La Coupe Rogers 2026 est un véritable cauchemar pour Elizabeth Rancourt.
Ça saute aux yeux : Frédérique Guay est en train de rappeler à tout le monde pourquoi elle est l’une des communicatrices sportives les plus appréciées du Québec.
Depuis le début du tournoi, elle livre une couverture solide, fluide et naturelle. Les entrevues s’enchaînent avec aisance, les analyses sont précises, les transitions sont impeccables et, surtout, elle dégage une authenticité qui rejoint autant les amateurs de tennis que ceux qui découvrent le sport.
Ce n’est pas un hasard si les réactions positives se multiplient. Les téléspectateurs parlent davantage de son professionnalisme que de sa personnalité. En télévision, c’est souvent le plus beau compliment qu’on puisse recevoir.
Ce succès arrive à un moment tendu pour TVA Sports.
La chaîne s’apprête à vivre l’une des plus importantes périodes de son histoire avec 32 matchs du CH pendant la saison régulière et les séries
Les droits de diffusion de la LNH sont en pleine redéfinition avec 45 matchs pour RDS et 7 matchs pour Amazon Prime, le modèle d’affaires est remis en question, tous les contrats de TVA Sports sont échues et doivent être renouvelés, bref, il va y avoir du changement,
Les dirigeants devront prendre des décisions majeures sur les visages qui représenteront la marque dans les prochaines années.
Dans ce contexte, les performances de Frédérique Guay enflamment le Québec. Pire encore, l'opinion publique de la province chauffe TVA Sports pour qu'elle travaille comme chef d'antenne pour les matchs du Canadien de Montréal.
La situation devient de plus en plus délicate pour Élizabeth Rancourt.
Il ne s’agit pas d’opposer deux femmes ni de nier tout ce que Rancourt a dû traverser depuis qu’elle a succédé à Louis Jean. Elle a hérité d’un poste extrêmement difficile, dans une période de turbulence pour TVA Sports, avec une pression immense et des attentes impossibles à satisfaire.
Elle a aussi été la cible de nombreuses attaques personnelles qui n’avaient rien à voir avec son travail, ce qui ne devrait jamais être banalisé.
Après son arrivée à la barre des émissions de hockey de TVA Sports, elle ea dénoncé publiquement les insultes misogynes dont elles étaient la cible sur les réseaux sociaux.
Les critiques ne portaient plus seulement sur leurs analyses ou leur travail, mais sur le simple fait qu’elle était des femmes couvrant le hockey. Rancourt avait alors expliqué qu’il arrive un moment où il faut dire « ça suffit ». Personne ne devrait avoir à vivre ce genre d’attaques pour exercer son métier.
Bizarrement, Frédérique Guay, elle, n'a que des commentaires positifs.
Rancourt crie à la mysoginie avec raison, mais il y a lieu de se demander si le Québec la critique pour autre chose.
Ses propos sur Carey Price demeurent probablement ceux qui ont le plus marqué l’opinion publique. Elle avait affirmé qu’à son avis, Price « n’aimait pas le hockey », ajoutant qu’il voulait simplement « retourner dans l’Ouest, pêcher et chasser ».
Elle avait également laissé entendre qu’il jouait essentiellement parce que « le talent et l’argent » étaient au rendez-vous et qu'il était le joueur le plus suresimé de l'histoire du CH.
@solemn.podcast L’athlète le plus overrated 👀 l’aimez-vous ? #hockey #sport #quebec #mtl #canadiens ♬ son original - Solemn
Pour le Québec sportif, ces commentaires étaient inacceptables compte tenu de tout ce que Price a traversé au cours de sa carrière, notamment les blessures qui ont précipité sa retraite.
Ses remarques à l’endroit de Marc Denis ont aussi alimenté le débat. Elle avait déclaré qu’il devrait « modérer son vocabulaire », qu’il n’était « pas obligé d’être parfait » et qu’elle était "gossé" par lui car il parlait français de manière prétentieuse.
Or, Marc Denis est justement reconnu depuis des années pour la qualité de ses analyses, sa préparation et son français soigné. Plusieurs téléspectateurs ont donc interprété ces propos comme une critique injustifiée envers l’un des analystes les plus respectés du milieu et n'ont jamais pardonné ce manque de classe.
Elle a également provoqué une autre vague de réactions lorsqu’elle a raconté que P.K. Subban était, selon ce qui lui avait été rapporté, le joueur qui dégageait la plus forte odeur dans le vestiaire des Canadiens. Même si la remarque se voulait anecdotique, elle a été jugée de mauvais goût par les fans du CH, surtout que Subban est Haïtien, et a ajouté une nouvelle controverse à une période déjà difficile.
Au final, ces épisodes ont contribué à polariser l’image d’Élizabeth Rancourt. D’un côté, plusieurs lui reconnaissent du courage pour avoir accepté un poste extrêmement exposé dans un marché aussi exigeant que Montréal et pour avoir dénoncé les attaques personnelles dont elle a été victime.
Mais la télévision demeure un milieu où la perception du public compte énormément. Et en ce moment, Rancourt est la mal-aimée.
Pendant que Frédérique Guay récolte les éloges pour son calme, sa rigueur et sa capacité à mettre les athlètes au centre de l’attention, Rancourt continue d’être associée, dans l’esprit de plusieurs amateurs, à une succession de controverses qui ont marqué son passage à la barre des émissions de hockey.
Ses commentaires sur Carey Price, Marc Denis ou PK Subban ont alimenté de longues discussions, tandis que les nombreux segments de placements publicitaires intégrés aux émissions de TVA Sports ont parfois placé l’animatrice dans des situations particulièrement inconfortables.
Aujourd’hui, Frédérique Guay revient au premier plan au moment où TVA Sports devra réfléchir à son avenir.
Le contexte personnel est également différent de celui des dernières années. Avec la fin de la carrière de Marc-Édouard Vlasic qui semble désormais inévitable et le fait qu'elle est une nouvelle maman, Guay est appelée à être beaucoup plus présente au Québec.
Cette nouvelle réalité pourrait lui permettre d’occuper un rôle beaucoup plus important au sein de la chaîne si TVA Sports décide de revoir son organisation.
Et c’est précisément ce qui risque d’alimenter les discussions au cours des prochains mois.
Les dirigeants auront bientôt à reconstruire une partie de leur identité télévisuelle dans un environnement complètement transformé.
Les droits de diffusion changent, les habitudes de consommation évoluent et la concurrence devient de plus en plus féroce. Dans un tel contexte, chaque décision concernant les personnalités en ondes prendra une importance stratégique.
La Coupe Rogers arrive donc peut-être au meilleur moment possible pour Frédérique Guay, alors que le Québec la veut maintenant comme chef d'antenne de la Soirée du Hockey,
Chaque émission réussie renforce sa crédibilité. Chaque intervention convaincante rappelle son expérience. Chaque réaction positive du public nourrit inévitablement le débat sur le rôle qu’elle pourrait jouer lorsque TVA Sports redessinera son équipe.
Il est encore beaucoup trop tôt pour savoir quelles décisions seront prises. Mais une chose paraît évidente : Frédérique Guay vient de rappeler à toute l’industrie qu’elle possède toutes les qualités pour occuper les plus grandes vitrines de la télévision sportive québécoise.
Et lorsqu’une entreprise s’apprête à négocier son avenir, ce genre de démonstration de force arrive rarement au mauvais moment.
Mais en même... au pire moment pour la pauvre Elizabeth.
