Élite américaine : Caufield complique la sélection de Bill Guérin avec un bijou

Élite américaine : Caufield complique la sélection de Bill Guérin avec un bijou

Par André Soueidan le 2025-11-28

La rondelle ne ment jamais, et parfois, elle révèle quelque chose qu’un CV, une conférence de presse ou un camp d’évaluation ne pourront jamais traduire : la touche d’un marqueur né.

Cole Caufield vient de servir exactement ce genre de vérité au hockey américain avec un but qui n’a pas d’affaire d’exister… sauf pour un gars comme lui.

La séquence commence pourtant banalement.

Une sortie de zone propre orchestrée par Lane Hutson...

Suzuki fait ce que Suzuki fait toujours : il retarde, il ouvre la glace, il force Vegas à reculer d’un pas.

Et Caufield, lui, voit ce que personne d’autre ne voit.

Il est presque derrière la ligne rouge, dans un angle que même un mathématicien abandonnerait.

Le gardien Schmid garde son poteau, la foule n’attend rien, les défenseurs lèvent même un peu les épaules. Ça devrait être une séquence morte.

Puis bang. Caufield y va. Poignet court, lame ouverte, trajectoire microscopique entre le casque et l’épaule du gardien.

Le genre de tir qu’on voit une fois par saison dans la LNH… et jamais deux fois par le même joueur, sauf si ce joueur s’appelle Cole Caufield.

C’est du talent pur, brut, non dilué. Et ce genre de but-là se retrouve tôt ou tard dans le bureau de Bill Guérin.

Parce que pendant que tout le monde ne jure que par la robustesse pour bâtir l’équipe olympique américaine, Guérin semble oublier une vérité fondamentale : les Jeux olympiques ne récompensent pas le même style de jeu que le tournoi des Quatre Nations.

Il rêve encore d’amener sa formation “heavy”, sa philosophie “frères Tkachuk sur patins”, comme si l’arbitrage allait être le même qu’en NHL. Mais ce n’est pas du tout la même réalité.

Aux Olympiques, finies les mêlées, finies les mises en échec à retardement, finies les séquences où tu écrases un défenseur dans le coin pour montrer que tu “poses le ton”.

Le jeu international punit la robustesse excessive.

Une seconde de trop dans un duel, et tu te retrouves au banc des pénalités.

Un bâton un peu trop haut, et tu changes complètement le momentum du match.

C’est exactement pour ça que les entraîneurs, depuis vingt ans, bâtissent leurs clubs olympiques autour du finesse-first, du jeu rapide, de la transition, et surtout… de la finition.

Et c’est là que Cole Caufield vient complètement brouiller les cartes.

Parce que Guérin veut partir avec son noyau du tournoi des 4 Nations, avec ses gros chiens blessés présentement ... les Tkachuk, entre autres ...

. Mais ce n’est pas le cas. Ce n’est plus le hockey “gagne tes batailles physiques”. Ce n’est pas ce style-là qui gagne l’or. Ça, Guérin le sait très bien, mais il semble vouloir l’oublier.

Alors quand Caufield sort un geste élite, un but “seulement marqué par les vrais finishers”, d’un angle impossible, à un moment où l’Amérique cherche désespérément quelqu’un capable de finir les jeux avec brio…

Guérin ne peut pas juste l’ignorer sous prétexte que sa philosophie initiale privilégiait la lourdeur.

Les Jeux olympiques sont une compétition où le talent pur finit toujours par gagner.

Et avec ce qu’il vient de faire, Caufield remet Bill Guérin devant une décision qu’il voulait éviter : choisir le talent… ou la philosophie qui l’a mené à l’échec au 4 Nations.

Misère...