La colère des partisans a atteint un point de rupture.
Après la défaite contre les Sharks de San Jose, un nom est revenu sans arrêt sur les réseaux sociaux : Zachary Bolduc.
Et pas pour les bonnes raisons.
Pendant que Macklin Celebrini donnaien son show, Bolduc, lui, semblait ailleurs. Invisible. Lent dans ses replis. Sans mordant dans les batailles. Une présence fantôme dans un match où le Canadien avait besoin de joueurs impliqués.
Honteux. Il se traînait les patins comme s'il n'en avait rien à cirer de ses coéquipiers et de son coach.
Il a tout simplement abandonné Martin St-Louis.
Sur les réseaux sociaux, la réaction a été immédiate. Plusieurs partisans n’ont pas mâché leurs mots. Certains ont carrément ressorti un nom que Montréal connaît trop bien : Jonathan Drouin.
My god Bolduc is useless and giving off major Drouin vibes. #gohabsgo
— Annik (@alemiredesigns) March 14, 2026
Même reproche, même frustration, même impression d’un joueur talentueux mais incapable de jouer avec l’urgence et la combativité exigées dans ce marché.
Et c’est là que le malaise s’installe.
Parce que Bolduc n’est plus une recrue qui découvre la ligue. Il est dans sa deuxième saison professionnelle. Les excuses commencent à s’amenuiser.
Les attentes, elles, augmentent. Et quand un joueur donne l’impression de se traîner les patins pendant que d’autres jeunes du même âge électrisent les arénas, le jugement devient impitoyable.
La perception qui circule en ce moment est simple : manque de volonté.
Pas assez de batailles gagnées.
Pas assez d’intensité.
Pas assez de hargne.
Dans un marché comme Montréal, ça ne pardonne pas.
Le plus troublant, c’est que certains partisans disent maintenant préférer voir Brendan Gallagher, malgré son style usé, malgré les années d’usure, simplement parce que Gallagher joue avec le cœur sur la manche. Il fonce. Il frappe. Il se jette dans le trafic.
Bolduc, lui, semble parfois flotter.
Et quand cette perception s’installe, elle devient extrêmement difficile à renverser.
Parce que Montréal peut pardonner un manque de talent.
Montréal peut pardonner une mauvaise séquence.
Mais Montréal ne pardonne jamais un manque d’effort.
C’est exactement ce qui est en train de se jouer avec Zachary Bolduc.
Le jeune attaquant possède encore du talent. Personne ne le nie. Mais en ce moment, ce talent est complètement noyé dans une impression d’indifférence qui rend les partisans fous.
Et dans une organisation dirigée par Martin St-Louis, qui martèle chaque jour l’importance des détails, de l’effort et de l’engagement, ce genre d’attitude peut rapidement coûter cher.
Très cher.
À ce rythme, la question ne sera bientôt plus de savoir quand Bolduc va se replacer.
La question sera de savoir combien de temps le Canadien va tolérer ce genre de prestation avant de prendre une décision plus radicale.
Parce qu’à Montréal, quand la patience du public s’évapore, la suite arrive souvent très vite.
Et pendant que la colère gronde à Montréal, un autre nom refait surface dans la conversation.
Celui de Logan Mailloux.
Parce que pendant que Zachary Bolduc se fait démolir sur les réseaux sociaux, le défenseur droitier que les Canadiens de Montréal ont échangé aux Blues de Saint-Louis est en train de vivre une réalité complètement différente.
What a trade Logan Mailloux for Zach Bolduc…emerging as a top blueliner for the #stlblues. Trust the process!
— Andy Strickland (@andystrickland) March 13, 2026
À Saint-Louis, Mailloux joue maintenant de grosses minutes. Il marque des buts. Il patine avec confiance. Il transporte la rondelle. Il frappe. Il s’impose physiquement.
Bref, exactement ce qu’un défenseur de 6 pieds 3 droitier est censé faire dans la LNH moderne.
Et les partisans des Blues commencent tranquillement à tomber en amour avec lui.
C’est ironique, parce que ce même Mailloux avait été massivement critiqué en début de saison. On le traitait de projet raté. De défenseur trop brut. Certains disaient même que les Blues avaient été naïfs dans cette transaction.
Mais depuis quelques semaines, la perception change.
Mailloux joue avec confiance. Il réclame la rondelle. Il accepte les responsabilités.
Et surtout, il joue comme un joueur qui croit profondément en lui.
Oui, plusieurs l’avaient traité de cocky, prétentieux, arrogant lorsqu’il est arrivé à Saint-Louis. On se souvient des réactions lorsqu’il avait balayé la comparaison avec Evan Bouchard pour dire qu’il se voyait davantage dans le moule d’un défenseur intense comme Alex Pietrangelo.
À l’époque, ça avait fait grincer des dents.
Aujourd’hui, à Saint-Louis, cette confiance commence plutôt à séduire.
Parce que dans la LNH, l’arrogance devient souvent une qualité lorsque le joueur commence à livrer la marchandise.
Et c’est exactement ce qui rend la situation si inconfortable à Montréal.
Parce que pendant que Bolduc se fait comparer à Jonathan Drouin pour son manque d’intensité, Mailloux est en train de devenir le type de défenseur que toutes les équipes cherchent désespérément.
Un défenseur droitier.
Mobile.
Physique.
Capable de jouer de grosses minutes.
Exactement le profil qui manque cruellement au Canadien.
Et plus le temps passe, plus cette réalité devient difficile à ignorer.
Parce que si Bolduc ne renverse pas rapidement la perception autour de lui, la comparaison avec Mailloux ne disparaîtra jamais.
Au contraire.
Elle deviendra de plus en plus lourde.
Et à Montréal, ce genre d’histoire finit toujours par prendre une dimension beaucoup plus grande que le simple hockey.
Parce qu’ici, quand un joueur est perçu comme talentueux mais indifférent, la patience du public disparaît très vite.
Et pendant ce temps, à plus de 1600 kilomètres de là, un défenseur droitier que Montréal a laissé partir est peut-être en train de devenir exactement ce dont l’organisation aurait le plus besoin aujourd’hui.
C’est ça, la vraie ironie de cette histoire.
Et c’est pour ça que ce dossier est loin d’être terminé.
