Honte olympique en direct : Jeremy Swayman déclenche un traumatisme

Honte olympique en direct : Jeremy Swayman déclenche un traumatisme

Par André Soueidan le 2026-02-14

Il existe des buts qu’on oublie au prochain arrêt de jeu.

Et il existe des buts qui te collent à la peau pour le reste de ta carrière.

Samedi après-midi à Milan, Jeremy Swayman vient officiellement d’entrer dans cette deuxième catégorie.

Un lancer sans pression.

Un geste anodin.

Une rondelle expédiée de la ligne rouge.

Et soudainement, le silence.

La patinoire de Santagiulia n’a pas explosé. Elle a haleté.

Ce genre de souffle collectif qu’on reconnaît immédiatement : celui où tout le monde comprend en même temps que quelque chose d’irréversible vient de se produire.

La rondelle a traversé Jeremy Swayman comme si la gravité avait décidé de prendre congé.

Un but venu du centre de la patinoire. Un but indéfendable… non pas par sa qualité, mais par son absurdité.

À partir de cet instant, peu importe l’issue du match contre le Danemark, l’histoire était écrite.

Parce que le hockey international ne pardonne jamais ce genre de scène.

Impossible de ne pas replonger immédiatement en 2002, à Salt Lake City. Impossible de ne pas revoir ce moment qui a détruit une carrière internationale entière en l’espace de quelques secondes.

Tommy Salo. La Suède. Un tir anodin. Un filet ouvert à la honte.

Vingt-quatre ans plus tard, le scénario se répète.

Même décor olympique.

Même type de lancer.

Même sidération mondiale.

La seule différence? Les réseaux sociaux. Les ralentis HD. Les mèmes instantanés. L’archive éternelle.

Jeremy Swayman ne pourra jamais échapper à cette image.

Sur Internet, sans pitié.

Les commentaires ont explosé en quelques minutes, et le ton était brutal. Pas analytique. Pas nuancé. Brutal.

Un partisan a résumé la scène ainsi :

« Comment les Américains veulent dominer le monde s’ils ne peuvent même pas arrêter un tir du centre de la glace? »

Le message était clair : ce n’était plus un accident. C’était devenu un symbole.

Certains ont ironisé sur l’ampleur du tir :

« Les États-Unis viennent d’accorder un but tiré depuis le Groenland. »

D’autres ont déjà classé le moment dans l’histoire :

« Mettez ça dans les livres de records. »

Même des partisans de Boston, pourtant habitués à défendre leur gardien, ont lâché prise :

« Première fois de ma vie que j’encourage contre Swayman. Go Danemark. »

Et comme toujours dans ce genre de moment, l’humour a viré au cruel :

« Swayman est-il saoul au vin italien ou à la pizza? »

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la moquerie.

C’est l’universalité.

Canadiens. Européens. Américains eux-mêmes. Tout le monde riait du même but.

Tout le monde pointait la même image.

Tout le monde savait que ce clip-là allait ressortir à chaque tournoi international, à chaque moment de pression, à chaque débat sur la crédibilité du gardien américain.

C’est exactement comme ça qu’un but devient un fardeau.

Parce qu’à partir de maintenant, Jeremy Swayman ne traîne plus seulement son équipement.

Il traîne un GIF. Un ralenti. Une capture d’écran. Une punchline.

Le genre de moment que tu peux tenter d’oublier…mais que le hockey mondial n’oubliera jamais.

Chaque fois qu’un gardien se fera surprendre de loin, chaque fois qu’un tir anodin deviendra une humiliation mondiale, le réflexe sera le même : « Ouf… ça, c’est un Jeremy Swayman. »

Et ça, pour un gardien, c’est une condamnation à vie dans la mémoire du hockey.

Peu importe qu’il se relève. Peu importe que Team USA gagne le tournoi. Peu importe même qu’il signe une séquence parfaite par la suite.

Ce but-là restera. Gravé. Rediffusé. Exhumé à chaque moment de faiblesse.

C’est le prix à payer quand tu gardes le filet d’une superpuissance qui se croit intouchable.

Le plus troublant dans toute cette séquence, ce n’est même pas le but lui-même.

C’est la réaction. Le banc américain figé. Les regards vides. Les épaules affaissées.

Une équipe qui, pendant quelques secondes, a eu l’air de comprendre que quelque chose venait de leur glisser entre les doigts.

Mike Sullivan a choisi de renvoyer Swayman dans la mêlée en deuxième période.

Message de confiance? Peut-être. Mais aussi aveu brutal : le mal était déjà fait. Retirer son gardien aurait été une capitulation symbolique encore plus violente.

Alors on a fait comme si de rien n’était.

Sauf que tout le monde savait.

Les joueurs danois l’ont su immédiatement. Ce but-là, c’est un cadeau psychologique. Une brèche. Une preuve que même les géants peuvent saigner sans être frappés.

Les Américains, eux, avaient l’air sonnés. Pas battus. Son-nés.

Ce genre de moment ne disparaît jamais vraiment. Il refait surface dans les grands matchs. Dans les silences avant une mise au jeu. Dans les regards d’un entraîneur qui hésite une demi-seconde de trop.

Tommy Salo n’a jamais été le même après Salt Lake City.

Pas parce qu’il n’avait plus le talent. Mais parce que le hockey de haut niveau se joue autant entre les oreilles que dans le demi-cercle.

Jeremy Swayman vient d’apprendre cette leçon à la dure.

Cruelle ironie : ce sont souvent les pays dominants qui vivent les humiliations les plus mémorables.

Parce qu’ils n’y sont pas préparés. Parce qu’ils pensent que ça n’arrive qu’aux autres.

Heureusement pour Jeremy Swayman, ce n’était « que » le Danemark en face. Pendant de longues minutes, le scénario tournait au cauchemar absolu : 2-1 pour les Danois, le malaise bien installé, le doute qui s’infiltre. Puis la machine américaine s’est mise en marche.

Brady Tkachuk a ramené tout le monde à égalité, comme un coup de masse pour réveiller son banc, avant que Jack Eichel n’enfonce le clou. Deux buts directement sur des mises au jeu.

Froidement. Chirurgicalement.

Et pendant que les Danois perdaient pied, Noah Hanifin a littéralement vidé la chambre froide : quatre buts, dont trois consécutifs en milieu de deuxième période, sans réponse. Un véritable passage à tabac.

Les Danois n’ont pas été battus par le jeu, mais par l’efficacité brutale des Américains dans les cercles et par une vague offensive incontrôlable.

À partir de ce moment-là, les États-Unis n’ont plus jamais regardé en arrière.

Pour Swayman, le score final sauve la feuille de match… mais certainement pas la mémoire collective.

Les Américains pourront bien rire jaune, minimiser, parler de rebond malchanceux ou de moment isolé. L’histoire, elle, s’en fout complètement.

Elle ne retient qu’une chose : un gardien,

un lancer du centre, et un traumatisme olympique en direct.

Bienvenue dans la mémoire collective, Jeremy.

Ouch...