Pauvre Éric Raymond.
Pendant que Jakub Dobeš vole littéralement des matchs (41 arrêts contre les Hurricanes de la Caroline, un taux d’efficacité de .953, une présence calme, structurée, rassurante), un autre homme, lui, encaisse les coups en silence : l'ancien coach des gardiens du CH, qui pourrait ne plus jamais retrouver d'emploi.
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— Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) March 25, 2026
Depuis le 28 janvier, depuis le moment où Marciano a pris le relais après le congédiement d’Éric Raymond, Dobeš n’est plus le même gardien.
On parle d’un bond réel : une efficacité qui passe de .890 à .907, une moyenne qui chute, un gardien qui n’est plus dans la survie, mais dans le contrôle.
Attention! Ces stats sont erronées.
— Maxime Truman (@MaximeTruman) March 25, 2026
Les vrais chiffres sont les suivants :
Entre le 7 octobre et le 28 janvier : 16-5-3, .890 (56e) et 2,96 (49e).
Depuis le 28 janvier : 7-3-1, .907 (20e) et 2,72 (30e).
Cela dit, l'idée reste la même : Dobes est deux fois meilleur depuis… https://t.co/GHu7bxbEk0
C’est majeur.
Parce que ça veut dire que le travail derrière le rideau fonctionne.
Plus le temps passe, plus la réalité devient impossible à ignorer. Depuis que Raymond a été tassé, Jakub Dobeš a complètement changé de visage. Avant le 28 janvier, c’était un gardien qui survivait : .890 d’efficacité, un style chaotique, imprévisible, souvent sauvé par ses réflexes plus que par sa structure.
Depuis le changement? On parle d’un gardien au-dessus de .900, beaucoup plus calme, beaucoup plus en contrôle, capable de voler un match où son équipe se fait dominer 43 à 19.
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C’est énorme.
Et ça ramène tout le monde à la même question : qu’est-ce qui se passait avant?
Parce que les témoignages qui sortent depuis des semaines sont lourds. On parle d’un entraîneur rigide, « old school », incapable de s’adapter aux jeunes gardiens. Un gars qui imposait ses méthodes, qui n’écoutait pas, qui ne modulait rien. Une approche dure, frontale, où l’erreur devenait une faute, et non une étape d’apprentissage.
Et dans un poste aussi fragile mentalement que celui de gardien, ça laisse des traces.
Regarde Samuel Montembeault aujourd’hui. Un an après avoir été solide, il est méconnaissable. Difficultés sur les tirs de loin, manque de confiance, hésitations constantes. Ce n’est pas juste une mauvaise séquence. C’est un gardien qui a perdu ses repères... qui a perdu sa carrière...
Et c’est là que le nom d’Éric Raymond revient.
Parce que quand un gardien progresse immédiatement après ton départ, ça envoie un message clair. Quand un autre s’écroule après avoir travaillé longtemps sous toi, ça en envoie un deuxième.
Le problème, ce n’est pas juste les résultats. C’est l’environnement qui aurait été créé. Une gestion jugée toxique par plusieurs. Des méthodes perçues comme dépassées. Une incapacité à lire le mental des gars, à les accompagner, à les stabiliser dans une ligue où tout va trop vite.
Ce qui ressort aujourd’hui, ce n’est pas seulement un entraîneur dépassé, c’est un mode de gestion qui n’a plus sa place.
On parle d’un coach qui rabaissait ses gardiens après les matchs, qui pointait les erreurs devant les autres au lieu de les corriger en privé, qui utilisait la pression et l’humiliation comme levier de motivation.
Un style « old school » poussé à l’extrême, où l’on croyait encore qu’un gardien devait être brisé pour être reconstruit.
Sauf qu’en 2026, ça ne passe plus. Les gardiens ne sont plus des machines qu’on programme, ce sont des athlètes hyper sensibles, ultra analytiques, qui ont besoin de confiance, de repères, de communication.
Et dans cet environnement-là, plusieurs ont perdu le nord. On l’a vu avec des performances qui s’effondraient, des lectures de jeu hésitantes, des gestes techniques qui disparaissaient complètement. Ce n’était pas juste technique. C’était mental. Et quand le mental lâche chez un gardien, tout s’écroule.
Aujourd’hui, Raymond se fait ramasser parce que les résultats actuels exposent le passé.
Dobeš performe.
Le groupe respire mieux.
Le filet est plus stable.
Et pendant ce temps, tout ce qui ne fonctionnait pas avant… revient à la surface.
Dans la LNH d’aujourd’hui, tu peux être le meilleur technicien au monde. Si tu ne comprends pas l’humain, tu ne passes plus.
En ce moment, à Montréal, c’est exactement ce verdict-là qui est en train de tomber.
Et c’est pour ça que la suite devient évidente. Dans une ligue où tout circule vite, où les réputations voyagent d’une organisation à l’autre, ce genre d’histoires ne reste jamais caché bien longtemps. Les directeurs généraux parlent entre eux. Les agents aussi. Les gardiens encore plus.
Et quand tu traînes une réputation d’entraîneur qui écrase ses joueurs, qui ne s’adapte pas, qui ne comprend pas la réalité moderne du poste, les portes se ferment rapidement.
Aujourd’hui, avec ce qu’on voit à Montréal depuis son départ, avec l’évolution immédiate de certains et les dégâts visibles chez d’autres, il devient difficile d’imaginer une équipe de la LNH lui redonner les clés d’un département aussi crucial.
À ce niveau-là, la confiance est tout. Et quand elle est brisée, elle est presque impossible à reconstruire.
Éric Raymond barré à vie?
À suivre...
