Evgeni Malkin sur le départ : le rêve d'Ivan Demidov devient soudainement possible

Evgeni Malkin sur le départ : le rêve d'Ivan Demidov devient soudainement possible

Par André Soueidan le 2025-12-31

Quelque chose grince à Pittsburgh.

Pas assez fort pour parler d’implosion, mais suffisamment pour sentir que la fin approche.

Le classement raconte une histoire inconfortable.

À deux points seulement d’une place en séries, les Penguins de Pittsburgh font encore semblant d’y croire.

Mais quand on regarde l’âge du noyau, les contrats qui arrivent à échéance et l’absence totale de momentum, la vérité est plus cruelle : cette équipe est suspendue dans le vide.

Et au cœur de ce malaise-là, un nom devient impossible à éviter : Evgeni Malkin.

À 39 ans, sans prolongation en vue, sans signal clair de renouvellement, Malkin n’est plus une certitude à Pittsburgh.

C’est un dossier. Un vrai.

Et quand un joueur de ce calibre devient un dossier, la date limite des transactions cesse d’être un détail administratif : elle devient une menace.

À Montréal, personne ne parle fort. Mais tout le monde observe.

Canadiens de Montréal cherche depuis des lunes une pièce capable de faire le pont.

Pas une béquille. Pas un pansement. Un lien.

Un joueur capable d’encadrer, de ralentir le jeu, de penser le hockey à une vitesse différente.

Et soudainement, une idée qui paraissait complètement irréaliste il y a encore un an commence à prendre forme.

Parce que Ivan Demidov, son idole d’enfance, son modèle assumé, son obsession hockey depuis l’adolescence… c’est Evgeni Malkin.

Ce n’est pas une projection médiatique inventée pour faire rêver la galerie.

Demidov l’a dit. Il l’a montré. Il a étudié son jeu. Sa patience. Sa manière d’attaquer l’espace sans jamais forcer le tempo. Son art de transformer le chaos en lecture claire.

Imaginer Demidov dans la LNH avec Malkin à ses côtés, ce n’est pas un fantasme de partisans. C’est une construction logique.

Parlons-en, de la saison qu’il est en train de connaître.

À 39 ans, Evgeni Malkin ne donne pas l’impression d’un joueur en bout de piste, mais bien d’un vétéran qui a retrouvé le feu sacré.

Vingt-neuf points en 26 matchs cette saison, c’est un rythme de premier plan, un rythme de joueur encore capable de dicter le tempo et de faire basculer un match par une seule présence.

Il vieillit comme un bon vin, avec moins de courses inutiles, mais plus de lectures justes, plus de patience, plus de sang-froid dans les moments clés.

L’an dernier, on parlait déjà d’un supposé déclin avec… 50 points en 68 matchs.

Si ça, c’est une saison difficile, imagine ce que ça donne quand tout s’aligne.

Ce serait une fin de carrière fascinante à regarder : transmettre le souffle de la bête à la génération suivante, jouer encore un rôle central, sentir que le jeu ne lui échappe pas.

Pas une tournée d’adieux. Une dernière montée d’adrénaline. Une dernière vraie histoire à raconter.

À Pittsburgh, le dilemme est brutal.

Soit on accepte que la fenêtre est encore entrouverte… soit on reconnaît que la page est en train de se tourner.

Et quand une organisation commence à regarder la date limite comme une option stratégique plutôt qu’une obligation morale, les légendes deviennent échangeables.

Montréal, dans ce contexte, devient un partenaire dangereux.

Parce que Kent Hughes ne chasse pas les noms. Il chasse les contextes. Et le contexte actuel crie une chose : Malkin ne restera pas éternellement là où il est.

Sportivement, l’ajustement fait sens.

Déplacer Oliver Kapanen à l’aile.

Réinstaller Juraj Slafkovský avec Suzuki, là où ça fonctionne.

Donner à Demidov un mentor immédiat, crédible, respecté.

Acheter du temps pour le développement de Michael Hage.

Ce n’est pas un move de panique. C’est un move de transition intelligente.

Malkin n’est plus le joueur dominant de 2009.

Mais il n’est pas non plus un poids mort. Son cerveau hockey est intact.

Sa capacité à dicter le rythme dans les moments lourds existe encore.

Et dans un vestiaire jeune, affamé, en construction, cette présence-là vaut parfois plus que dix points au classement.

À Pittsburgh, garder Malkin sans prolongation claire, c’est courir le risque de perdre un actif majeur pour rien. À Montréal, l’acquérir sans engagement à long terme, c’est assumer un pari contrôlé.

Le genre de pari que cette organisation n’aurait jamais osé faire il y a cinq ans.

Mais le Canadien n’est plus cette équipe-là.

Le simple fait que cette discussion soit crédible dit tout.

Evgeni Malkin n’est plus intouchable.

Pittsburgh n’est plus solide.

Et Ivan Demidov n’arrive pas seul dans la LNH.

Parfois, les rêves prennent forme exactement au moment où les vieilles certitudes commencent à s’effondrer.

Et si Pittsburgh décide de lâcher prise…

Montréal sera prêt.

À suivre...