Honte sportive en France: cauchemar pour Alexandre Texier

Honte sportive en France: cauchemar pour Alexandre Texier

Par David Garel le 2026-02-13

C’est difficile de trouver les mots justes pour décrire ce qu’on a vu vendredi.

Pas seulement une défaite. Pas seulement un effondrement. Un naufrage, provoqué par ce qui restera comme l’un des pires changements de trio qu’on ait vus sur une glace internationale.

Pire encore. Certains parlent du pire changement de l'histoire du hockey.

La France avait renversé le match. Menée 2-0, elle était revenue avec trois buts coup sur coup, prenait l’avance 3-2, venait tout juste de stopper une échappée de David Pastrnak, et semblait enfin avoir trouvé un souffle.

Et là… tout s’écroule.

En supériorité numérique, à moins d’une minute de la fin du deuxième tiers, les Bleus décident de changer. Mais pas un changement contrôlé. Pas un changement sécuritaire. Un changement amateur.

La rondelle est dégagée profondément par les Tchèques, les Français quittent la glace en bloc, personne ne protège la zone neutre, personne ne lit le jeu. Résultat : une passe longue, un deux-contre-un, un give-and-go parfait, et but dans un filet pratiquement ouvert avec 31 secondes à faire à la période.

Voici la séquence vidéo qui passera à l'histoire pour les mauvaises raisons:

En un seul instant, la France transforme un momentum historique en catastrophe absolue. Ce n’est pas une erreur individuelle. C’est une erreur collective, systémique, presque inexplicable à ce niveau-là.

À partir de là, tout s’est désagrégé.

Dès la première minute de la 3e période, le jeune gardien Martin Neckar échappe une rondelle banale : 5-3. Quarante-huit secondes plus tard, Roman Cervenka part seul en échappée : 6-3.

En moins de deux minutes, le match est enterré. Et avec lui, les derniers espoirs réalistes de la France dans ce groupe.

Mais au milieu de ce chaos collectif, un nom revient avec insistance : Alexandre Texier.

Complètement invisible.

On attendait qu’il prenne l’équipe sur ses épaules. On attendait un shift de patron. Un tir dangereux. Une percée. Une réaction émotionnelle. Rien.

Texier a traversé ce match comme un fantôme. Peu présent dans les coins, rarement au cœur du trafic, constamment en périphérie.

Même dans les moments où la France poussait, il semblait toujours à un pas de l’action. Ton joueur étoile ne peut pas rester spectateur quand ça chauffe. À ce niveau-là, le leadership passe aussi par le courage d’entrer dans la tempête.

Le contraste est brutal : la France avait besoin d’un moteur, elle n’a eu qu’un passager.

Oui, collectivement, les Bleus ont montré du caractère en deuxième période. Oui, Louis Bourdon a marqué deux fois. Oui, Hugo Gallet a donné l’avance.

Mais quand le match bascule, quand la pression monte, quand l’adversaire aligne des stars NHL et accélère, ton meilleur joueur doit répondre présent. Texier ne l’a pas fait. Et en France, les critiques sont déjà sévères : on parle d’un excellent joueur complémentaire, mais incapable, pour l’instant, d’assumer un rôle de locomotive internationale.

Le plus troublant, c’est que ce scénario était exactement celui qu’on redoutait : une équipe courageuse, mais naïve tactiquement, qui se saborde toute seule par un changement désastreux, pendant que son joueur vedette disparaît dans le bruit. La France n’a pas seulement perdu un match. Elle a perdu le contrôle de son tournoi en trente secondes.

Et maintenant, place au Canada dimanche. La dégelée sera sévère.

Mais soyons honnêtes : après une telle séquence, après un tel effondrement, après un Alexandre Texier aussi effacé, ce n’est plus seulement une question de résultats. C’est une question d’identité. Parce qu’à Milan, vendredi, la France n’a pas simplement été battue par plus forte qu’elle.

Elle s’est battue elle-même.