Examen médical échoué: Montréal gaspille un choix de 1re ronde

Examen médical échoué: Montréal gaspille un choix de 1re ronde

David Garel
Le 2026-09-04

Il est beaucoup trop tôt pour parler d’un flop. Gleb Pugachyov n’a que 18 ans et personne de sérieux ne peut décider de l’avenir d’un joueur après quelques semaines de développement professionnel.

Mais il faut commencer à poser les vraies questions.

Parce que, pour l’instant, ça ne va pas bien.

Le Canadien de Montréal a utilisé un choix de première ronde pour sélectionner Pugachyov. Un choix qui avait immédiatement fait sourciller une partie des recruteurs.

Montréal a misé sur un énorme attaquant, un joueur imposant physiquement, intimidant et capable de jouer avec une méchanceté que l’organisation recherche depuis longtemps.

Le problème, c’est que le hockey ne se résume pas au gabarit.

Et aujourd’hui, le jeune Russe ne figure même pas sur l’alignement du Torpedo de Nijni Novgorod à l’aube du début de la saison de la KHL.

Ouch.

Le Torpedo amorcera sa saison avec quatre matchs sur la route, mais Pugachyov n’apparaît pas dans la formation.

Cela ne signifie pas automatiquement qu’il a été définitivement écarté de la KHL. Son agent avait d’ailleurs affirmé récemment que Sergei Skvortsov et lui devraient obtenir du temps de jeu avec le grand club cette saison.

Sauf qu’en ce moment, le message est difficile à interpréter positivement.

Pugachyov pourrait devoir faire du va-et-vient entre la KHL, la VHL et la MHL. Un dirigeant du Torpedo a expliqué que le jeune attaquant devrait mériter sa place et qu’on ne voulait surtout pas lui offrir un poste simplement en raison de son statut.

En d’autres mots : le choix de première ronde du Canadien n’a aucune garantie.

C’est peut-être une bonne philosophie. Donner un poste à un jeune joueur sans compétition peut effectivement devenir un cadeau empoisonné. Mais pour Montréal, la situation demeure préoccupante.

Un choix de première ronde doit jouer et avoir des minutes importantes pour progresser.

Et surtout, il ne doit pas passer sa saison à se demander dans quelle ligue il évoluera la semaine suivante.

La KHL n’est pas une ligue de développement. Les organisations russes ne se préoccupent pas nécessairement du développement à long terme d’un espoir appartenant à une équipe de la LNH. Elles veulent gagner maintenant. Si un joueur de 18 ans n’est pas suffisamment bon pour aider le club, il regarde les autres jouer.

Surtout quand les dirigeants russes savent que de toute façon, il finira par déménager en Amérique du Nord. On n'a aucune obligation de bien le traiter.

Scénario catastrophe pour Pugachyov.

L’an dernier, il avait récolté deux buts et une passe en 13 matchs avec le Torpedo. Ce n’est pas catastrophique pour un jeune de son âge, mais ce n’est certainement pas le genre de production qui oblige une équipe de la KHL à lui réserver une place.

Et son camp d’entraînement n' pas été suffisamment convaincant pour changer la situation.

Voilà ce qui inquiète.

Le Canadien a choisi Pugachyov au premier tour alors que plusieurs autres joueurs étaient disponibles. Kent Hughes et son groupe ont fait un pari très précis : le pari du gabarit, de la robustesse et de la puissance.

Pugachyov mesure 6 pieds 3 pouces et pèse autour de 225 livres. Il possède un physique impressionnant et une personnalité qui ne passe pas inaperçue. On parle d'un véritable train qui détruit tout sur son passage.

Il a même alimenté son personnage en parlant de Tom Wilson et en laissant entendre qu’il n’aurait pas peur de se mesurer à l’un des joueurs les plus intimidants de la LNH.

Il a même affirmé qu'il lui arrangerait le porterait et qu'il ne resterait plus rien de lui après le combat.

C’est spectaculaire et vendeur.

Mais encore faut-il savoir jouer au hockey à un niveau suffisamment élevé.

Lorsque Scott Wheeler, de The Athletic, a publié son classement des 100 meilleurs espoirs, Pugachyov n’y figurait pas.

Pour un choix de première ronde du Canadien, ça fait mal.

Wheeler avait également exprimé des réserves sur ce choix, estimant que le potentiel du jeune joueur ressemblait davantage à celui d’un joueur de soutien qu’à celui d’un véritable espoir offensif de premier plan.

Exactementt la crainte qui existait le soir du repêchage.

Le Canadien a-t-il repêché le meilleur joueur disponible?

Ou Montréal a-t-il repêché ce dont il avait besoin, soit un goon qui fait peur?

Depuis plusieurs années, le Canadien cherche à devenir plus gros, plus robuste et plus difficile à affronter. L’organisation a entendu les critiques. Montréal ne voulait plus être l’équipe trop facile à intimider.

Pugachyov représente parfaitement cette nouvelle philosophie.

Mais un choix de première ronde ne peut pas uniquement être sélectionné parce qu’il est énorme et qu’il frappe fort.

Il faut du talent.

Il faut un hockey IQ et non un quotient intellectuel de boxeur.

La vidéo d’entraînement publiée récemment par Pugachyov a également alimenté les discussions. Les réseaux sociaux ont analysé ses mouvements et plusieurs partisans se sont moqués de ses habiletés avec la rondelle, allant jusqu’à le traiter de futur « plombier ».

Évidemment, on ne peut pas déterminer la carrière d’un joueur de 18 ans à partir d’une vidéo.

Mais le problème de Pugachyov, c’est que chaque image est maintenant analysée à la loupe, justement parce que le Canadien a utilisé un choix de première ronde pour le sélectionner.

Son entraîneur aurait également exprimé certaines réserves sur sa condition physique, un élément qui devient encore plus préoccupant lorsqu’on parle d’un jeune joueur dont la principale force est justement son énorme physique.

L'examen médical du camp d'entrainement a montré qu'il avait un taux de gras beaucoup trop élevé.

Si son développement est déjà ralenti par des questions de forme physique, de malbouffe et par une place incertaine dans l’organisation du Torpedo, Montréal doit absolument surveiller la situation.

Le pire scénario serait de le voir coincé entre trois niveaux.

Pas suffisamment établi pour jouer régulièrement en KHL.

Trop bon pour être véritablement développé dans une ligue inférieure.

Et constamment déplacé d’une équipe à l’autre.

Le Canadien a beaucoup appris dans le dossier du développement de ses espoirs russes. Ivan Demidov a démontré à quel point une situation peut devenir compliquée lorsqu’une équipe de la KHL contrôle les minutes et les opportunités d’un joueur.

La grande différence, c’est que Demidov possédait un talent impossible à cacher.

Pugachyov, lui, est un plombier-goon qui n'a pas de talent.

Pour le moment, Gleb Pugachyov n’est ni un flop ni une catastrophe.

Mais son développement ne va pas dans la direction que le Canadien aurait souhaitée.

Et son avenir immédiat ressemble davantage à une série de va-et-vient entre différentes ligues de bas-étage qu’à une progression claire.

Pour un choix de première ronde, c'estun cauchemar.

Kent Hughes a fait un pari sur le physique.

Il doit maintenant espérer que le talent suivra.

Sinon, le Canadien risque un jour de regarder les joueurs disponibles derrière Pugachyov au repêchage et de se demander pourquoi il a choisi un besoin plutôt que le meilleur joueur disponible.

Et cette question, elle commence déjà à faire très mal.