Honte médiatique: Stéphane Leroux voit rouge avec Renaud Lavoie

Honte médiatique: Stéphane Leroux voit rouge avec Renaud Lavoie

Par David Garel le 2026-02-04

Remettre les pendules à l’heure n’est pas un luxe, c’est une responsabilité. Et dans ce dossier précis, il fallait le faire clairement, fermement, sans détour, parce qu’un récit faux, amplifié et dramatisé à outrance a circulé pendant plusieurs heures, au point de transformer une situation normale de prudence organisationnelle en scénario anxiogène quasi apocalyptique.

Non, les joueurs du Canadien de Montréal n’étaient pas « bloqués » à leur hôtel.

Non, ils n’étaient pas en danger immédiat.

Non, Minneapolis n’était pas une zone interdite où il fallait se barricader en attendant le match.

Ce récit était faux. Et Renaud Lavoie l’a dit sans détour, en direct, avec des mots durs, assumés, et surtout documentés.

Il faut d’abord rappeler un élément fondamental : Renaud Lavoie est sur place. Il couvre l’équipe. Il se déplace. Il observe. Il vit la réalité du terrain. Et c’est précisément pour cette raison que sa sortie a fait mal à certains. Parce qu’elle a fracassé un narratif construit à distance, à coups d’émotions, de suppositions et de dramatisation.

« C’est complètement faux. Complètement faux. Ça, c’est faire peur au monde. C’est de la foutaise. Le pire mensonge qu’on peut sortir. Le pire des pires des mensonges. »

La phrase est lourde, volontairement. Elle n’est pas lancée à la légère. Elle vise directement l’idée selon laquelle le match se jouerait dans un climat de “haute tension” sécuritaire, sous des consignes exceptionnelles, avec des joueurs confinés comme dans une zone de guerre. Selon Lavoie, rien de tout ça n’est vrai.

Renaud Lavoie l'a répété sur les ondes de BPM Sports. Au point de faire péter une coche à Gilbert Delorme:

« Croyez pas tout ce que vous voyez à TV, simonac. Arrêtez, là. Ça n’a pas de bon sens de dire des choses comme ça. »

Renaud insiste : il n’y a eu aucun avertissement officiel de la ligue, aucune consigne de confinement, aucune interdiction de sortir de l’hôtel. Il précise même un détail capital, souvent oublié dans la tempête médiatique : les entrevues ont eu lieu à l’hôtel des Canadiens, normalement, sans aucun incident.

« En aucun moment, j’ai été en danger. J’ai vu autant de monde dans les rues qu’à Buffalo samedi. »

Voilà. Simple. Clair. Minneapolis n’était pas vide, ni sous couvre-feu, ni sous état d’urgence ciblant les équipes sportives. Et surtout :

« Il n’y a aucun quartier dans le centre-ville du Minnesota qui est en danger. »

C’est ici que les propos de Lavoie deviennent brutaux. Parce que pendant que Renaud Lavoie remet les faits à leur place, Stéphane Leroux a manifestement mal digéré le correctif. Très mal.

Sa réaction sur les réseaux sociaux, fut templie de sarcasme:

« Ah ben si Renaud le dit, ça doit être vrai »

Cette réaction trahit exactement ce qu’elle prétend ne pas être : une réaction émotive, défensive, presque vexée. Comme si le rectificatif l’avait personnellement atteint. Comme si le fait de ramener la réalité venait l'attaquer.

Pas étonnant.

Stéphane Leroux a été l’un des tout premiers à parler de “panique” au Minnesota. L’un des premiers à laisser entendre que la situation était dangereuse, que le Canadien était pratiquement confiné, alors qu’il n’était même pas sur place.

C’est là que tout a commencé.

C’est ce narratif-là qui a été repris, amplifié, recyclé. C’est cette version alarmiste qui a circulé pendant des heures. Et c’est précisément pour ça que la mise au point de Renaud Lavoie a frappé aussi fort.

Parce qu’elle venait démonter, point par point, une histoire construite à distance.

Alors quand Renaud débarque en ondes, depuis Minneapolis, pour exposer cette honte médiatique, dire que c’est faux, que personne n’est en danger, que les rues sont normales, que les joueurs ne sont pas bloqués à l’hôtel, Leroux se sent visé. Directement. Forcément.

Sa sortie sarcastique sur les réseaux sociaux ne tombe pas du ciel. Elle vient d’un malaise bien précis : celui d’avoir contribué à installer un climat de peur… et de se faire ensuite corriger publiquement par quelqu’un qui, lui, est sur le terrain.

Et c’est exactement pour ça qu’il l’a aussi mal pris et s'est senti visé.

Le problème, ce n’est pas de reconnaître qu’il existe des tensions sociales aux États-Unis. Personne ne nie la gravité de certains enjeux.

Renaud Lavoie lui-même en parle avec humanité, évoquant ses filles, la difficulté d’expliquer certains événements, le climat démocratique troublant. Mais il trace une ligne nette entre la réalité sociale générale et la sécurité immédiate d’une équipe de hockey en déplacement.

« De penser une seconde qu’on est en danger, c’est le pire des mensonges. »

C’est là que le malaise devient évident. Parce que transformer une situation normale de voyage sportif en crise sécuritaire extrême, ce n’est pas de l’information. C’est de la peur instrumentalisée. Et quand cette peur est ensuite corrigée par quelqu’un qui était sur place, le minimum serait d’en prendre acte. Pas de ridiculiser la correction.

Il faut aussi rappeler un autre élément qui rend cette séquence encore plus embarrassante : Renaud Lavoie n’est pas un marginal du milieu. Il travaille pour BPM Sports ET pour TVA Sports. Il est au cœur de l’écosystème médiatique sportif québécois. Quand il parle, ce n’est pas pour provoquer gratuitement, mais pour corriger ce qu’il considère comme une dérive.

Et pendant que certains se crispaient, chapeau à Lavoie, qui, lui, a ramené les faits sans tomber dans l’exagération ni dans la panique. Exactement ce qu’on attend d’un journaliste : contextualiser, nuancer, informer.

Ce qui reste de tout ça, au final, c’est une leçon simple mais essentielle : le sensationnalisme peut voyager vite, mais la réalité finit toujours par rattraper le récit.

Les joueurs du Canadien n’étaient pas bloqués.

Ils n’étaient pas menacés.

Ils n’étaient pas pris dans une situation hors norme.

Et quand quelqu’un qui est sur place le dit, avec autant de clarté, le réflexe sain n’est pas le sarcasme. C’est l’humilité.

Et c’est exactement comme ça que ça doit être.