Scandale à Toronto.
William Nylander n’était même pas en uniforme. Blessé à l’aine depuis le 15 janvier, il suivait la rencontre Leafs-Avalanche depuis la galerie de presse, entouré d’autres joueurs éclopés : Dakota Joshua, Dakota Mermis et Chris Tanev.
Rien d’exceptionnel jusque-là. Sauf que la caméra de TSN s’est attardée sur le groupe en troisième période, et Nylander, avec un large sourire, a levé son doigt d’honneur bien en évidence, directement à l’objectif, donc au public... et des enfants...
Leafs players in the press box realized they were on the tv broadcast and William Nylander flipped the bird? 😭 pic.twitter.com/be70R2GuX0
— Gino Hard (@GinoHard_) January 25, 2026
Quelle honte. On parle d'un geste assumé, posé, presque moqueur. Les autres autour de lui n’ont pas réagi. Malaise total.
C’est là que ça devient un scandale. Pas parce qu’un joueur a sacré ou perdu patience sur un banc. Pas parce qu’une caméra a surpris une émotion brute.
Mais parce qu’un joueur vedette, blessé, donc non impliqué physiquement dans le match, se permet un “f... you” en pleine diffusion nationale, pendant que son équipe se fait dominer sur la glace (défaite de 4-1), dans un moment critique de la saison. À Toronto, on aime parler de leadership. Voilà un exemple parfait de ce qu’il n’est pas.
La comparaison avec Guy Carbonneau s’impose immédiatement. À Montréal, Carbonneau avait été sévèrement sanctionné pour un doigt d’honneur capté à la caméra.
Il avait été expulsé, critiqué, traîné dans la boue médiatique pour être échangé aux Blues St-Louis. Mais le contexte était tout autre : le Canadien était déjà éliminé, la saison était finie, Carbonneau était littéralement rendu au golf quelques jours plus tard.
Guy Carbonneau a été sorti de Montréal à cause de ce fameux doigt d’honneur après l’élimination du Canadien. Mais justement, il était éliminé!
— Anthony Marcotte (@anthonymarcotte) January 25, 2026
Nylander vient de le faire en plein match de son équipe à domicile. Un affront total. La controverse du jour à Toronto. pic.twitter.com/whC0hTPNPz
Le geste était condamnable, oui, mais il survenait dans un moment de débordement, à la toute fin d’un parcours sans enjeu.
Nylander, lui, agit alors que les Maple Leafs sont en pleine dégringolade. Quatre défaites consécutives. Six revers à leurs sept derniers matchs. Une équipe qui glisse hors du portrait des séries, avec maintenant cinq points de retard sur les Bruins pour le dernier billet provisoire dans l’Est.
Et pendant que Craig Berube cherche désespérément une étincelle, pendant que les partisans assistent à un autre match sans caractère, la caméra capte l’un de leurs joueurs les mieux payés en train de narguer tout le monde.
C’est exactement pour ça que Toronto traîne cette réputation d’organisation fragile, infantilisée, incapable de gérer la pression.
À chaque crise, les mêmes réflexes. On banalise. On minimise. On parle de tempête dans un verre d’eau. Mais ce genre de geste ne sort pas de nulle part. Il est le symptôme d’un vestiaire où la responsabilité collective est floue, où le statut protège plus que l’exemple, où l’on confond arrogance et confiance.
Imaginez une seule seconde la scène au Centre Bell. Un joueur du Canadien, blessé, qui fait un doigt d’honneur à la caméra de RDS ou de TVA Sports pendant un match important.
L’onde de choc serait immédiate. Conférences de presse. Exigence d’excuses publiques. Débat sur le respect des partisans. À Toronto, c'est déjà la panique. L'organisation cherche l’angle pour adoucir. On rappelle que Nylander est compétitif, que c’est “juste un geste”, que ça ne veut rien dire.
Ça veut tout dire.
Ça dit qu’au moment où l’équipe a besoin de sérieux, de retenue, de maturité, l’un de ses piliers choisit la provocation.
Ça dit qu’il n’y a pas cette ligne invisible que les grandes organisations ne franchissent pas. Et ça dit surtout que, malgré les discours, malgré les changements d’entraîneur, malgré les nouveaux visages derrière le banc, les Maple Leafs demeurent prisonniers de la même mentalité : celle d’un groupe talentueux, mais incapable de comprendre le poids du chandail qu’il porte.
Toronto avait repris espoir récemment, laissant croire qu’un retour dans la course aux séries était possible. Ce genre de séquence exige une cohésion totale, un message clair envoyé de haut en bas de l’organigramme.
Dimanche, le message envoyé par Nylander était tout autre. Un message de déconnexion, de manque de classe, de mépris.
Et dans une ville qui s'enlise au fond du trou, ce doigt levé n’était pas seulement un affront à la caméra. C’était le résumé brutal d’une culture qui n’a toujours pas grandi... qui n'a jamais existé...
