation va inévitablement finir par revenir vers Martin St-Louis.

Personne ne parle de congédiement. Soyons clairs. Son contrat de 5 millions de dollars par saison jusqu’en 2027 et sa relation très forte avec Kent Hughes et Jeff Gorton lui offrent une stabilité que peu d’entraîneurs dans la ligue peuvent revendiquer.

Mais à Montréal, la pression ne disparaît jamais.

Et si cette équipe rate les séries, plusieurs vont commencer à poser des questions beaucoup plus inconfortables.

Parce que le noyau est maintenant talentueux.

Parce que l’équipe marque des buts.

Parce que les jeunes joueurs ont franchi une étape importante dans leur développement.

Et dans ce contexte, manquer les séries ne serait plus vu comme une simple étape du processus.

Ce serait perçu comme un recul.

Déjà, dans ses propres propos après la victoire à Los Angeles, St-Louis semblait plus critique que d’habitude envers son groupe. Lui qui cherche presque toujours un angle positif a admis que les Kings avaient été la meilleure équipe sur la glace.

Un aveu rare.

Un aveu qui montre que même à l’intérieur du vestiaire, on sent que la marge d’erreur se rétrécit.

Car le calendrier n’attendra pas.

Les Maple Leafs de Toronto arrivent au Centre Bell.

Les Sénateurs d’Ottawa poussent derrière.

Et les matchs restants vont rapidement devenir une série de petits éliminatoires.

Dans ce genre de course, chaque point laissé sur la table devient un poids.

Et si le Canadien ne parvient pas à corriger ses lacunes défensives, ses débuts de match difficiles et son instabilité devant le filet, cette saison qui semblait prometteuse pourrait rapidement se transformer en immense frustration.

Parce qu’à Montréal, une chose est certaine :

Tant que les séries ne sont pas officiellement assurées, personne ne respire vraiment tranquille.

Et si jamais ce club rate le printemps après avoir donné autant d’espoir pendant l’hiver…

La tempête médiatique qui suivra pourrait être l’une des plus bruyantes depuis longtemps autour du Canadien... et de Martin St-Louis...