Dette américaine : Juraj Slafkovsky prêt à venger Cole Caufield

Dette américaine : Juraj Slafkovsky prêt à venger Cole Caufield

Par André Soueidan le 2026-02-18

Vendredi 20 février.

10 h 40 : Canada–Finlande.

15 h 10 : États-Unis–Slovaquie.

Et soudainement, ce n’est plus juste une demi-finale olympique.

C’est une dette.

Une dette américaine qui flotte au-dessus de ce tournoi depuis le jour où Bill Guerin a décidé de laisser Cole Caufield à la maison.

Le meilleur buteur en prolongation de toute la LNH.

Dans un format où les matchs peuvent se décider en 3 contre 3 pendant dix longues minutes.

Inconcevable.

Et pendant que les Américains ont échappé leur quart de finale contre la Suède par la peau des fesses ... victoire arrachée 1-0 grâce au jeu individuel génial de Quinn Hughes ... une chose sautait aux yeux : cette équipe joue avec le feu.

Match fermé. Match hermétique. Match qui traîne.

1-0.

Égalisation suédoise.

Prolongation.

Les États-Unis ont survécu.

Mais ils ont laissé une impression.

Arrogance. Tension. Fragilité.

On a vu Matthew Tkachuk jouer les durs face à Leon Draisaitl quelques jours plus tôt. Gratuitement. Comme si le tournoi était déjà gagné. Comme si l’or était réservé.

Sauf que les Suédois, avec leur gang de vétérans, ont montré que ça ne se donnerait pas comme ça. Ils ont ramené ça en prolongation. Ils ont fait trembler l’édifice.

Et maintenant?

Arrive la Slovaquie.

Arrive Juraj Slafkovsky.

Un monstre.

On peut tourner autour des mots, mais ça devient difficile de minimiser ce qu’il fait.

Capable de changer un match sur une seule présence.

Il est dans une zone.

Ce n’est plus le kid de 18 ans qui surprenait aux Jeux de 2022 contre des alignements privés de joueurs de la LNH.

Cette fois, il domine contre les meilleurs. Contre les vrais. Contre les hommes.

Et le plus fascinant?

Il joue avec le feu intérieur d’un gars qui n’a rien à perdre.

Les États-Unis adorent les matchs fermés?

Parfait.

La Slovaquie peut jouer ce match-là aussi.

On attend.

On ferme le centre.

On laisse le stress monter.

Et si ça s’en va en prolongation?

Imaginez le scénario.

Slafkovsky en 3 contre 3.

Face à une équipe américaine sans son meilleur buteur en overtime.

Le karma serait brutal.

Parce qu’au-delà du patriotisme, il y a un lien bien réel.

Slafkovsky et Caufield partagent le même vestiaire à Montréal.

Nick Suzuki aussi.

Suzuki joue pour le Canada, oui.

Mais dans l’intimité du Canadien, ce trio vit la même réalité. La même progression. Les mêmes regards critiques.

Voir Slafkovsky éliminer les États-Unis, ce serait indirectement servir Suzuki ... en retirant un obstacle vers l’or ... et rendre justice à Caufield.

Pas par vengeance mesquine.

Par ironie sportive.

Les Américains ont bâti une équipe axée sur la structure, la discipline, le jeu fermé.

Contre la Suède, ils ont tenté de fermer la porte à 1-0 au lieu d’achever. Ils ont laissé respirer. Ils ont laissé croire.

Une équipe arrogante qui joue petit bras, ça finit parfois par coûter cher.

La Slovaquie, elle, joue avec l’instinct.

Slafkovsky, lui, joue avec la rage tranquille d’un gars qui commence à comprendre qu’il peut dominer n’importe qui.

Il a 21 ans.

Vingt et un.

Et il est déjà capable d’être l’élément le plus dangereux sur la glace dans un tournoi rempli de vedettes.

Vendredi ne sera pas une formalité pour les Américains.

Pas après avoir frôlé l’élimination.

Pas avec cette pression.

Pas avec ce rappel constant que Caufield n’est pas là.

Les États-Unis sont favoris.

Oui.

Mais les demi-finales ne se gagnent pas sur papier.

Elles se gagnent sur une séquence.

Sur une erreur.

Sur une inspiration.

Et Slafkovsky est exactement le type de joueur qui peut transformer un tournoi en déclaration.

Dette américaine.

Parce que si les États-Unis tombent, ce ne sera pas seulement une défaite.

Ce sera le rappel cruel qu’on ne peut pas ignorer certains talents impunément.

Et quelque part, dans un vestiaire à Montréal, un certain Cole Caufield pourrait esquisser un sourire discret.

Pas par rancune.

Par justice sportive.

Misère...