Disparition de Patrik Laine: malaise à Brossard

Disparition de Patrik Laine: malaise à Brossard

Par David Garel le 2026-02-17

Le malaise autour de Patrik Laine vient de franchir un nouveau seuil.

Et cette fois, ça ne passe plus.

Mardi après-midi, retour officiel à l’entraînement du Canadiens de Montréal à Brossard. Tout le monde est là. Caméras, micros, journalistes, joueurs. Tout le monde… sauf Laine.

La version officielle? Blessure au bas du corps. Évaluation quotidienne.

Sauf que.

La veille, il patinait avec ses coéquipiers.

Il avait l’air en pleine forme.

Il était mobile. Engagé. Souriant même.

Et surtout, détail capital, Laine s’entraîne avec contact depuis le 16 janvier.

Pas hier matin.

Pas la semaine passée.

Depuis plus d’un mois.

Il a été opéré pour une hernie sportive à la fin octobre. Il a fait tout le processus de réhabilitation. Il a repris les entraînements complets avant même l’entrée en vigueur du gel olympique. Il était là. Visible. Disponible.

Puis soudainement, au moment précis où le gel approche de sa fin, où les rumeurs d’échange s’intensifient, où le retour officiel du groupe force l’organisation à se positionner…

Pouf.

Blessé au bas du corps.

C’est là que ça devient impossible à avaler.

Parce que ce n’est plus une question médicale. C’est une question de crédibilité.

Hier, il était apte. Aujourd’hui, il ne l’est plus.

Hier, il patinait. Aujourd’hui, il disparaît du portrait.

Et pendant ce temps, l’organisation demande encore au public de croire au narratif.

Mais plus personne n’y croit.

On ne parle pas d’un joueur borderline qui revient d’une entorse à la cheville. On parle d’un vétéran de la LNH qui faisait des entraînements complets, avec contacts, depuis des semaines. On parle d’un gars qui disait à son entourage qu’il était prêt. Qui voulait jouer. Qui attendait juste qu’on lui donne le feu vert.

Et là, tout à coup, on nous ressort la carte du « bas du corps ».

C’est exactement le genre de formulation floue utilisée quand on veut gagner du temps.

L’avenir de Laine à Montréal est maintenant plus nébuleux que jamais. Et ce n’est pas une figure de style. Dans les coulisses, plusieurs sont convaincus qu’il n’enfilera plus jamais l’uniforme bleu-blanc-rouge.

Ce n’est même plus un secret : le Canadien tente activement d’échanger son contrat.

Le problème? Le timing est mauvais.

Le marché est froid par rapport au Finlandais.

Et Laine traîne trop de questions.

Alors on étire.

On temporise.

On crée une zone grise.

Mais pendant ce temps-là, le malaise grossit. Pas juste dans les médias. Sur la glace aussi.

Parce que l’absence de Laine, ça change la dynamique des trios. Ça force des ajustements. Ça oblige des joueurs à monter d’un cran. Ça perturbe la routine.

Et surtout, ça envoie un message très clair au vestiaire : ce gars-là est en sursis.

Les joueurs ne sont pas naïfs.

Ils savent quand un coéquipier est réellement blessé.

Ils savent quand un dossier est « géré ».

Et ici, tout crie gestion de dossier.

Ce qui est encore plus troublant, c’est le contraste avec ce qu’on voyait il y a à peine 24 heures. Laine patinait. Il travaillait. Il avait l’air prêt à revenir dans la formation. Puis, sans avertissement, il devient soudainement indisponible.

Ça ressemble à quoi?

À un joueur qu’on protège?

À un joueur qu’on cache?

À un actif qu’on ne veut surtout pas exposer avant une transaction?

Pose la question, c'est y répondre.

Le malaise est d’autant plus évident que l’entraîneur-chef Martin St-Louis n’a jamais semblé particulièrement chaud à l’idée de réintégrer Laine dans sa formation. Depuis des semaines, les réponses sont évasives et remplis de mépris.

Et maintenant, l’absence de mardi vient ajouter une couche de plus à cette saga déjà lourde.

On est rendu à un point où chaque décision est interprétée.

Chaque pratique.

Chaque communiqué.

Chaque silence.

Parce que tout le monde comprend la même chose : le Canadien veut tourner la page.

Mais tant que le gel olympique n’est pas terminé, tant qu’aucune transaction n’est complétée, il faut maintenir l’illusion.

Alors on parle de blessure.

On parle d’évaluation quotidienne.

On parle de prudence.

Pendant que le joueur, lui, regarde ça aller.

Pendant que le vestiaire encaisse.

Pendant que les partisans commencent à décrocher.

Ce n’est plus seulement un malaise sportif. C’est devenu un malaise organisationnel.

Et à ce stade-ci, une chose est claire : chaque jour où Patrik Laine reste dans cet entre-deux rend la situation plus toxique.

Hier, il était prêt.

Aujourd’hui, il est « blessé ».

Demain?

Personne ne le sait.

Mais une chose est certaine : cette histoire-là ne peut plus durer longtemps.