Fatigue à Montréal: le Québec n'en peut plus de Brendan Gallagher

Fatigue à Montréal: le Québec n'en peut plus de Brendan Gallagher

Par David Garel le 2026-04-03

On sent une fatigue collective qui s’installe à Montréal. Une fatigue qui ne vise pas l’homme, mais le joueur. Une fatigue qui n’a rien à voir avec le respect, mais tout à voir avec la réalité du hockey d’aujourd’hui.

Le Québec n’est plus capable.

Plus capable de voir Brendan Gallagher en uniforme, même lorsqu’il joue huit minutes et des poussières comme lors du dernier match.

Plus capable de le voir utilisé sur l’avantage numérique alors que d’autres, plus rapides, plus efficaces, attendent leur tour. Plus capable de fermer les yeux sur une évidence qui saute désormais au visage à chaque présence.

Et ça, c’est nouveau.

Parce que pendant des années, Brendan Gallagher a été intouchable dans le cœur des partisans des Canadiens de Montréal. Il incarnait l’effort, le sacrifice, le courage. Il était le joueur qu’on défendait, peu importe ses statistiques. Celui à qui on donnait toujours le bénéfice du doute.

Mais aujourd’hui, ce bouclier-là est tombé.

Pas parce que les gens ont oublié.

Mais parce que la réalité fait trop mal.

Le Canadien est en train de devenir l’équipe de l’heure dans la LNH. Une équipe rapide, jeune, talentueuse, capable de rivaliser avec les meilleurs. Une équipe dont on parle maintenant en lien avec une vraie course aux séries… et même, pour certains, avec un parcours qui pourrait surprendre.

Et dans ce contexte-là, chaque détail compte.

Chaque présence.

Chaque décision.

Alors quand Brendan Gallagher embarque sur la glace et que le rythme chute, que les séquences meurent, que l’impact est limité, ça ne passe plus.

Même les voix qui ont toujours été nuancées commencent à craquer.

Georges Laraque, qui n’a jamais été du genre à manquer de respect aux anciens, a lui aussi laissé entendre que la situation devient difficile à défendre.

Et quand un ancien joueur, qui comprend mieux que quiconque ce que représente une carrière comme celle de Gallagher, commence à dire ça publiquement… c’est que le malaise est rendu loin.

Parce que ce que les partisans voient aujourd’hui, c'est tellement triste.

C’est un joueur qui se bat encore, oui.

Mais qui n’arrive plus à suivre.

Et dans une équipe qui avance à toute vitesse, ça devient impossible à ignorer.

Le problème, ce n’est pas qu’il joue huit minutes.

Le problème, c’est que même dans ces huit minutes-là, il ne fait plus la différence.

Le problème, c’est que pendant ce temps-là, d’autres attendent.

Des joueurs comme Alexandre Texier, Joe Veleno, et même d’autres options internes qui pourraient offrir plus d’énergie, plus de vitesse, plus d’impact immédiat.

Et c’est là que le cœur du problème apparaît.

Parce que garder Gallagher dans l’alignement aujourd’hui, ce n’est plus une décision sportive.

C’est une décision émotionnelle.

Et à Montréal, quand une équipe commence à viser plus haut, les décisions émotionnelles deviennent dangereuses.

Personne ne veut manquer de respect à Brendan Gallagher.

Mais de plus en plus, la question n’est plus de savoir ce qu’il a été.

La question, c’est ce qu’il est aujourd’hui.

Et la réponse dérange.