Entrevue chaude brûlante: Kent Hughes avoue tout

Entrevue chaude brûlante: Kent Hughes avoue tout

Par David Garel le 2026-01-23

Kent Hughes se livre sans filtre dans une entrevue avec Arpon Basu (The Athletic) et Marc-Antoine Godin (Radio-Canada).

Le DG brise le silence... sur tous les sujets...

Wow. Rarement a-t-on vu le DG être aussi relax. Disons qu'il s'est délié la langue. Il avoue tout! (entrevue au bas de l'article)

1) Reconstruction : le mot-clé reste le timing

Kent Hughes insiste sur un point central : le plus difficile dans une reconstruction n’est pas l’accumulation de talents, mais le moment précis où l’organisation bascule vers la compétition.

Selon lui, la fenêtre doit s’ouvrir au moment exact où la progression des jeunes rejoint la maturité du noyau existant. Ouvrir trop tôt force des décisions précipitées. Ouvrir trop tard gaspille du potentiel.

Le message est clair : malgré le classement et l’enthousiasme ambiant, le Canadien ne considère pas encore être officiellement “dans sa fenêtre”. Les décisions à court terme ne dicteront pas la stratégie.

2) Refus du modèle « copycat »

Hughes rejette l’idée de bâtir le Canadien en copiant le dernier champion de la Coupe Stanley.

Il explique que la LNH est cyclique : Devils, Penguins, Lightning, Avalanche, Panthers. Chaque champion crée une illusion de modèle à suivre, mais tenter de s’ajuster constamment mène à une reconstruction sans fin.

Le CH ne sera pas une copie de la Floride. Hughes accepte d’emprunter des éléments ailleurs, mais refuse de redéfinir l’ADN du club selon les tendances.

3) Identité du Canadien : compétitivité avant la taille

Hughes distingue clairement taille, physicalité et compétitivité.

Pour lui, la compétitivité n’est pas liée à la stature. Il cite Lane Hutson et Brendan Gallagher comme références : petits gabarits, mais intensité maximale.

Il pose même la question en interne : combien de joueurs dans l’organisation peuvent réellement rivaliser avec ce niveau de compétitivité?

Ce discours confirme que le CH ne cherchera pas des joueurs “gros pour être gros”. Les ajouts devront répondre à un standard d’engagement élevé, peu importe le gabarit.

4) Séries éliminatoires et équipes lourdes : pas de panique

Hughes relativise la domination de Washington contre Montréal l’an dernier.

Il rappelle que les Capitals ont ensuite perdu contre la Caroline, puis que la Caroline a été éliminée par la Floride. Les séries sont une question de confrontations, pas uniquement de masse physique.

Il affirme que n’importe quel style peut survivre en séries si le groupe est compétitif.

Le CH ne changera pas radicalement son style de jeu sous prétexte d’un échec passé. L’organisation croit toujours que son hockey peut fonctionner en séries, avec les bons ajustements.

5) Alexandre Texier : pourquoi l’avoir signé maintenant

Hughes explique la signature de Texier par trois éléments précis :

Polyvalence : capable d’aider n’importe quel trio

Protection de rondelle en zone offensive

Gestion du rythme dans les matchs serrés

Il mentionne aussi la réalité de l’arbitrage salarial : marché instable, nécessité de sécuriser des contrats échangeables.

Texier est vu comme un joueur fonctionnel dans plusieurs contextes, pas comme une solution miracle. Son contrat répond autant à des besoins hockey qu’à une logique de gestion d’actifs.

6) Philosophie contractuelle : agir tôt, garder de la flexibilité

Hughes rappelle que le Canadien a souvent prolongé ses jeunes avant l’échéance maximale :

Guhle

Slafkovsky

Hutson

Il précise qu’un contrat doit idéalement rester échangeable, même si l’intention première n’est pas d’échanger le joueur.

Cette approche explique pourquoi certains joueurs se retrouvent plus rapidement dans des discussions de marché : la flexibilité prime sur l’attachement émotionnel.

7) David Reinbacher : patience maximale

Hughes reconnaît que les blessures ont ralenti Reinbacher.

Il affirme que l’organisation veut le rappeler seulement lorsqu’il sera sur-prêt, surtout compte tenu de la pression entourant son repêchage.

Il admet aussi que la tolérance à l’erreur diminue à mesure que l’équipe progresse.

Reinbacher ne sera pas lancé pour répondre à une urgence. Le CH accepte d’attendre plus longtemps pour éviter de brûler une étape.

8) Zachary Bolduc : le passage le plus révélateur

Hughes est direct :

« Un bon joueur de hockey n’oublie pas comment jouer. »

Il décrit Bolduc comme un joueur en ajustement, pas en échec. Il fait un parallèle clair avec Texier à St. Louis, qui n’avait pas trouvé son rôle avant de changer d’environnement.

Hughes dit explicitement ne pas être inquiet du talent de Bolduc ni de sa capacité à produire.

C’est un message de retenue, mais aussi de réalisme. Bolduc n’est pas condamné, mais il n’est pas protégé non plus. L’organisation reconnaît la transition, sans promettre de traitement privilégié.

9) Date limite des transactions : prudence assumée

Hughes qualifie son approche d’“prudente”.

Il affirme que le Canadien n’échangera le futur pour le présent que lorsque l’équipe sera prête à rivaliser avec les puissances établies.

La pression médiatique et populaire n’influencera pas les décisions.

Même si le CH est compétitif cette saison, Hughes n’entend pas sacrifier des actifs majeurs pour une poussée prématurée.

L’entrevue de Kent Hughes confirme trois choses :

Le Canadien n’est pas encore officiellement en mode “all-in”

L’identité du club est prioritaire sur les tendances de la ligue

Les jeunes comme Bolduc ne sont ni abandonnés ni intouchables

Ce discours est cohérent, constant et aligné avec les décisions observées depuis deux saisons.

Pas de promesses, pas de panique, pas de virage émotionnel.