Les séries éliminatoires ne représentent pas seulement une bataille sportive pour les joueurs du Canadien de Montréal.
À l’intérieur du vestiaire, il existe aussi une autre réalité dont peu de gens parlent ouvertement : l’argent des séries.
Depuis le 30 avril dernier, les joueurs de la LNH ne reçoivent plus leur salaire régulier. Les contrats sont construits sur le calendrier de 82 matchs de la saison régulière. Une fois les séries commencées, les chèques normaux disparaissent.
À la place, la Ligue nationale distribue une immense cagnotte de 24 millions de dollars aux équipes qualifiées pour les séries éliminatoires.
Le fonctionnement est simple : plus une équipe avance, plus le montant augmente.
Chaque ronde possède sa propre récompense financière.
Les joueurs de la LNH ont reçu leur dernier chèque de paye le 30 avril dernier.
— Nicolas Cloutier (@NCloutierTVA) May 15, 2026
Ils continuent d'être payés en séries, mais sous forme de bonis.
Voici la cagnotte que touchera le CH s'il se rend en finale de l'Est 👇 @TVASports pic.twitter.com/2ze8lTfx6j
Au premier tour, une équipe reçoit 470 000 dollars à partager. Cela représente environ 18 800 dollars par joueur si le montant est séparé également.
Au deuxième tour, la cagnotte grimpe à 940 000 dollars, soit environ 37 600 dollars par joueur.
Mais le vrai bond arrive au troisième tour.
Une présence en finale de l’Est permettrait au Canadien d’obtenir 2,25 millions de dollars. En divisant ce montant en 25 parts égales, on parle d’environ 90 000 dollars par joueur.
Puis les chiffres deviennent encore plus impressionnants.
Les finalistes de la Coupe Stanley se partagent 4,12 millions de dollars, tandis que les champions reçoivent 6,92 millions de dollars, soit près de 276 800 dollars par joueur.
Évidemment, pour des vedettes qui gagnent déjà huit, neuf ou dix millions par saison, ces montants ne changent pas une vie.
Mais pour des joueurs moins bien payés, la situation devient différente.
Un joueur comme Alexandre Texier, par exemple, ne possède pas le même salaire annuel qu’un Nick Suzuki ou qu’un Cole Caufield. Pour ce type de joueur, une longue participation en séries peut représenter un montant très intéressant.
C’est là que Geoff Molson entre dans l’équation.
La LNH remet l’argent à l’équipe. Ensuite, l’organisation décide elle-même comment répartir les parts à l’intérieur du groupe.
Et cette réalité crée automatiquement certaines questions sensibles.
Est-ce que tout le monde reçoit exactement le même montant?
Est-ce qu’un capitaine comme Nick Suzuki mérite une plus grosse portion?
Est-ce qu’un joueur transformant une série comme Lane Hutson pourrait obtenir davantage?
Est-ce qu’un jeune comme Jacob Fowler, appelé à sauver l’équipe dans un moment critique, devrait toucher une part plus importante?
Puis il y a aussi le cas des Black Aces et des réservistes.
Certaines équipes choisissent de partager avec tout le monde afin de récompenser l’ensemble de l’organisation. D’autres priorisent uniquement les joueurs qui disputent les matchs.
Le Canadien devra éventuellement prendre cette décision si le parcours se poursuit.
La bonne nouvelle pour Montréal, c’est que cette équipe possède une mentalité très différente des anciennes versions du club.
Depuis l’arrivée de Kent Hughes et de Martin St-Louis, le discours tourne constamment autour du sacrifice collectif, de l’identité de groupe et de l’importance de gagner ensemble.
Plusieurs vétérans ont accepté des rôles moins glamour. Plusieurs jeunes ont acheté complètement la culture implantée dans le vestiaire.
C’est probablement ce qui explique pourquoi plusieurs personnes autour du club croient que le partage sera effectué de façon équitable si le Canadien continue son parcours.
Mais même avec une belle chimie d’équipe, l’argent demeure toujours un sujet délicat dans le sport professionnel.
Et samedi soir, le Canadien pourrait justement se rapprocher d’une énorme récompense financière en éliminant les Sabres de Buffalo.
Une victoire permettrait non seulement d’envoyer Montréal en finale de l’Est.
Elle ouvrirait aussi officiellement la porte à une énorme cagnotte de bonus dans le vestiaire du CH.
