Entrevue peureuse de Kirby Dach: c'est la fin à Montréal

Entrevue peureuse de Kirby Dach: c'est la fin à Montréal

David Garel
Le 2026-06-01

Plus Kirby Dach parlait devant les médias, plus on avait l’impression d’entendre un joueur qui se prépare déjà mentalement à tourner la page.

Ce qui frappe dans cette entrevue, ce n’est pas la colère. Ce n’est pas la frustration. Ce n’est même pas la déception.

C’est l’absence complète d’urgence.

Le Canadien vient d’être éliminé. Son avenir est plus incertain que jamais. Son offre qualificative de 4 millions de dollars représente un risque énorme pour l’organisation.

Pourtant, lorsqu’on lui demande ce qui l’attend à Montréal, Dach répond avec une nonchalance incroyable. Il n’y pense pas, il va prendre quelques semaines pour réfléchir et il verra ensuite ce qui arrivera.

D'accord pour la réponse de politicien. Mais on dirait qu'il va s'endormir devant les caméras tellement il a l'air de s'en contre-ficher.

Pour un joueur qui joue littéralement sa place dans l’organisation, la réponse est difficile à comprendre.

Encore plus lorsqu’on regarde sa saison synonymes de blessures, de paresse et de perte de confiance de la part de Martin St-Louis.

On ne sent jamais un joueur déterminé à prouver qu’il mérite d'être un centre top 6 ou qu'il mérite de rester à Montréal.

On entend surtout quelqu’un qui explique que les dernières années ont été difficiles mentalement et physiquement, que les opérations s’accumulent, que la réadaptation est exigeante et que tout cela finit par peser lourd.

Excuses après excuses. Dans le fond, son entrevue est synonyme de son jeu sur la glace: peureux.

Oui, son entrevue peureuse nous mis dans une colère noire.

Personne ne doute de la souffrance qu’il a traversée.

Le problème, c’est qu’au moment où plusieurs joueurs du Canadien parlent déjà de ce qu’ils doivent améliorer pour revenir plus forts, Dach parle surtout de ce qu’il a vécu.

Il répète qu’il a confiance en lui.

Il répète qu’il sait qui il est comme joueur.

Il répète qu’il est fier d’avoir fait ce qu’on lui demandait. Hum. On lui demandait de jouer avec hargne et courage. Kirby Dach affirme qu'il est fier d'avoir joué sur un 3e ou 4e trio quand il est supposé être un joueur offensif.

À aucun moment il ne donne l’impression d’être insatisfait de sa production. Il passe plutôt le message qu'il aurait produit davantage avec plus de temps de glace.

À aucun moment il ne dit clairement que 15 points en 37 matchs sont inacceptables.

Il n'avoue jamais qu'il a été nuisible contre les Hurricanes de la Caroline et pratiquement invisible contre les Sabres de Buffalo.

Ses 5 maigres points en 19 matchs de séries éliminatoires? Pour lui, c'est une réussite.

On ne le voit pas habité par cette rage qui caractérise normalement les joueurs qui viennent de connaître une saison catastrophique.

Lorsqu’on lui demande s’il a laissé filer sa chance de s’imposer comme centre de deuxième trio, sa réponse est encore plus passive. Il explique que ce n’est pas son travail de décider qui joue avec qui et qu’il a simplement essayé de faire ce qu’on lui demandait.

Ark.

Les partisans veulent entendre un joueur qui affirme qu’il aurait dû être meilleur.

Un joueur qui reconnaît avoir échoué et qui promet de revenir transformé.

Au lieu de ça, on obtient une série de réponses prudentes, neutres et sans aucune émotion.

On a l’impression que Dach est devenu spectateur de son propre dossier.

Le Canadien arrive à un moment charnière de sa reconstruction. Kent Hughes ne peut plus se permettre d’attendre éternellement qu’un joueur retrouve son potentiel... ou trouve du courage dans son coeur.

Les excuses médicales ont longtemps été valables.

Aujourd’hui, elles sonnent comme les excuses d'un perdant.

Cette entrevue prouve que c'est la fin pour lui à Montréal

Plus il parlait, plus on avait l’impression d’entendre un joueur qui comprend très bien que son aventure au Québec est terminée.