Quand Doug Armstrong laisse entendre publiquement qu’il se fout de faire les séries parce que son équipe n’a aucune chance contre le Colorado au premier tour, on ne parle pas d’un simple soupir de frustration.
« Je me fiche de savoir si on fait les séries ou non. On ne battra pas le Colorado au premier tour. Donc oui, j’écoute encore sur tous ces joueurs-là. »
On parle d’un directeur général qui enlève le masque. Armstrong dit, sans détour : je n’optimise plus le court terme, j’écoute sur tout le monde.
C’est extrêmement rare qu’un DG de ce calibre verbalise aussi clairement une logique d'abandon sportif en pleine saison. Et quand ça arrive, ça envoie un message très précis aux 31 autres équipes : appelez-moi, je suis ouvert.
Ça veut dire que Saint-Louis ne protège plus son noyau par défaut. Ça veut dire que les contrats lourds, les joueurs établis, les vétérans encore productifs deviennent des actifs, pas des piliers intouchables.
Ça veut dire que les Blues sont prêts à encaisser un recul contrôlé pour reconstruire leur organisation. Bref : le marché vient de gagner un vendeur agressif.
Et dans ce contexte-là, Montréal écoute toujours.
Oui, le nom de Jordan Kyrou circule immédiatement. C’est normal : talent élite, vitesse, production, âge intéressant (27 ans).
Mais il y a un énorme MAIS. Kyrou est signé jusqu’en 2031 à 8,125 M$ par saison. C’est un contrat long, coûteux, , qui ne cadre pas avec la flexibilité que Kent Hughes cherche à préserver.
Montréal ne veut pas sacrifier Kaiden Guhle ni David Reinbacher pour s’embarquer dans une entente aussi lourde.
Et surtout, Kyrou n’est pas le profil que le Canadien priorise actuellement : trop cher, trop offensif, pas assez responsable défensivement pour ce groupe précis. Ce dossier-là est spectaculaire sur papier, mais peu crédible dans la réalité montréalaise.
Même chose pour Pavel Buchnevich. Son salaire de 8 M$ jusqu'en 2030 donne mal au coeur (8 buts, 16 passes pour 24 points en 46 matchs).
Montréal n’ira jamais payer ce prix-là pour un joueur qui n’élève pas le plafond de l’équipe et qui joue soft. Ce n’est pas un joueur de séries pour ce noyau. Dossier fermé.
Mais Montréal continue d'épier St-Louis.
Parce que quand un DG annonce qu’il écoute sur tout, il y a moyen de frapper un coup de circuit.
Imaginez si le géant Colton Parayko devient disponible.
Depuis quelques semaines, une rumeur lourde circule autour du Canadiens de Montréal, et elle ne concerne ni un centre de transition ni un pari offensif, mais quelque chose de beaucoup plus fondamental : l’ajout d’un vrai défenseur droitier capable de frapper.
Parce que la réalité est brutale : Noah Dobson est l’un des défenseurs les plus softs de la ligue, Alexandre Carrier n’est pas un poids lourd, David Reinbacher est intouchable et encore en incubation à Laval, et aucun de ces profils ne fait peur physiquement quand le calendrier se durcit.
C’est précisément là que Colton Parayko devient fascinant. Un colosse droitier de 6 pi 6, 229 lb, capable d’absorber des minutes lourdes, de jouer méchant sans se désorganiser, de rester disponible année après année et de stabiliser tout ce qui l’entoure.
Ce n’est pas une idée sortie de nulle part : Maxim Lapierre a mis le doigt exactement où ça fait mal en nommant Parayko publiquement, et le contexte à Blues de Saint-Louis a changé.
Longtemps intouchable, Parayko arrive à 32 ans dans une organisation qui parle désormais ouvertement de réévaluation et de vente de feu.
Son contrat à 6,5 M$ devient soudainement gérable avec la hausse du plafond, et pour Montréal, la logique est limpide : Lane Hutson aura toujours besoin d’un garde-du-corps, les séries se gagnent encore dans les coins, et un duo Hutson–Parayko ne serait pas une simple amélioration, mais un changement d’identité.
Le prix sera élevé, inconfortable, probablement douloureux en jeunesse (choix de 1re ronde? Adam Engström?), mais la vraie question n’est pas le coût : c’est de savoir si le Canadien préfère continuer à espérer que tout le monde reste en santé… ou investir lourdement pour ne plus dépendre de cet espoir.
Et surtout, parce que Montréal ne négocie pas en position de faiblesse. Le CH n’a pas besoin de sauver sa saison. Il peut attendre. Il peut sélectionner. Il peut refuser. Et c’est exactement dans ce genre de contexte qu’un vendeur impatient peut finir par baisser ses exigences.
Quand ça commence à brûler, les meilleures occasions vont rarement à ceux qui crient le plus fort, mais à ceux qui attendent le bon moment pour frapper.
