Kirby Dach revient… et le Canadien le place volontairement au centre de la tempête.
Ce n’est pas un hasard.
Ce n’est pas un simple retour au jeu.
Et ce n’est certainement pas une décision innocente de Martin St-Louis.
Lorsque Kirby Dach a été replacé à l’aile droite de Nick Suzuki et Cole Caufield à l’entraînement, à l’approche de son retour après plus de neuf semaines d’absence, le message était limpide : le Canadien veut voir, mais le reste de la ligue aussi.
Dach n’a pas joué depuis le 15 novembre, victime d’une fracture au pied droit contre les Bruins. À l’époque, l’organisation parlait d’une absence de quatre à six semaines. On en est rendu à plus de neuf. Et ce délai supplémentaire n’est pas anodin.
« On voulait s’assurer de mettre les points sur tous les i et placer les barres sur tous les t. On voulait que tout soit prêt, que la préparation soit adéquate », a expliqué Dach après l’entraînement matinal.
Ce discours-là, Kent Hughes l’avait déjà tenu publiquement à la mi-saison.
« Le jour où il reviendra, on voudra que ce soit pour le reste de la saison. Si on était en séries, on les ferait revenir plus tôt. Mais on a assez de profondeur pour être prudent. »
Le Canadien a pris son temps.
Mais maintenant qu’il revient, le timing est tout sauf banal.
Une audition sur le premier trio… et peut-être la dernière.
Kirby Dach ne revient pas sur un quatrième trio.
Il ne revient pas à l’abri des regards.
Il revient directement dans le rôle le plus exposé de l’équipe.
« C’est un rôle qui m’est familier. J’ai joué avec eux dans le passé. De la façon dont l’équipe joue présentement, je veux juste sauter dans le train et faire tout ce que je peux pour l’aider à continuer de gagner », a déclaré Dach.
Martin St-Louis n’a pas caché son intention.
« Ça fait longtemps qu’il n’a pas joué. Il faudra être patient », a-t-il prévenu, tout en confirmant que Dach allait aussi être utilisé sur l’avantage numérique.
Mais derrière cette prudence de façade, il y a une réalité beaucoup plus froide : le contrat de Kirby Dach arrive à échéance cet été. Et malgré tout le potentiel, le Canadien n’a jamais eu une pleine saison de réponses.
Blessures au poignet à Chicago.
Saison écourtée à Montréal.
Chirurgie au genou après chirurgie au genou.
Maintenant une fracture au pied… du même côté que son genou opéré.
On ne peut plus parler de malchance.
On parle d’un historique.
St-Louis l’a lui-même admis : Dach est peut-être mieux servi à l’aile.
« Quand tu joues au centre, tu as une grosse responsabilité dès le départ avec les mises en jeu. Ne pas avoir cette responsabilité, ça peut aider au niveau mental. »
Cette remarque dit tout.
En début de saison, Dach n’a gagné que 43 % de ses mises en jeu.
Et avec Suzuki, Danault, Kapanen et Evans, la hiérarchie au centre est déjà claire.
À l’aile, en revanche, Dach devient un produit beaucoup plus intéressant :
6 pi 4 po.
Coup de patin solide.
Capable de protéger la rondelle.
Compatible avec un jeu nord-sud.
Exactement le type de profil que plusieurs équipes surveillent à l’approche de la date limite. Voilà pourquoi le Centre Bell risque d'être bondé de recruteurs ce soir.
À Calgary, on cherche du poids, de la polyvalence et un joueur capable de jouer en séries.
Les noms de Blake Coleman et Nazem Kadri circulent depuis des semaines dans l’entourage du Canadien. Deux vétérans qui apportent exactement ce que Montréal n’a pas encore : du vécu, de la robustesse, du chaos contrôlé.
Du côté de Saint-Louis, la situation est encore plus explosive.
Les Blues cherchent à remodeler leur noyau. Jordan Kyrou et même Robert Thomas sont évoqués dans certains cercles, et on sait que Doug Armstrong aime les profils comme Dach, surtout quand ils sont encore jeunes et contrôlables. Surtout quand il est inclus avec des choix élevés au repêchage et un défenseur stud comme Adam Engström ou David Reinbacher.
À New York, le dossier Alexis Lafrenière continue de flotter. Son contrat de 7,45 M$ jusqu'en 2032 peut refroidir certains clubs, mais l’âge et le potentiel correspondent au noyau montréalais. Renaud Lavoie l’a rappelé : le CH doit au moins surveiller ce genre de dossier, même si les relations Gorton–Drury sont glaciales.
Dans tous ces scénarios, Kirby Dach devient une pièce logique, parce qu’il coche plusieurs cases… sans être intouchable.
Le Canadien ne dira jamais publiquement qu’il met Dach en vitrine.
Mais dans la LNH, les gestes parlent toujours plus fort que les mots.
Retour sur le premier trio.
Utilisation en avantage numérique.
Timing parfait à un mois de la date limite.
Contrat qui expire, mais qui demeure la propriété de l'équipe (agent libre avec restriction).
Congestion offensive évidente.
Tout est aligné.
Ce soir, contre le Wild du Minnesota, ce ne sera pas qu’un match. Ce sera une vitrine.
La rondelle va tomber… mais la vraie partie est déjà commencée
Sur la glace, on parlera de trios, de temps de glace et de rythme.
En coulisses, Kent Hughes évalue, compare, écoute et juge... comme ses collèhues DG.
Kirby Dach joue pour revenir.
Le Canadien, lui, observe pour décider... s'il va rester...
