Honte publique à Montréal: Lane Hutson ne mérite pas ce traitement

Honte publique à Montréal: Lane Hutson ne mérite pas ce traitement

Par David Garel le 2025-08-28

Il y a des erreurs pardonnables dans l’analyse sportive.

Parfois, il y a des projections ratées ou des coups de dés malchanceux.

Et puis il y a ça. Ce que Corey Pronman vient encore de publier sur les espoirs du Canadien de Montréal dépasse le stade du simple mauvais jugement : c’est une démonstration, en temps réel, de l’effondrement de sa crédibilité comme « expert » en recrutement.

Comment peut-on, à l’été 2025, classer Lane Hutson derrière Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov, alors que le petit défenseur vient tout juste de remporter le trophée Calder et de porter une équipe entière sur ses épaules?

Comment peut-on l’avoir qualifié en janvier dernier d’« espoir de bas étage » en le plaçant 39e chez les joueurs de moins de 23 ans, alors qu’il affichait déjà 35 points en 43 matchs dans la LNH, dominant ses pairs et redéfinissant le rôle de quart-arrière offensif moderne?

Ses 66 points en 82 matchs, tous ses records et son trophée Calder n'ont rien changé? Ridicule.l

À lire l’analyse actuelle de Pronman, on croirait qu’il tente de réparer maladroitement une bévue qu’il refuse pourtant d’admettre. Il classe Hutson au troisième rang des espoirs du Canadien, tout en reconnaissant que :

« Hutson a gagné le Calder après une merveilleuse saison recrue avec plus de 60 points… Il peut diriger une première unité de jeu de puissance. Il a une vision élite du jeu. »

Et pourtant, dans la même phrase, il s’empresse de rappeler qu’il est petit, qu’il n’est pas physique, qu’il se fait bousculer dans les coins. Encore. Comme s’il devait justifier d’avoir tant sous-estimé ce prodige.

Mais le problème n’est pas seulement cette obsession pour la taille. C’est qu’il refuse de s’excuser, de reconnaître que toutes ses prédictions sur Hutson se sont effondrées, et qu’il continue de manipuler l’évaluation pour minimiser l’impact réel de ses erreurs.

Ce n’est pas la première fois que Corey Pronman se plante sur toute la ligne. Il avait qualifié Kaiden Guhle de défenseur unidimensionnel, incapable de générer du jeu avec la rondelle :

« Je vois un gars avec un contrôle de rondelle passable… Il ne fait pas beaucoup de jeux. »

La suite? Guhle est devenu un défenseur top 4 fiable, capable de tout faire sur la glace. Encore une fois, aucune excuse. Aucun retour en arrière. Juste du silence.

Il avait aussi encensé Jesse Ylönen, le qualifiant de top 20 de son repêchage… avant de se raviser en glissant à demi-mot qu’il s’était fait aveugler par « sa fougue sur certains jeux ».

Une manière polie d’avouer qu’il s’était fait avoir comme un junior... à la Marc Bergevin...

Il faut aussi rappeler sa bourde monumentale sur Nick Suzuki, qu’il considérait comme un des pires contrats de la LNH à sa signature.

Aujourd’hui, Suzuki est capitaine, l'un des meilleurs centres de la LNH, et probablement le joueur le plus sous-payé de l’équipe.

Encore un appel manqué, sans excuse et sans autocritique.

Le plus inquiétant reste la plus récente mise à jour de Pronman, publiée aujourd'hui, dans laquelle il présente le top 15 des espoirs du Canadien.

. Juraj Slafkovsky

2. Ivan Demidov

3. Lane Hutson

4. David Reinbacher

5. Zachary Bolduc

6. Michael Hage

7. Oliver Kapanen

8. Owen Beck

9. Alexander Zharovsky

10. Jacob Fowler

11. Joshua Roy

12. Vinzenz Rohrer

13. Hayden Paupanekis

14. Tyler Thorpe

15. Yevgeni Volokhin 

Les erreurs ridicules dans ce classement sont infinies:

Slafkovsky classé numéro un devant Demidov et Hutson. Sérieusement? Demidov est tellement plus talentueux que le Slovaque et Hutson devrait être minimum top 2 après sa saison historique.

Florian Xhekaj complètement exclu du top 15, malgré 24 buts dans la Ligue américaine en saison recrue. Même pas une mention.

Jacob Fowler, comparé à Carey Price, seulement 10e? Ridicule.

Adam Engstrom relégué dans les mentions honorables, alors qu’il est considéré comme NHL-ready par de nombreux dépisteurs.

Le fil conducteur de toutes les erreurs de Corey Pronman? Une obsession pathologique pour la taille, la force, les mensurations.

Si tu fais 6 pieds 3 et que tu frappes fort, tu as un avenir dans sa tête, peu importe ta vision ou ton intelligence du jeu.

Si tu fais moins de 5 pieds 11, peu importe que tu remportes le Calder ou que tu sois le meilleur joueur sur la glace, tu seras toujours un doute dans son esprit.

Et même obsédé par la taille, il oublie petit frère d'Arber Xhekaj.

Il l’avoue lui-même, dans une forme d’auto-critique désespérée :

« Je vois les gros défenseurs comme étant bons défensivement et les petits comme étant bons offensivement… »

Ce n’est pas une analyse. C’est un stéréotype. Et ça ne tient plus la route dans une LNH où des joueurs comme Quinn Hughes, Lane Hutson et même Jared Spurgeon défient quotidiennement ces préjugés.

Le plus frustrant dans cette histoire n’est pas seulement que Pronman se trompe. Tout le monde se trompe. C’est qu’il persiste dans l’erreur, qu’il modifie ses classements sans jamais reconnaître ses gaffes passées, et surtout qu’il traîne avec lui une crédibilité complètement surfaite auprès de certains médias.

Il écrit toujours pour The Athletic. Il est toujours cité comme rla éférence numéro un. Il continue à influencer les perceptions de milliers de partisans… alors que ses erreurs s’accumulent comme des pénalités dans un match de la LNAH.

Lane Hutson n’a pas seulement dynamité la LNH avec sa saison spectaculaire. Il a aussi mis en lumière les failles du système d’analyse de Corey Pronman.

Chaque passe décisive, chaque feinte, chaque jeu spectaculaire de Hutson est une claque au visage de cet « expert ». 

On peut survivre à une erreur. Peut-être même à deux. Mais accumuler autant de « mauvais calls » sur un même club, et continuer à se présenter comme un spécialiste, relève du délire professionnel.

Corey Pronman a encore le choix : faire un vrai mea culpa, revoir ses critères, et admettre qu’il a mal jugé des talents qui brillent aujourd’hui dans la LNH.

Ou bien continuer de rabâcher les mêmes excuses, de surclasser des joueurs moyens parce qu’ils font 6 pieds 4, et de minimiser les étoiles montantes du hockey moderne.

Mais s’il continue à ignorer l’évidence, le public, lui, ne l’ignorera pas. Car plus les performances de Hutson, Guhle, Demidov et compagnie s’accumulent, plus Pronman devient une caricature de lui-même.

Et dans un monde où les partisans n’ont jamais été aussi bien informés, aussi critiques, aussi réactifs… la honte publique n’est plus un risque secondaire. Elle est une sanction naturelle.

C’est ce qui attend Pronman aujourd’hui.

Et à voir l’écho de ses classements sur les réseaux sociaux, il n'est pas sorti du bois.