Direction Laval: Jacob Fowler tombe de haut

Direction Laval: Jacob Fowler tombe de haut

David Garel
Le 2026-09-21

Le clan Jacob Fowler voit rouge. Et on peut le comprendre à cent pour cent.

Le scénario que le jeune gardien voulait absolument éviter est en train de devenir de plus en plus évident. RDS avait déjà annoncé que le jeune gardien devrait commencer la saison à Laval, et le voyage de ce soir à Trois-Rivières vient ajouter une pièce extrêmement importante au casse-tête : Martin St-Louis a amené Jakub Dobeš et Samuel Montembeault avec lui, tandis que Fowler est demeuré à Brossard avec Kaapo Kähkönen.

Difficile de ne pas y voir un message.

Le Canadien ne traîne pas trois gardiens. Kent Hughes l’avait clairement indiqué. Et si Dobeš demeure le favori pour commencer la saison comme numéro un, tout indique que la véritable bataille était devenue celle entre Montembeault et Fowler pour le deuxième poste.

Or, lorsque le Canadien choisit d’envoyer Montembeault à Trois-Rivières et de laisser Fowler à Brossard, la direction semble avoir fait un choix beaucoup plus clair qu’on aurait pu le croire.

Montembeault est encore dans la course. Fowler, lui, se rapproche dangereusement de Laval.

Et pour le clan Fowler, c'est une injustice sans précédent. Surtout qu'il connaît un camp parfait jusqu'à maintenant:

@patguillet67 La lutte est serrée entre lui et Samuel Montembeault pour le poste de deuxième gardien. 👀🥅 @DansLesCoulisses.com #gohabsgo #jacobfowler #saves #goalkeeper ♬ son original - Patrick Guillet

Fowler est prêt.

Son entourage sait qu’il est prêt.

Et surtout, plusieurs personnes dans l’organisation ont déjà démontré qu’elles considéraient le jeune gardien comme un espoir exceptionnel.

Kaapo Kähkönen, qui a affronté Fowler lorsqu’il évoluait à Charlotte, n’a d’ailleurs pas caché son admiration pour lui.

Il a expliqué qu’il l’avait trouvé impressionnant dès leur série éliminatoire dans la Ligue américaine, puis encore davantage lorsqu’il l’a retrouvé quelques mois plus tard au camp du Canadien. Selon lui, Fowler possède à la fois la vitesse, les déplacements et le positionnement nécessaires pour être efficace au plus haut niveau.

Kähkönen est même maintenant là pour l’aider dans son développement. Le gardien finlandais confirme à The Athletic que le plan du CH est bel et bien d'avoir Fowler sous son aile à Laval.

Sean Coffey est tout simplement en furie selon nos informations.

L’agent de Fowler représente également Lane Hutson, et son histoire avec le Canadien n’a pas commencé de façon particulièrement harmonieuse dans le dossier du jeune gardien.

Le dossier avait créé une véritable guerre froide entre son agent, Sean Coffey, et Kent Hughes.

En avril 2025, le clan Fowler voulait aller beaucoup plus vite. Fowler était convaincu d’être prêt pour la LNH et son entourage voulait qu’il signe immédiatement son contrat d’entrée avec Montréal afin de brûler une première année, comme Lane Hutson l’avait fait l’année précédente après avoir disputé deux matchs avec le Canadien.

Rejoindre l’organisation tout de suite et profiter de la situation devant le filet pour tenter de faire le saut dans la LNH. Kent Hughes a refusé de céder. Il ne voulait pas brûler une année du contrat d’entrée de son jeune gardien et a plutôt choisi de lui faire signer un contrat d’essai professionnel avec le Rocket, avant que Fowler signe officiellement son contrat d’entrée pour la saison suivante.

Le clan Fowler avait même laissé planer la possibilité d’un retour à Boston College, ce qui avait provoqué une véritable onde de choc à Montréal. Finalement, Fowler a accepté de rejoindre Laval. Hughes avait gagné cette première bataille, mais le dossier avait laissé des traces.

Et aujourd’hui, alors que Fowler pourrait encore une fois être envoyé à Laval pendant que Montembeault l'indésirable demeure à Montréal, cette vieille frustration risque forcément de refaire surface.

On lui a fait goûter à la LNH.

On lui a fait vivre les séries.

On lui a montré qu’il pouvait être dans l’environnement du Canadien.

Et maintenant, quelques mois plus tard, on lui dit essentiellement : retourne à Laval.

Le pire dans tout ça, c’est que la raison est purement contractuelle.

Fowler n’a pas besoin de passer par le ballottage.

Montembeault, oui.

Et cette réalité donne énormément de pouvoir au vétéran.

Montembeault vient justement de connaître une bonne sortie contre Toronto, où il a été parfait sur les 13 tirs auxquels il a fait face en une période et demie. Fowler, lui, a accordé un but sur 10 tirs. Rien de catastrophique. Mais suffisamment pour ne pas renverser complètement la situation.

Le Canadien peut donc se convaincre qu’il serait plus prudent de garder Montembeault derrière Dobeš et de retourner Fowler à Laval.

C’est peut-être la décision la plus facile administrativement. Mais pour Fowler, c’est probablement la plus inacceptable.

Si les dirigeants considèrent réellement qu’il est capable de devenir leur gardien d’avenir, pourquoi lui demander de patienter simplement parce que le pire gardien de la LNH la saison dernière possède un contrat de 3,15 millions $, que personne n'en veut via transaction, mais que le CH ne veut pas perdre gratuitement au ballottage?

Si Fowler retourne à Laval, il devra composer avec le salaire de la Ligue américaine, soit 82 500 $ au lieu de 855 000 dollars.

Pendant ce temps, Montembeault continuera de toucher 3,15 millions $ à Montréal.

Pour un jeune gardien qui croit être prêt à faire le saut, le message peut être difficile à avaler.

Tu es assez bon pour être le gardien d’avenir du Canadien, assez bon pour accompagner l’équipe en séries, assez bon pour être présenté comme l’un des joyaux de l’organisation… mais pas encore assez bon pour empêcher un vétéran de conserver son poste simplement parce qu’il n’est pas exempt du ballottage.

C’est exactement le genre de situation qui peut créer du ressentiment.

Le Canadien pourrait encore décider de garder Montembeault pendant quelques semaines, espérer qu’il retrouve sa valeur et attendre qu’une équipe de la LNH se retrouve désespérément à la recherche d’un gardien après une blessure.

C’es le pire scénario possible pour Fowler et ses proches, qui sont tannés d'attendre.

La guerre froide n’est terminée.

Elle vient simplement de recommencer.