Brad Marchand n’a pas mâché ses mots. Et honnêtement, ça faisait du bien.
Pendant que les réseaux sociaux se déchaînaient encore contre Nick Suzuki, pendant que certains médias parlaient d’un joueur « invisible », « inutile » ou « remplaçable », Brad Marchand a pris le micro… et a carrément envoyé les détracteurs du capitaine du Canadien sous l’autobus.
Marchand n’a pas parlé de statistiques. Il n’a pas parlé de points. Il a parlé de hockey. Du vrai.
Il a rappelé que ce que Suzuki fait pour son équipe ne se voit pas toujours sur la feuille de pointage.
« Ce n’est pas juste la déviation. C’est toute la séquence. Il fait ça constamment. Mais les gens regardent seulement les points. »
SUZUKI TIES THE GAME FOR TEAM CANADA!! 🇨🇦🍿 pic.twitter.com/a8DqJQCjVo
— Spittin' Chiclets (@spittinchiclets) February 18, 2026
Et c’est exactement là que c'est ridicule.
Parce que Suzuki, dans ce tournoi, a passé son temps à colmater les brèches, à gagner des batailles le long des rampes, à ralentir les sorties adverses, à épuiser les défenseurs en échec avant, à faire les petits jeux intelligents qui ouvrent la glace aux autres. Le genre de boulot ingrat que seuls les joueurs élite comprennent vraiment.
Marchand l’a dit clairement : Suzuki a été fantastique.
Pas flashy. Pas spectaculaire. Mais indispensable.
Même son de cloche du côté de Jon Cooper, qui l’a décrit comme un véritable couteau suisse capable de jouer avec n’importe qui : quand le pays avait besoin d’un but, Suzuki a répondu présent.
Pendant que certains comptent les points, tirs et les minutes, Marchand l’a dit sans détour : Suzuki est un joueur d’impact silencieux, ultra intelligent, et à Milan, tout le monde commence à comprendre à quel point l’empreinte de Martin St-Louis est réelle derrière cette version du capitaine du Canadien.
Mais ce qui rend toute cette histoire encore plus forte, c’est ce que Suzuki lui-même a révélé après le match.
Parce que cette séquence clé, celle où il transporte la rondelle au lieu de la dégager, celle où il va la déposer en fond de territoire pour s’auto-donner une chance en échec avant… ce n’est pas un instinct improvisé.
C’est une leçon directement transmise par Martin St-Louis.
Suzuki l’a dit sans détour :
« C’est quelque chose dont Martin parle souvent. Si tu es seul pendant que les autres changent, essaie de rentrer la rondelle et d’aller la chercher toi-même. »
Boom.
Voilà.
Ce but égalisateur qui a sauvé le Canada à quelques minutes de l’élimination, cette lecture de jeu parfaite, cette patience, cette intelligence… tout ça porte la signature de Martin St-Louis.
Et ce n’est pas un hasard si son nom circule partout à Milan.
Dans les corridors.
Dans les discussions d’entraîneurs.
Dans les conversations entre joueurs.
Parce que ce Suzuki-là, celui qui refuse de paniquer, celui qui pense le jeu deux secondes à l’avance, celui qui accepte de ne pas être sur le power play mais qui change un match à cinq contre cinq, c’est le produit direct de l’école St-Louis.
Un hockey basé sur la lecture, pas sur l’ego.
Sur la création d’espace, pas sur le bruit.
Sur les détails.
Et pendant que certains comptent encore les tirs, les minutes ou les points, Marchand l’a parfaitement résumé sans même le vouloir :
Suzuki fait ce que seuls les vrais joueurs d’impact savent faire.
Il rend tout le monde meilleur autour de lui.
Et ça, peu importe ce que disent "les haters".
Ce que plusieurs oublient aussi, c’est à quel point Nick Suzuki a été brassé depuis son arrivée à Milan. Centre un jour, ailier le lendemain. Tantôt sur un trio offensif, tantôt relégué plus bas dans la formation. Pas de jeu de puissance. Beaucoup de désavantage numérique.
Puis, en plein quart de finale, obligé de monter soudainement dans la hiérarchie après la blessure de Sidney Crosby, se retrouvant entre Mitch Marner et Mark Stone sans avertissement.
Et au cœur de tout ça, il y avait aussi la culpabilité. Suzuki ne s’est pas caché après le match : le poteau sur le filet désert lui est resté dans la tête.
Nick Suzuki 🇨🇦 just hit the post pic.twitter.com/YKuxVaK3Fl
— /r/Habs (@HabsOnReddit) February 18, 2026
Mais ce qui le rongeait vraiment, c’était sa lecture défensive sur le but tchèque. Il l’a admis franchement. Il n’a pas aimé son repli, il savait qu’il aurait pu mieux placer son bâton pour couper la passe arrière, il savait que cette séquence-là aurait pu coûter le tournoi au Canada.
Et ce... même s'il y avait 8 joueurs sur la glace côté tchèque.
There were EIGHT (!!!) Czech players on the ice when they score the go-ahead goal in the third period vs. Canada 😳 pic.twitter.com/RNglz2kIYK
— CBC Olympics (@CBCOlympics) February 18, 2026
« Je savais que je devais me lever après ça et faire quelque chose », a-t-il dit, visiblement affecté. Pendant quelques minutes, il portait littéralement ce but contre lui sur ses épaules.
Ce genre de moment peut faire imploser un joueur. Suzuki a choisi l’inverse. Il n’a pas cherché d’excuse, il ne s’est pas réfugié dans le jeu safe. Il a attaqué le match, il a continué à demander la rondelle, et quand la fenêtre s’est ouverte, il a fabriqué le but égalisateur presque à lui seul.
C’est exactement là qu’on voit la différence entre un bon joueur… et un vrai leader : la capacité de transformer un malaise personnel en carburant collectif.
Peu de joueurs dans ce tournoi auraient été capables d’encaisser une telle montagne russe émotionnelle sans disparaître. Suzuki, lui, est resté calme, a continué à jouer dans la structure, a gagné des mises au jeu clés, a bloqué des lignes de passe, et a attendu son moment.
Et pendant que le public débattait pour savoir s’il devait sortir de l’alignement au profit de Sam Bennett, les gens à l’intérieur du vestiaire voyaient autre chose.
Déjà avant le match, son coéquipier montréalais Brendan Gallagher avait prédit qu’on verrait le vrai Suzuki quand les matchs deviendraient éliminatoires. Même lecture du côté de Jon Cooper, qui savait exactement pourquoi il continuait de lui faire confiance malgré l’absence de production offensive.
Parce que Suzuki comprend quand ralentir le jeu, quand l’accélérer, quand manger une mise au jeu défensive, quand aller user un défenseur fatigué en fond de territoire.
Et c’est précisément pour ça que Brad Marchand a explosé après le match : lui aussi sait reconnaître un joueur qui fait avancer une équipe même quand ça ne paraît pas.
À Milan, Suzuki vient de rappeler une vérité fondamentale du hockey de très haut niveau : parfois, le héros n’est pas celui qu’on voit… c’est celui qui prépare tout.
