Honte publique à TVA Sports: Elizabeth Rancourt et Maxim Lapierre sacrifiés

Honte publique à TVA Sports: Elizabeth Rancourt et Maxim Lapierre sacrifiés

Par David Garel le 2026-02-01

Encore une fois hier soir, TVA Sports s'est trahit lui-même en direct.

Par un abandon complet de sa dignité éditoriale.

Le 2e entracte du match entre les Sabres et les Canadiens a offert exactement cela : un moment de télévision où TVA Sports a une fois de plus démontré qu’il ne diffuse plus du sport, mais qu’il survit à coups de placements de produits grotesques, en sacrifiant ses animateurs au nom de la commandite.

Encore une fois, c’est Élizabeth Rancourt qui s’est retrouvée au front, exposée, mal à l’aise, forcée d’interrompre le fil naturel de l’analyse hockey pour vendre un produit qui n’a strictement rien à faire là.

On ne parle pas ici d’une transition subtile, ni d’un visuel discret en fond d’écran. On parle d’un arrêt complet du contenu pour faire avaler au téléspectateur une pub déguisée en discussion de studio, avec des collègues qui ne savent plus où se placer, ni où regarder.

Et surtout, on parle d’une animatrice obligée de réciter mot pour mot un texte qui ne lui appartient pas. Les mots prononcés à l’écran, tels quels, sans qu’on en change une seule syllabe, résument à eux seuls l’absurdité de la scène :

« Heureusement, vous voyez en studio ce que l’on a sur notre bureau. Parfait pour une petite pause avec le grand moule Reese’s à la lave au chocolat. C’est le fameux classique que vous connaissez. arraché des chocolats, maintenant rempli d’un centre super fondant. »

Maxim Lapierre faisait semblant de vouloir les manger.

« Pourquoi j'ai pas le droit? » répond Lapierre dans une scène tellement "stagée" qu'on a envie de regarder par terre tellement c'est malaisant.

Elizabeth Rancourt rit de la manière la plus "fake" possible.

« Pas tout de suite parce qu’il faut que tu me parles de la période. Dans le studio Albi le Géant, on va analyser… »

Voici la vidéo la plus honteuse de l'année:

Tellement gênant. Pendant que le hockey devrait être au centre de l’écran, on se retrouve avec du chocolat et du orange partout, des mains qui veulent attraper des Reese’s, un malaise épais comme de la mélasse, et des analystes figés.

À côté d’elle, Maxim Lapierre tente maladroitement de jouer le jeu, mime l’envie de manger, lance un « miam miam » qui sonne faux, pendant qu’Alexandre Daigle détourne le regard, incapable d’assumer ce moment de télévision humiliant. Ce n’est pas une blague improvisée. Ce n’est pas une "joke" assumée. C’est une directive venue d’en haut. Et ça se sent.

Le président de TVA Sports, Louis Philippe Neveu, n'a pas honte de demander à ses employés de faire les clowns commandités?

Ce qui rend la scène encore plus insupportable, c’est qu’elle n’est plus une exception. C’est devenu une méthode. On l’a vu avec les beignes Biscoff de Tim Horton, où encore une fois, Maxim Lapierre faisait semblant de vouloir les manger:

Impossible de ne pas repenser à l’épisode désormais célèbre des pizzas Salvatore, où Rancourt devait jongler avec des boîtes de pizza pendant que ses collègues affichaient des sourires crispés, incapables de cacher leur gêne.

À ce stade-ci, la question n’est même plus de savoir si TVA Sports a besoin d’argent. Tout le monde le sait. La question, c’est comment un réseau peut accepter de vendre leur âme à ce point en direct, sans aucune protection pour ses employés, sans aucune considération pour l’expérience du téléspectateur, sans aucune ligne rouge.

Aucun réseau sportif sérieux ne fait ça. Ni RDS. Ni TSN. Ni Sportsnet. Ni ESPN. Parce que ces réseaux comprennent une chose fondamentale : un animateur n’est pas un panneau publicitaire vivant. Un analyste n’est pas un figurant dans une info-pub. Et un plateau de hockey n’est pas un comptoir de dépanneur.

Ce qui se joue derrière ces scènes, c’est le portrait d’un réseau sur le respirateur artificiel, prêt à tout pour survivre, quitte à vendre son identité morceau par morceau.

