Excuses bidon: le public ne pardonne pas à Radko Gudas

Excuses bidon: le public ne pardonne pas à Radko Gudas

Par David Garel le 2026-03-25

Radko Gudas a finalement brisé le silence. Et sa sortie n’a absolument rien calmé.

Le capitaine des Ducks d’Anaheim, suspendu cinq matchs pour son coup de genou à l’endroit d’Auston Matthews le 12 mars dernier, est revenu au jeu… mais surtout, il a tenté de se justifier publiquement pour la première fois depuis l’incident qui a mis fin à la saison de la vedette des Maple Leafs de Toronto.

Et clairement, ça ne passe pas.

Devant les journalistes, Gudas a multiplié les excuses, insistant sur le fait qu’il n’avait aucune intention de blesser Matthews.

“Je déteste vraiment le point de contact et la façon dont le tout s’est terminé… Je ne voulais pas blesser personne… Je me sens terriblement mal.” Il a même révélé avoir contacté Matthews directement pour lui parler.

Le pire? Il essaie de nous jouer le violon de l'introspection:

« Je dois respecter autrui et apprendre. Il me faut être meilleur en tant qu’hockeyeur. Je n’ai jamais voulu me présenter pour causer du mal à quelqu’un. Ce fut triste. Je l’ai contacté et nous avons jasé. Je voulais juste affirmer que mon intention n’était pas de blesser un joueur. »

Sur papier, ça peut sembler correct.

Dans la réalité, la réaction est complètement différente.

Parce que tout le monde a vu la séquence. Parce que le geste est violent. Parce que Matthews s’effondre immédiatement, incapable de revenir au jeu, avant d’être opéré pour une déchirure ligamentaire au genou.

Saison terminée. Et pendant ce temps, Gudas rate cinq matchs… puis revient comme si de rien n’était.

C’est exactement ça qui alimente la colère.

Et c’est aussi pour ça que son discours passe mal.

Sur les réseaux sociaux, il se fait ramasser de partout. Plusieurs partisans et observateurs rejettent complètement l’idée d’un accident. Pour eux, ce n’est pas un malheureux concours de circonstances, c’est un geste qui s’inscrit dans une longue série.

Parce que ce n’est pas la première fois.

Et à Montréal, certains n’ont rien oublié.

Il y a quelques années, Arber Xhekaj avait déjà pointé directement Radko Gudas après un match extrêmement tendu contre les Panthers de la Floride.

Ce soir-là, Gudas avait posé plusieurs gestes douteux, dont une séquence très claire où il vise le genou de Kirby Dach. Un geste dangereux, qui avait complètement fait exploser le banc des Canadiens de Montréal.

Mais surtout, Xhekaj avait mis le doigt sur quelque chose de précis.

Selon lui, Gudas jouait dur, mais refusait d’assumer ensuite. Il distribuait des coups à la limite… puis évitait les confrontations, refusait de répondre, se tenait loin quand le moment venait de faire face aux conséquences.

Sur le coup, plusieurs avaient trouvé ça intense venant d’un jeune joueur.

Aujourd’hui, ces paroles-là résonnent autrement.

Parce que la séquence avec Matthews ressemble exactement à ce qui était dénoncé à l’époque. Un contact au genou. Un geste dangereux. Un joueur étoile blessé. Et encore une fois, une explication après coup.

Et c’est là que le malaise s’installe.

Parce que Gudas parle d’apprentissage. Il dit qu’il doit être meilleur. Mais en même temps, c’est une suspension de plus dans sa carrière, et surtout, c’est un geste qui a des conséquences énormes sur une autre équipe.

Matthews, c’est 27 buts et 26 passes en 60 matchs cette saison. C’est le cœur des Maple Leafs de Toronto. Et en un instant, tout s’arrête.

Pendant ce temps, la sanction de cinq matchs est jugée trop clémente par une grande partie du monde du hockey. Même le département de sécurité des joueurs a dû se défendre publiquement devant la vague de critiques.

Et malgré tout ça, Gudas revient avec un discours qui donne l’impression qu’il découvre la gravité de la situation.

C’est ça qui dérange.

Parce que dans la LNH, les gestes parlent beaucoup plus fort que les mots. Et quand les mêmes situations reviennent, encore et encore, les excuses finissent par sonner creux.

Aujourd’hui, Radko Gudas dit qu’il se sent mal.

Mais autour de la ligue, le sentiment est surtout le suivant : ça ne change plus grand-chose.