Kent Hughes s'est-il échappé en conférence de presse?
Alors qu’on croyait le ménage à trois condamné à s’éterniser, alors que tout le monde se déchirait entre Fowler ou Dobes?, alors que les rumeurs de transaction pour un gardien s’emballaient de New York à la Caroline, voilà que le Journal de Montréal avance que ce sera finalement Jakub Dobes qui risque fort d’être renvoyé à Laval.
Et Hughes, sans le dire explicitement, a donné tous les signaux confirmant cette thèse.
Le rêve montréalais?
Un tandem Samuel Montembeault – Jacob Fowler.
Et pour la première fois depuis le début de cette saga épuisante, ce rêve ne semble plus théorique. Il semble proche. Il semble logique. Et il semble voulu par la direction.
Une première moitié de saison brillante… mais pleines de cicatrices
Oui, la première moitié de saison a apporté un vent de fraîcheur : progression de Hutson, leadership de Suzuki, explosion de Slafkovský, sérénité retrouvée du groupe.
Mais personne n’a oublié les soirées catastrophiques, les 7-2, les 6-1, les soirs où le système défensif s’écroulait comme un château de cartes, et surtout cette crise des gardiens qui a forcé le CH à rappeler Jacob Fowler beaucoup plus tôt que prévu.
Et c’est ici que tout bascule.
« Trois gardiens, ce n’est pas l’idéal… mais ne vous attendez pas à un changement dans les 24 heures » affirme Kent Hughes
Le ménage à trois vit ses dernières heures, mais pas aussi vite que certains le prétendaient.
Avec cinq matchs en sept jours, Hughes a confirmé que Fowler, Montembeault et Dobes verront encore de l’action.
Mais tout le monde a entendu l’autre phrase, celle qui fait office de verdict :
« À long terme, nous n’aurons pas trois gardiens. »
Ce n’était pas une réponse.
C’était une fuite contrôlée.
Et soudain, le Journal de Montréal lâche la bombe : Dobes vers Laval...
L’analyse du quotidien montréalais est limpide :
Dobes a eu un début de saison spectaculaire, mais n’a pas maintenu le rythme.
Son dernier départ en Caroline a inquiété.
Son style instable commence à fatiguer le vestiaire.
Et surtout : il peut être renvoyé à Laval sans passer par le ballottage, un détail administratif capital dans ce dossier.
Pendant ce temps, Fowler en impose.
À 21 ans, il dégage ce que Hughes appelle une maturité exceptionnelle :
« Mentalement, il n’a pas l’air d’un jeune gardien. Il est très mature et il sait rebondir. » — Kent Hughes
Dans le contexte actuel, cela ressemble à un couronnement.
Le DG a même rappelé le moment où Fowler s’est planté derrière son filet contre Philadelphie… et où sa réponse aux médias l’a convaincu qu’il était construit différemment, fait pour absorber la pression, fait pour survivre à Montréal.
On connaît désormais la mécanique interne :
Le CH veut protéger Fowler d’un marché féroce.
Le CH veut vérifier si Montembeault peut redevenir celui de l’an passé.
Le CH semble se résigner à retourner Dobes à Laval dès que le calendrier le permettra.
Et ce glissement n’est pas seulement sportif.
Il est narratif.
Fowler est devenu le chouchou de la direction.
Montembeault, le Québécois, le battant, remonte la pente au bon moment.
Dobes, malgré son talent, malgré son contrat d’entrée, ses hauts très hauts et ses bas très bas, semble être celui que l’organisation place désormais au bas de la hiérarchie.
On en parlait timidement il y a trois semaines.
Aujourd’hui, le Journal de Montréal l’écrit noir sur blanc.
Et pour la première fois, c’est réaliste.
Un Québécois mentalement solide, épaulé par un phénomène américain devenu l’espoir le plus important de l’organisation.
Deux gardiens complémentaires.
Deux personnalités opposées.
Deux profils capables de porter le CH dans une course aux séries… et au-delà.
Et pendant que les Rangers supplient pour un gardien, pendant que la Caroline cherche désespérément une solution, pendant que d’autres équipes rêvent d’obtenir l’un de ces trois hommes…
Montréal, lui, semble avoir enfin trouvé son chemin.
Dobes vers Laval. Fowler reste. Montembeault respire. Hughes s’échappe.
Hughes n’a rien avoué.
Mais il a tout laissé entendre.
Et maintenant, tout Montréal retient son souffle avant la prochaine annonce officielle.