Les chiffres sont connus. La chute des abonnés. Les déficits accumulés. Les marges de crédit réduites. Et maintenant, cette impression persistante que tout est à vendre : le contenu, le ton, la crédibilité… et même les animateurs.

Le plus troublant, dans tout ça, ce n’est pas qu’Élizabeth Rancourt accepte de le faire. C’est qu’on lui demande de le faire encore et encore. Toujours elle. Toujours au centre. Toujours exposée. Comme si elle était devenue la mascotte d’un modèle d’affaires en train de s’effondrer. Comme si le malaise était désormais intégré à la stratégie.

On pensait avoir atteint le fond avec la pizza Salvatore et les beignes de la honte. On se trompait. Le fond avait encore un sous-sol. Et hier, avec ces Reese’s au chocolat imposés en plein match, TVA Sports a creusé encore plus profond.

Ce n’est plus drôle. Ce n’est plus ironique. C’est inquiétant. Parce qu’un réseau qui en est rendu là ne cherche plus à bien faire. Il cherche seulement à tenir une autre journée.

Et quand un diffuseur en est réduit à transformer ses émissions de hockey en télé-achat de fin de soirée, il doit se poser la seule vraie question qui reste : combien de temps encore avant que tout ça s’écroule ?

Une chose est certaine : ce ne sont ni les Reese’s, ni les beignes, ni la pizza Salvatore qui sauveront TVA Sports. Et certainement pas au prix de l’agenouillement public de ses animateurs.

La question qui fait mal: comment Maxim Lapierre peut-il accepté d'être traité ainsi?

Ce qui rend ce moment encore plus inacceptable, c’est qu’on ne parle pas ici d’un figurant ou d’un animateur sans vécu.

Maxim Lapierre, c’est 614 matchs dans la Ligue nationale, un ancien joueur du Canadien de Montréal, un gars qui a gagné sa crédibilité dans la chambre, sur la glace, dans la douleur, pas dans une cuisine de studio.

C’est aussi un entrepreneur respecté, un des piliers de La Poche Bleue, un gars qui n’a rien à prouver à personne et surtout pas à une marque de chocolat.

Le voir réduit à faire semblant de vouloir manger des Reese’s, à jouer au clown commandité avec un « miam miam » forcé, c’est un affront professionnel pure et simple.

Comment un réseau peut-il regarder un ancien joueur de la LNH droit dans les yeux et lui dire : « fais semblant d’avoir faim, ça va aider la commandite » ?

Ce n’est pas seulement du mauvais placement de produit, c’est une insulte au parcours, à la crédibilité et à la dignité d’un ancien joueur qui a gagné son respect autrement qu’en vendant du sucre artificiel en direct.

Et Elizabeth Rancourt elle? A-t-elle encore une once de dignité? il y a des limites à ce qu’on peut exiger d’une animatrice professionnelle en direct à la télévision nationale.

Une job, c’est une job. Mais une job n’est pas une permission de rabaisser quelqu’un publiquement, encore moins de façon répétée.

La vraie responsabilité, elle est au sommet. Louis-Philippe Neveu, le président de TVA Sports, ne peut pas continuer à faire comme si ces scènes étaient normales.

On ne “gère” pas une crise financière en sacrifiant la crédibilité, la dignité et l’image publique de ses employés. On ne sauve pas un réseau en transformant ses animateurs et ses analystes en accessoires publicitaires.

Et surtout, on ne bâtit rien de durable en demandant à des professionnels respectés de faire des fous d'eux en direct pour combler des trous budgétaires.

À force de pousser toujours plus loin, TVA Sports franchit des lignes qu’un réseau sérieux ne franchit jamais. Ce ne sont plus des dérapages isolés. C’est une stratégie. Et une stratégie qui se fait en sacrifiant la dignité des employés, pendant que la direction reste à l’abri, hors champ, loin du malaise qu’elle impose.

On peut comprendre les difficultés financières. On peut comprendre la pression. Mais il y a une différence fondamentale entre chercher des revenus et perdre toute dignité éditoriale.

Hier soir, cette ligne a encore été dépassée. Et tant que Louis-Philippe Neveu acceptera de sacrifier ses gens pour quelques dollars de commandite, le problème de TVA Sports ne sera pas financier.

Il sera moral.