Scandale de José Théodore avec Geneviève Brouillette: Geoff Molson dans le trouble

Scandale de José Théodore avec Geneviève Brouillette: Geoff Molson dans le trouble

Par David Garel le 2026-01-02

Le silence est assourdissant. Depuis la diffusion du Bye Bye 2025 et le sketch qui accusait clairement José Théodore de "consommer de la "poudre", le 98.5 FM n’a toujours pas réagi.

Aucune mise au point. Aucune déclaration. Aucune défense publique de son analyste vedette. Et selon ce qui circule à l’interne, il ne faut pas s’attendre à un revirement : le 98,5 compte garder José Théodore en poste, coûte que coûte, sans commentaire officiel, fidèle à une culture maison qui ne recule pas devant la controverse.

Selon ce qui circule dans l’entourage du 98.5 FM, il ne faut pas s’attendre à une réaction publique, ni à une défense officielle, ni à une dénonciation de la parodie du Bye Bye.

La ligne interne serait beaucoup plus pragmatique : garder José Théodore en poste, parce que sur les ondes du 98,5, son comportement n’a jamais posé problème.

Son débit est contrôlé, ses analyses sont structurées, son ton est posé, et il n’a jamais donné l’impression d’être dépassé ou éméché en studio.

La seule consigne qui pourrait lui être transmise, discrètement, serait plutôt de ralentir et encadrer son énergie lorsqu’il participe à ses balados avec Louis Morissette ou à des contenus extérieurs, parce que, qu’il le veuille ou non, il continue de représenter la station, les amateurs de sport et l’écosystème du 98,5, de Mario Langlois à toute l’équipe des sports et l'ensemble du réseau Cogeco.

Le 98,5 n’avait pas réagi lors de la première vidéo en mai, où l'on voit José Théodore qui apparaît désorganisé mentalement, et où il semble tellement excité, nerveux et saccadé dans sa voix que tout le monde pensait qu'il était effectivement "sur la peanut"... ou comme le dit le Bye Bye... qu'il avait fait des "clefs" avant d'aller en ondes.

À l’interne, on considère que l’écart est survenu en dehors de la radio, dans un contexte mal encadré, lors d’un balado animé par son beau-frère (Louis Morissette), et que la correction passe par un rappel de professionnalisme, pas par une prise de position publique.

Ce mutisme n’est pas un accident. Il s’inscrit dans une continuité. Au 98,5, on a depuis longtemps fait le choix de laisser passer, d’absorber le choc médiatique, puis d’avancer comme si de rien n’était.

Le cas de José Théodore suit exactement cette logique : on encaisse le bruit, on ne valide rien, on ne dément pas non plus, et on mise sur l’oubli collectif.

Peu importe que le Bye Bye ait repris des insinuations lourdes, peu importe que l’image projetée soit humiliante et grave pour un homme encore actif professionnellement. La station regarde ailleurs.

Ce réflexe rappelle un autre épisode récent, autrement plus troublant : celui impliquant Geneviève Brouillette. Lors d’une intervention en ondes, l’actrice avait tenu des propos banalisant le souhait de la mort de Donald Trump, dans un climat de rires et de complaisance, à l’antenne même du 98,5 FM.

Là encore, aucune excuse officielle, aucune sanction publique, aucun encadrement clair. Le message implicite était limpide : certaines lignes peuvent être franchies sans conséquence, tant que ça s’inscrit dans une culture de provocation tolérée.

C’est précisément là que le malaise devient plus large que la radio parlée. Parce que le 98,5 FM n’est pas une station isolée dans son coin.

Il est le diffuseur radio officiel du Canadien de Montréal, une entente renouvelée en 2023 et qui court jusqu’à l’été 2026. Autrement dit, Canadien de Montréal est directement associé à cette antenne, à son ton, à ses silences, et à ce qu’elle choisit de banaliser ou non.

Le CH est une institution. Une marque mondiale. Une organisation obsédée par le contrôle de son image, par la neutralité, par l’évitement des controverses idéologiques et sociales. Il vend du rassemblement, pas de la polarisation. Du respect, pas de l’ambiguïté morale.

Ce genre de scandales, même lorsqu’il ne touche pas directement le hockey, rejaillit inévitablement sur les partenaires, et place indirectement Geoff Molson dans le trouble.

Molson, qui a toujours été obsédé par la neutralité, la prudence et la protection de l’image publique du Canadien, va finir par perdre patience.

La question devient donc inévitable : jusqu’où le Canadien peut-il s’associer à une radio qui laisse circuler des insinuations graves sur ses propres collaborateurs et banalise, par ailleurs, des propos extrêmes sans jamais tracer de ligne claire?

Le contexte financier et médiatique rend cette question encore plus lourde. Cogeco Média traverse une période fragile avec des pertes estimés à 5 millions de dollars en 2025.

La station est bousculée par la montée de concurrents plus agressifs, par l’érosion des cotes d’écoute et par une pression accrue des annonceurs, de plus en plus sensibles aux enjeux d’image et de brand safety.

Dans ce contexte, chaque controverse non gérée devient un risque supplémentaire, non seulement pour la station, mais pour toutes les marques qui lui sont associées.

Pour l’instant, le 98,5 fait le pari du statu quo. José Théodore reste en poste. Aucune excuse n’a été présentée dans le dossier Brouillette.

Et la station continue d’assumer qu’elle n’a pas à s’expliquer. Mais le temps joue contre elle. Le contrat avec le Canadien arrive à échéance en 2026. Et dans un paysage médiatique en mutation rapide, où les options se multiplient, le CH n’est plus captif.

Molson ne peut pas éternellement absorber les dérapages d’une radio qui confond liberté d’expression et absence de responsabilité.

À force de ne jamais répondre, le 98,5 envoie un signal clair : la controverse n’est pas un problème, tant qu’elle fait du bruit. Reste à voir combien de temps le Canadien de Montréal acceptera d’être pris dans cet écho-là.