Fausse femme trompée: Linus Ullmark brise le silence

Fausse femme trompée: Linus Ullmark brise le silence

Par David Garel le 2026-01-20

Linus Ullmark raconte l’enfer d’une rumeur inventée :

« On m’a accusé d’avoir trompé ma femme… en moins de 24 heures »

Quand les Sénateurs d’Ottawa ont annoncé, le 28 décembre dernier, que Linus Ullmark prenait une pause du hockey pour des « raisons personnelles », le communiqué se voulait sobre, respectueux, humain.

Mais sur les réseaux sociaux, ce silence a été interprété comme une invitation à inventer. Et en moins d’une journée, une rumeur abjecte a pris forme, s’est propagée et a frappé exactement là où ça fait le plus mal : la famille.

Dans une entrevue bouleversante accordée à TSN, le gardien des Sénateurs est revenu pour la première fois sur cette période sombre, non pas pour se justifier, mais pour expliquer ce que la rumeur disait, comment elle est née, et surtout, à quel point elle était fausse.

La rumeur en question était précise, sordide, et complètement inventée. Elle laissait entendre qu’Ullmark aurait trompé sa femme, qu’il se serait « fait prendre », que le vestiaire l’aurait rejeté parce qu'il aurait dévoilé les relations infidèles de ses coéquipiers pour se protéger et que son départ temporaire était une fuite déguisée.

Une histoire montée de toutes pièces, mais suffisamment sensationnaliste pour être reprise, commentée et amplifiée.

« Les rumeurs à propos de moi et de ma famille ont débuté au lendemain de mon départ », raconte Ullmark.

« Ç’a pris moins de 24 heures pour que les gens commencent à trouver des raisons pour expliquer mon absence et se mettent à dire que je suis un briseur de couples, que personne ne m’aime dans l’équipe. »

Ce passage est fondamental. Ullmark ne confirme rien. Il fait exactement l’inverse : il explique ce qu’on a dit de lui, sans jamais que ce soit vrai, et surtout sans qu’il ait eu la moindre chance de se défendre.

« Je ne pouvais pas me défendre », dit-il simplement. Et cette phrase résume tout le problème.

Parce que pendant que les réseaux sociaux construisaient un scénario fictif, lui tentait simplement de gérer sa santé mentale, loin de la glace, loin du bruit. Mais le bruit l’a suivi. Et il a frappé sa porte par le biais des gens qu’il aime.

« C’est difficile parce que j’ai une famille. J’ai une épouse et des enfants », explique-t-il.

Puis vient le moment le plus choquant de l’entrevue :

« On m’envoyait des messages textes pour savoir si tout allait bien avec mon épouse. Et je répondais : “oui, pourquoi?” avant qu’on m’informe des rumeurs. »

C’est là que la violence de la rumeur devient concrète. Ce n’est plus une discussion abstraite sur X ou Reddit. C’est un homme qui apprend qu’on l’accuse d’avoir détruit sa propre famille… par l’inquiétude de ses proches.

« Mais qu’est-ce qui ne va pas avec les gens? », lance Ullmark, sans colère spectaculaire, mais avec une fatigue profonde.

Rapidement, l’organisation des Sénateurs a tenté d’éteindre l’incendie, qualifiant les auteurs de ces rumeurs de « trolls » et de « personnes dérangées ».

Mais comme souvent, la correction n’a jamais la même portée que le mensonge initial. La rumeur avait déjà fait le tour.

Même dans le vestiaire, on sentait que la situation avait laissé des traces.

« Je pense que ça l’a affecté », a admis David Perron.

« Il a entendu des choses complètement fausses. Ça n’avait rien à voir avec sa situation. »

Thomas Chabot, lui, a rappelé ce que plusieurs oublient trop vite quand une rumeur circule : la réalité interne d’un groupe.

« On sait ce qu’il se passe dans ce vestiaire, quel genre d’individus on a ici », a-t-il affirmé.

« On s’est toujours serré les coudes. Ça fait plusieurs années qu’on joue ensemble. On est de bons amis. »

Aucun rejet. Aucun scandale. Aucun vestiaire toxique. Seulement une histoire inventée, répétée jusqu’à devenir crédible aux yeux de certains.

Ullmark l’explique avec une honnêteté qui donne froid dans le dos : voilà exactement pourquoi les joueurs ne parlent pas. Voilà pourquoi ils se ferment. Voilà pourquoi la santé mentale demeure un tabou. Parce qu’en moins de 24 heures, une pause humaine peut devenir un procès public.

Le compte X à l’origine de la rumeur a depuis été supprimé. Le mal, lui, a été fait.

Ce que Linus Ullmark a fait en parlant à TSN, ce n’est pas se défendre contre une accusation. C’est exposer un mécanisme. Montrer comment une rumeur fausse peut traverser un vestiaire, une famille, une vie privée, sans jamais demander la permission.

Il n’a jamais trompé sa femme.

Il n’a jamais fui un scandale.

Il a simplement pris soin de lui.

Quelle histoire horrible. Aucun être humain ne mérite ça. Voici l'entrevue au complet: