À Saint-Louis, il y a un nom qui revient sans arrêt. Un nom qui obsède. Un nom qui refuse de disparaître des tableaux des conversations internes et des appels exploratoires. Michael Hage.
Les Blues de Saint-Louis ne lâchent tout simplement pas le morceau. Peu importe l’angle, peu importe le scénario, peu importe le joueur convoité à Montréal, le point de fixation demeure le même : si Robert Thomas devait un jour débarquer au Québec, ce serait avec Hage dans le retour. Pas à côté. Pas en option. Au centre du package.
Selon ce qui circule dans l’entourage des Blues, l’intérêt pour Hage est tellement intense que le DG des Blues ne cesse, Doug Armstrong, appelle Kent Hughes à chaque semaine au sujet de l'espoir.
On ne parle pas d’un espoir apprécié parmi d’autres, mais d’un joueur que l’organisation voit comme un futur centre top-6, capable de devenir une pièce fondatrice dans une reconstruction intelligente.
À Saint-Louis, on regarde son jeu dans la NCAA, sa maturité, son rythme de production, sa capacité à dicter le tempo, et on se dit que ce genre de profil ne se développe pas tous les ans.
Voilà pourquoi, malgré les refus répétés du Canadien, les Blues continuent de pousser. Encore. Et encore. Et encore.
Officiellement, le message du côté de Montréal est clair. Pierre LeBrun l’a répété : Michael Hage n’est pas sur le marché. Point final. C’est la ligne publique. C’est la ligne officielle.
Mais à Saint-Louis, on se demande si ce discours n’est pas une stratégie. Non pas parce que le Canadien ment, mais parce que dans la LNH, tout le monde sait que les vérités absolues durent rarement éternellement. Et plus les Blues insistent, plus ils se disent qu’à force de frapper, une fissure finira peut-être par apparaître.
C’est là que le bras de fer devient fascinant. Parce que, de l’autre côté, le Canadiens de Montréal ne bronche pas. Pas un pouce. Hage est vu à l’interne comme une pièce maîtresse de la reconstruction, un centre que l’organisation projette déjà à moyen terme dans un rôle important.
Le message est clair: Montréal accepte de ne pas avoir Robert Thomas précisément parce qu’il refuse de sacrifier Michael Hage. Et ce choix est assumé. S’il y avait la moindre ouverture réelle à inclure Hage, Thomas serait déjà en route vers le Centre Bell. Tout le monde dans la ligue le sait.
Ce qui rend la situation presque obsessionnelle du côté des Blues, c’est qu’ils ont compris exactement ça. Ils ont compris que Hage est la ligne rouge.
Et plutôt que de passer à autre chose, ils testent cette ligne. Ils la frôlent. Ils reviennent. Ils reformulent. Ils ajoutent des éléments. Ils retirent d’autres noms.
Mais ils reviennent toujours au même point de départ. Comme si, à force d’insister, le Canadien finirait par douter. Comme si la pression médiatique, les rumeurs, les scénarios, allaient user la résistance.
Pour l’instant, c’est l’inverse qui se produit. Plus Saint-Louis pousse, plus Montréal se campe. Plus le nom de Hage circule, plus il devient clair qu’il est verrouillé.
Ce n’est pas une question de valeur marchande. C’est une question de trajectoire. Le Canadien a fait un choix structurant : protéger son centre d’avenir, même si ça signifie renoncer à une acquisition spectaculaire aujourd’hui.
Et dans une ligue où trop d’équipes ont vidé leur futur pour un gain immédiat, cette obstination commence presque à ressembler à une forme de maturité organisationnelle.
Les Blues peuvent continuer de pousser. Ils le feront. Ils sont convaincus d’avoir identifié la bonne cible. Mais à moins d’un revirement majeur, un changement de philosophie, un désastre interne, ou une urgence imprévue, Michael Hage ne bougera pas.
Et plus ce bras de fer dure, plus une chose devient évidente : ce dossier n’est plus seulement une négociation. C’est un test de nerfs. Et pour l’instant, c’est Montréal qui tient la ligne.
Selon ce qu’a exposé TVA Sports, le Canadien a bel et bien mis une offre sérieuse sur la table pour Robert Thomas, mais une offre structurée autour de ce qu’il est prêt à sacrifier, et surtout de ce qu’il refuse catégoriquement de donner.
Le cœur du package proposé tourne autour d’Oliver Kapanen, accompagné d’un choix de première ronde (protégé), un choix de 2e ronde, Alex Newhook et un défenseur entre Kaiden Guhle ou David Reinbacher.
Et c’est exactement là que le dossier se fige. Le Canadien a fait son offre. Les Blues ont fait leur demande. Les deux visions ne se rencontrent pas. Montréal refuse de franchir la ligne rouge que représente Michael Hage; Saint-Louis refuse de céder Robert Thomas sans ce sacrifice précis.
Ce n’est donc pas un problème de créativité, ni même de volonté, c’est un choc de philosophies. Le CH choisit la continuité et la maîtrise de son avenir, même si ça signifie renoncer à un centre élite aujourd’hui.
Les Blues, eux, attendent le moment où quelqu’un acceptera de payer le prix maximal. Tant que personne ne cligne des yeux, le statu quo demeure.
Mais une chose est certaine : si Thomas ne porte pas l’uniforme du Canadien, ce n’est pas faute d’avoir essayé, c’est parce que Montréal a refusé de dévier du plan.
Kent Hughes ne pense pas que son équipe est prête pour la Coupe Stanley. Robert Thomas ou non...
