Facture salée: AJ Greer frappe le mur de Montréal

Facture salée: AJ Greer frappe le mur de Montréal

David Garel
Le 2026-06-18

Pierre LeBrun vient de fermer la porte à une arrivée d’A.J. Greer à Montréal.

Depuis quelques semaines, plusieurs partisans rêvent de voir le Québécois débarquer avec le Canadien. Un gars de Joliette. Un champion de la Coupe Stanley. Un joueur physique capable de brasser les choses quand le match devient plus difficile.

Sur papier, l’idée est séduisante.

Dans la réalité, le dossier est tellement toxique.

D’abord, il faut regarder l’âge du joueur. Greer aura 30 ans le 14 décembre prochain. On ne parle pas d’un jeune attaquant qui entre dans son apogée. On parle d’un vétéran qui vient de connaître la meilleure saison offensive de sa carrière à un moment où les Panthers étaient décimés par les blessures.

Ses 17 buts attirent l’attention.

Par contre, personne ne croyait à un joueur de 17 buts avant cette saison.

Personne ne croit davantage à un marqueur de 17 buts aujourd’hui.

La Floride lui a offert des opportunités qu’il n’aurait probablement jamais obtenues dans un alignement en santé. Résultat : sa valeur grimpe exactement au bon moment pour lui.

Et c’est là que le danger commence.

Greer touchait 850 000 dollars cette saison. Selon plusieurs échos à travers la ligue, il chercherait maintenant un contrat dans les environs de 3,5 à 4 millions de dollars par année.

Pardon?

Pour un joueur de quatrième trio qui a profité de circonstances particulières pour gonfler sa production, la facture devient beaucoup trop salée.

Surtout à Montréal.

Suzuki, Caufield, Slafkovsky, Demidov, Newhook, Anderson, Danault, Evans, Texier et Kapanen son tous sous contrat.

Bolduc va signer.

Veleno et Dach seront des agents libres avec restriction le 1er juillet… et des jeunes comme Florian Xhekaj et Owen Beck cognent également à la porte.

Dach sera échangé selon ce qui circule. Brendan Gallagher attend son départ pour Vancouver. Et Veleno pourrait prendre la porte de sortie.

Mais ajouter un vétéran de 30 ans à près de 4 millions de dollars par saison ne règle aucun problème à long terme.

Martin St-Louis veut plus de caractère, plus de robustesse et plus de compétitivité. Ça ne signifie pas qu’il faut distribuer des contrats importants à tous les joueurs physiques disponibles sur le marché.

Surtout que le coach du CH n'aime pas les "goons deluxes".

LeBrun souligne ausso l'élément majeur : la congestion à l’attaque.

C’est probablement la raison principale qui explique pourquoi il ne voit pas le Canadien parmi les destinations pour Greer.

Est-ce un bonne nouvelle pour Arber Xhekaj?

Si Greer ne débarque pas à Montréal, l’organisation conserve un besoin évident de dureté et d’intimidation dans son alignement.

Même si plusieurs rumeurs continuent de circuler autour du Shérif, quelqu’un devra encore protéger Lane Hutson, Ivan Demidov, Nick Suzuki et Cole Caufield.

Quelqu’un devra encore répondre présent lorsque les séries deviendront physiques.

Le problème est que St-Louis méprise Xhekaj au point de ne pas lui faire confiance en saison régulière... encore moins en séries..

Si Xhekaj sera échangé, il ne sera pas remplacé par Greer.

Il faudra trouver un remplaçant sur le marché des agents libres (Vincent Desharnais?) ou via transaction.

Au final, cette histoire ressemble davantage à une victoire pour le portefeuille de Greer qu’à une occasion manquée pour le Canadien.

S’il décroche réellement un contrat de 3,5 ou 4 millions par saison, tant mieux pour lui.

Mais à ce prix ridicule, Kent Hughes a de meilleures façons d’investir son argent.

Greer rêvait de jouer pour l'équipe de son enfance. Mais il vient de frapper un mur.

Dans le monde de Kent Hughes, les hommes forts ne sont pas payé 3 à 4 millions de dollars par année.

Non merci.